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Samedi 15 novembre 2008 6 15 /11 /Nov /2008 15:13
Levé vers 8 h 30. Pour aller au musée Ghibli, il faut prendre la ligne Yamanote jusqu'à Shinjuku, puis la ligne Chûô Sobu jusqu'au Mitaka. Dans le métro, je vérifie mon chemin auprès d'un vieux monsieur, qui me renseigne très gentiment. 2 sièges plus loin, une dame m'écrit, très gentiment aussi, les explications dans un anglais approximatif, sur une carte de visite... en bois de cèdre !

A la gare de Mitaka, je demande où se trouve l'arrêt du bus à policier. Ne sachant pas, il rigole et demande à un passant qui rigole à son tour en me montrant un petit bus jaune décoré de motifs de Ghibli. C'est presque un chat bus. J'arrive au musée avec une heure d'avance sur l'horaire indiqué sur mon billet.



En attendant, je fais un petit tour dans le parc entourant le musée. A l'entrée, une jeune femme arrête son vélo et vend des gâteaux faits maison. Dans un coin, des mamies ont aussi posé leurs vélos et s'apprêtent à pique-niquer sur les tables prévues à cet effet. Plus loin, des mères de famille et leurs enfants font de même. Tout le monde rigole, dans une atmosphère d'insouciance générale. Un petit garçon chaussé de zori (sandales traditionnelles) court après sa mère qui part en vélo. Quand elle s'arrête, il escalade le vélo pour monter dans le siège enfant. Plus loing, un hortensia. Au Japon, ils sont presque tous bleus, avec de petites fleurs. Les roses, presque inexistants, sont appelés des "parisiennes".


A 11 heures, je peux enfin entrer dans le musée. Les photos y sont hélas interdites. En voici le lien, pour plus de renseignements : http://www.oomu.org/ghibli-museum.html

Le musée se présente comme une grande maison de style occidental, comme dans les vieux films anglis ou américains.

Au rez-de-chaussée se trouvent des "machines" qui fabriquent des images. Ce sont des animations jouant sur l'illusion optique. L'imaginaire Ghibli est à son maximum.
Au rez-de-chaussée également, se trouve le cinéma. On peut y voir un petit film inédit, où Mei rencontre un bébé chat bus, qui vient ensuite la voir la nuit pour l'emmener dans un rassemblement de Totoros. S'y rendent également d'autres chats bus, ainsi qu'un chat train. Dans la salle, des mamans et des enfants, complètement survoltés. Au début, ils reprennent tous en coeur le générique, puis pendant le film, à chaque apparition de chat bus ou de Totoro, c'est presque l'émeute, les enfants poussent des "OOOOOOOOh" à la japonaise, tapent des mains, tapent des pieds, crient, rigolent... Ici, Totoro, est vraiment une star.

Aux autres étages se trouvent des pièces présentant toutes les sources d'inspiration des dessins de Ghibli. C'est étonnant de voir l'importance de l'Europe dans cette inspiration, par exemple l'architecture des villes allemandes et les paysages écossais. Il y avait aussi une photo en noir et blanc, des années 30, sûrement achetée dans un vide grenier, et représentant une petite fille espiègle tenant un balai. Quelqu'un avait écrit, en français, "c'est ma tante Georgette". Et c'est incroyable de voir que cette petite Française des années 30 est le portrait craché de Kiki la petite sorcière. Ghibli s'est finalement beaucoup inspiré de la culture européenne, pour réaliser des oeuvres très japonaises.

Au dernier étage se trouve un chat bus géant en peluche, sur et dans lequel les enfants peuvent s'amuser, après avoir enlevé leurs chaussures, bien entendu. S'y trouvent aussi des dizaines de noiraudes en peluche.

Enfin, avant la sortie, l'inévitable boutique et le café.

J'achète une gauffre à la charmante jeune fille, puis prends le bus, et vais déjeuner à Shinjuku, chez Ayashiya. Repas quelconque. Puis courses et promenade, à Shinjuku puis Shibuya.

A Shinjuku, devant Studio Alta, la promo devant le grand robot bat sont plein.

A Shibuya, un grand bus, les vitres remplacées par des écrans de télé passant un clip, son au maximum, sillonne le quartier. Il vient s'arrêter le 109 (Ichi Maru Kyû), le magasin des Shibuya girls. Devant le magasin, une estrade et des barrières, dédiés à la promotion du dernier album de Leah Dizon, star apparemment connue de la J-Pop. Foule dense, téléphones en l'air pour photographier et prendre des vidéos. Le staff, en costume cravatte, passe avec des panneaux demandant très poliment (s'il vous plait ne le faites pas nous vous en prions humblement) de ne pas prendre de photos ou de vidéos.

Puis promenade dans les rues de Shibuya, avant de passer me changer à l'hôtel pour aller chez J.

Rues de Shibuya :








Devant le studio de Tôkyô FM. Le studio est visible depuis la rue, à travers une grande vitrine. La foule vient s'y presser pour voir les invités célèbres


A Kawaguchi, je retrouve J., enceinte, et ses parents, chez lesquels j'ai logé 6 jours lors de mon premier voyage au Japon. La maison n'a pas l'air d'avoir changé, et pourtant, ils me disent qu'ils l'ont entièrement reconstruite, en bois, alors qu'elle était en béton. En effet, à l'intérieur, même si le plan d'origine n'a pas subi de modifications majeures, tout est neuf, en parquet, de style japonais. La cuisine, à la même place, est beaucoup plus grande, la partie bain n'a plus rien à voir, et la pièce de débarras a été transformée en salle à manger.

C'est là que nous dînons. Le Château Centemerle 98 que j'ai amené est superbe, et après plusieurs jours de cuisine japonaise, je suis presque assailli par sa puissance.

Avant de partir, passage aux toilettes. Elles sont toutes neuves, avec washlet dernier cri, tableau de bord au mur, et surprise, quand on approche la main, le couvercle se lève tout seul. Rien n'arrête le progrès !
Par yasaka20 - Publié dans : Japon
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Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 21:58
A 5 h 30, quand le réveil sonne, j'ai très mal dormi. Je me rendors, jusqu'à 9 heures.

Je prends mon petit déjeuner. Sur le trottoir devant l'hôtel, tous les matins, 3 jeunes femmes, avec des jeunes enfants, attendent, discutant, rigolant. Puis vient un mini bus décoré avec des chien-chiens ou des nounours, et les enfants les plus grands (en âge d'aller à la maternelle) montent. après le départ du bus, les 3 femmes, avec leurs bébés dans les bras, continuent à bavarder, toujours aussi joviales et rigolardes. A ce moment, la condition de la femme japonaise ne me paraît pas si infernale.

Après le petit déjeuner, avant d'aller prendre le métro, le me promène dans le quartier. Il fait très beau, mais aussi très chaud. Entendant depuis 2 jours les bruits des grues et des marteaux piqueurs, je vais voir ce qu'ils sont en train de construire. C'est vraiment un gros chantier : plusieurs tours sont en chantier, dont la fameuse de 152 mètres.

Les techniques de constructions japonaises sont très différentes des nôtres. Alors que nous construisons majoritairement en béton, les Japonais construisent soit en bois pour les maisons individuelles, soit en métal pour les immeubles. Cela leur donne bien évidemment de la légèrement et de la souplesse, leur permettant de s'adapter aux tremblements de terre, et permettant aussi de construire plus haut.
Mais alors que la structure métallique n'est pas encore terminée, ils commencent déjà à poser les façades, mais pas forcément à partir du bas.

Puis je me dirige vers ryogoku, le quartier des sumos, dans l'espoir de prendre rendez-vous avec une heya (centre d'entrainement des sumos). Au kokugikan, le stade des tournois de sumos, il y a un petit musée gratuit, sans grand intérêt. Le plus intéressant est le musée de l'histoire de Tôkyô, qui se trouve derrière, et que j'avais déjà visité. Malgré tout, le stade a une belle architecture, à la fois moderne et inspirée du style japonais traditionnel.

Je vais ensuite à la Michinoku beya, je sonne, mais seul un petit chien me répond. Je vais donc me promener dans le quartier, composé de 2 grandes avenues, de petites rues avec des commerces populaires et des restaurant de nourriture à sumo, et d'une ligne de métro aérien. Dans l'une des avenues, je me fais doubler par un lutteur de sumo, en kimono et sandales, sur son petit vélo.

Une devanture de restaurant
Hommage à un grand du sumo
Restaurant de chanko nabe, la nourriture des sumos
Une rue de Ryogoku
Les restaurants de chanko sous le métro
Dans une rue, un parking privé
L'entrée de la station de métro Ryogoku

Dans toutes les villes japonaises, il existe de nombreuses supérettes, qui vendent les produits de base, surtout alimentaires. Ce sont les "convenience store", "kombini" en japonais. Certains sont ouverts 24h/24. J'entre dans l'un d'eux pour acheter du thé froid. Ils en vendent, mais ils vendent également toutes sortes de boissons, carrément gelées. Cela permet de se placer la bouteille dans le cou, pour se rafraichir, et quand le glaçon est fondu, on peut boire.

Comme il fait vraiment chaud, je décide de faire une pause. Je m'arrête chez un barbier, pour me faire "raccourcir" les cheveux. Même si je n'en ai pas franchement besoin, j'adore aller chez le coiffeur au Japon, car c'est un vrai moment de détente. Le service à la japonaise dans toute sa splendeur. Une fois dans le fauteuil, le coiffeur nous passe des peignoirs, serviettes, et plastiques de protection afin d'être bien assuré que le moindre cheveu ou la moindre goutte d'eau ne passe pas dans le col. Ensuite, l'assistant nous tend une grande serviette chaude. Après le passage de la tondeuse, c'est le shampoing. Mais en réalité, il s'agit souvent d'un vrai massage crânien, qui dure entre 5 et 10 minutes. Et cette fois-ci, j'ai eu droit également au rasage des poils du nez et des oreils. Pour 20 €, on ressort de là détendu, raffraichi, zen, comme après une bonne nuit réparatrice.

A la sortie, je vais repérer deux autres heya, qui sont fermées. De toute façon il est 13 heures, je m'arrête manger un chanko nabe.

Je retourne ensuite à la Michinoku beya. Un jeune apprenti m'ouvre et m'annonce que tous ses collègues sont déjà à Nagoya. Je vais à la Kasugano beya. J'ouvre la porte. A l'intérieur, sur les tatamis, 2-3 lutteurs font la sieste au frais. Apparemment, je pourrai assister à un entraînement le jeudi matin.

Il fait de plus en plus chaud. Je décide d'aller à Akihabara. La chaleur est forte, mais le temps est superbe. A Akihabara, je visite quelques boutiques ; dans des petits passages étroits se vendent des composants électriques et électroniques dont j'ignore absolument l'usage. Dans les grands magasins, on trouve de tout : machines à laver, appareils photo numériques, appareils de massage, robots joueurs de foot, robots aspirateurs, réfrigérateurs avec porte s'ouvrant des deux côtés, selles de cheval électroniques pour faire du rodéo, couvertes de toilette avec toute la programmation électronique, etc.

Akihabara, c'est aussi le coté interlope du Japon. On y trouve les désormais à la mode maids cafés, où l'on est accueilli et servi par des soubrettes, qui nous traitent comme le maître des lieux. Au Home Cafe, où je suis allé en 2007, l'ambiance était finalement bon enfant, et en aucun cas ambigüe. Les clients étaient surtout des groupes de copains, mixtes, qui venaient par curiosité. Et les serveuses avaient l'air de bien s'amuser. A la sortie du métro, il y a toujours une armée de soubrettes, certaines avec des oreilles de lapin, qui distribuent des prospectus publicitaires.

Autre mode, les idoles (prononcer aïdolou), qui chantent dans la rue et essaient de vendre leurs chansons pour lancer une carrière presque toujours condamnée d'avance. L'une d'elles, absolument charmante, me chante sa petite chanson. Pour les curieux, voici son blog : link

On trouve également des boutiques de mangas et de DVD X, parfois même avec pignon sur rue.

Quelques rues de Akihabara (2 maids se cachent dans ses 3 images, saurez-vous les retrouver ?) :



Appareils de massage, robots, selles pour rodéo, etc.


Ensuite, direction Asakusa. J'aime ce quartier pour son côté populaire et populeux. Et toujours la gentillesse de ses habitants. J'achète quelques souvenirs, passe au temple, puis vais acheter du thé et une glace au thé vert chez Masuda, très bonne boutique de thé de Tôkyô. La chaleur commence à baisser. Quelques photos sur le pont du siège d'Asahi, retour à l'hôtel pour poser les affaires, puis direction Shinjuku pour retrouver M.

Dans la rue qui mène au Sensô ji (temple), un marchand de gâteaux.

Le Sensô ji.

Le pont d'Asakusa, avec le siège de la marque de bière Asahi, designé par Philippe Starck. Sur le toit, officiellement, une goutte de bière. D'après les Tôkyôïtes, une crotte chien.

J'attends M. devans l'écran géant de Studio Alta. Pour faire la promotion d'un nouveau produit, un robot géant a été installé. J'observe la foule qui passe, ou qui attend quelqu'un. Quelques jeunes filles, sur leur 31, ont rendez-vous. Leurs princes charmants arrivent, jeunes "kékés" au look grunge et à la tignasse de lionne décolorée, faisant les malins pour le plaisir de leur belle. Pourtant, en arrivant, ils font la courbette. Contraste japonais.





M. arrive. Nous allons dîner côté ouest, dans les ruelles au pied du pont de chemin de fer. Cet endroit ressemble vraiment au vieux Japon des films des années 50 ou 60. Dans quelques ruelles très étroites, où l'on peut à peine se croiser, se succèdent des gargottes, ouvertes sur l'extérieur, composées d'un comptoir pour 6-10 personnes, rarement plus.
Nous choisissons un spécialiste de yakitoris. Le "chef" est un jeune aux cheveux décolorés, pas bien éveillé, et pas franchement sympa. Il refuse même que je prenne son resto en photo ! Plus tard, il se fait remplacer par un plus vieux beaucoup plus dynamique, et surtout beaucoup plus avenant. Il tape la discute, me trouvant beau et trouvant M. très jolie. Très surpris qu'on ne soit pas ensemble, il essaie en vain de jouer les entremetteurs.

Etant crevés tous les deux, M. et moi nous séparons. Je rentre à l'hôtel, où je dors beaucoup mieux.


Par yasaka20 - Publié dans : Japon
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Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 21:40
Mardi, début d'après-midi, je vais chez un client. Je prends le métro, ligne 13. Je suis en avance.

Mais à la station Varennes, le métro ne redémarre pas. Il y a un problème dans le métro précédent.
Nous attendons, attendons, attendons...
Et là, la nouvelle tomble : dans la rame précédente, UN VOYAGEUR EST MALADE, nous devons donc stationner.

J'ai de la marge, mais tout de même, les minutes s'égrènent : 5, 10, 15...

Le temps devient long, et pendant ce temps, le stress grimpe, j'appelle mon client pour le prévenir de mon retard, je regarde ma montre, je me demande si je ne vais pas finir à pied.

Et finalement, après une demie-heure, nous entendons l'annonce suivante :

"Les pompiers viennent d'arriver, ils ont descendu le voyageur malade, nous allons bientôt pouvoir repartir".

Alors certes, je comprends que tout le monde était impatient, mais tout de même, cette solution me paraît bien radicale. Ne pouvait-on pas essayer de soigner ce pauvre voyageur avant de l'achever sans autre forme de sommation?
Dans le cas contraire, si son cas était aussi désespéré, pourquoi l'avoir laissé souffrir 30 interminables minutes avant d'abréger brutalement ses souffrances ?
Etait-ce le rôle des pompiers de faire ce sinistre travail ?

Surtout que pendant ce temps, de mon côté, j'ai tué le temps comme j'ai pu.

Une bien mortelle demie-heure...

Par yasaka20 - Publié dans : Les pensées de Pascal
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 22:47
Petite pause dans la relation de mon voyage au Japon.

Eh oui, contre toute attente, Obama a été élu ! Et à entendre les media,  tous les journalistes américains sont heureux, tous les Américains sont heureux, tous les journalistes français sont heureux, tous les Français sont heures, le monde entier est heureux. Point. A part çà, on n'apprend rien. On ne dit rien, mais on le dit pendant des heures.

Pendant 8 ans, la France avait fustigé les Etats-Unis, pour son conservatisme, son impérialisme, son égoïsme, et j'en passe. Du jour au lendemain, les Etats-Unis redeviennent le paradis sur terre, le modèle absolu, comme dans la plus mauvaise série télévisée de propagande du "rêve" américain.

Hier infréquentable, la grande Amérique est soudain redevenue modèle universelle. Et la France de s'auto-flageller.

Comme une majorité d'entre nous, je me réjouis de cette élection, et des ouvertures qu'elle peut apporter. Toutefois, je déplore le simplisme du discours radio-télévisé, qui exulte sans analyser, qui compare sans prendre de recul. Car la question qui vient rapidement, est de savoir s'il serait possible d'avoir un président noir en France. La réponse semble être négative, car nous qui donnions des leçons de tolérance à l'Amérique de George Bush serions devenus d'horribles conservateurs.

Mais peut-on comparer nos deux pays ? L'élection d'un président noir en France est-elle si irréaliste ? Ne cherchant pas la moindre polémique, je ne répondrai pas de façon tranchée, d'autant que cette question n'appelle pas une seule et unique réponse. Je développerai simplement les deux pistes de réflexions suivantes.

Les Etats-Unis, nation unique en son genre.

La France, comme tous ses voisins européens (chacun à sa façon certes), dispose d'une identité forte, composée d'un grand nombre d'éléments, sédimentés au cours des siècles. Parmi ces éléments, on peut citer la langue, les arts, la religion, la philosophie. Bref, tout ce qui forge une culture et une histoire, forme l'identité de tous les pays qui nous entourent. Cette identité a été forgée progressivement, je dirais presque naturellement, par le peuple dominant qui compose le pays. Etre français, anglais ou espagnol, c'est adhérer à cette culture, s'en imprégner presque complètement, pour finir par faire partie de ce peuple.

Les Etats-Unis, et c'est dans ce sens qu'ils sont absolument uniques, se sont formés sur une terre considérée comme vierge (la culture des Indiens n'ayant eu aucune influence dans la fondation de ce pays), en amalgamant des groupes de différentes provenances, et surtout de différentes cultures. Et cet amalgame s'est fait autour d'une idée commune, démocratique, de cohabitation, entièrement contenue par la Constitution américaine. L'identité américaine est donc constituée de cette Constitution américaine, qui définit le "vivre ensemble démocratique et multiculturel". Elle est forgée autour d'un plus petit dénominateur commun.

L'élection de Barack Obama est extraordinaire dans le sens où les noirs ont subi de graves discriminations pendant des décennies. Mais elle est en réalité l'élection d'un membre de l'une des composantes de la société américaine, et non d'un membre d'une composante étrangère.

En France, ou dans un pays comparable, l'élection d'un noir (non antillais s'entend), serait l'élection d'un membre d'un groupe originellement extérieur, et qui aurait dû, au fil du temps, se fondre dans la culture dominante. Le processus d'intégration est donc forcément plus long.

Est-il pour autant impossible ?

Un noir à l'Elysée, est-ce vraiment impensable ?

Aux Etats-Unis, les noirs sont présents depuis 200 ans, même s'ils n'ont pas les mêmes droits que les autres depuis aussi longtemps.

En Europe, l'immigration massive en provenance de zones non européennes, comme l'Afrique, n'existe réellement que depuis 30-40 ans.

A t-on vu un paysan illettré devenir président des Etat-Unis du jour au lendemain, non. A t-on déjà vu un paysan breton illettré devenir président de la France du jour au lendemain, pas davantage, évidemment. Quelque soit le groupe ethnique auquel on appartient, il faut finalement 3 générations pour "s'extraire" des origines les plus modestes. Pour prendre mon exemple personnel, de Français d'origine franco-française, mes grand-parents étaient des paysans bretons, très pauvres, qui ont dû migrer dans une autre région pour trouver un travail. N'ayant été que très peu scolarisés, leur travail consistait à réaliser les tâches les plus ingrates. Mon père, 2ème génération, a eu son bac, ce qui était rare à son époque, et presque unique dans son milieu. Ce n'est finalement qu'à la 3ème génération que nous avons pu faire des études supérieures. Et encore, ma famille faisait partie du groupe culturel majoritaire.

Le problème se pose donc de la même façon (en ajoutant les difficultés liées à la différence  linguistique et culturelle) avec les descendants d'immigrés. Nous n'arrivons que maintenant au début de la 3ème génération. Or, dans les entreprises, je constate qu'actuellement, il y a de plus en plus de jeunes "issus de l'immigration". Il y a 10 ans, les noirs étaient systématiquement affectés aux tâches ménagères, n'ayant pas de formation et que très peu de maîtrise du français. Aujourd'hui, je constate de plus en plus de noirs (et de Maghrébins ou d'Asiatiques) dans les postes de secrétariat, même de direction, ou dans les services informatiques. L'ascension se fait donc progressivement.

Elle s'est faite d'ailleurs dans la politique et dans les entreprises avec les étrangers des vagues d'immigration précédentes (Espagnols, Italiens ou Polonais). Notre président de la République actuel n'est-il pas un descendant d'immigré ?

Bien entendu, les discriminations existent toujours, dans les entreprises comme en politique. Dans l'impossibilité actuelle de voir un noir président en France, il y a aussi une part de conservatisme de la part des électeurs. On le voit déjà avec le nombre de femmes élues. On peut y ajouter le conservatisme de la classe politique, qui ne se renouvelle que trop lentement, les postes étant "squattés" par les même personnes pendant de multiples mandats, et qui ne recrute que parmi un petit groupe, composé d'énarques et de hauts fonctionnaires.

Malgré tout, l'idée d'un président noir en France n'est pas irréaliste, même si le futur n'est pas forcément très proche. Et il faut surtout éviter de comparer des pays et des situations qui ne se ressemblent pas. Je regrette que les journalistes que j'ai entendus aient remplacé l'analyse par l'émotion.

Demain, nous repartons au Japon.
Par yasaka20 - Publié dans : Les pensées de Pascal
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Lundi 3 novembre 2008 1 03 /11 /Nov /2008 22:16
En préambule, une petite présentation de l'hôtel Arietta. Il donne sur une grande avenue de Gotanda. Les escaliers et les paliers sont comme des coursives donnant sur l'extérieur, ce qui rend les chambres un peu bruyantes. Par contre, l'intérieur est impeccable, comme dans 99,9 % des hôtels japonais.

En plus, il y a un petit déjeuner. C'est un buffet, servi directement dans la réception. Il se compose des classiques thé, café, jus d'orange, et de petits pains fabriqués dans la boulangerie de l'hôtel lui-même.






Photo de ma chambre (ne faites pas attention au désordre, comme on dit) et de la salle de bain, avec le siège des toilettes, également une spécialité japonaise. Le bouton "flushing sound" sert à imiter le bruite de chasse d'eau, pour ne pas gâcher d'eau quand on tire la chasse uniquement pour faire du bruit. Ou pour cacher le bruit, si vous voyez ce que je veux dire...








Ce 23 juin, après le petit déjeuner, j'arrive à joindre J, qui m'annonce qu'elle est enceinte de 7 mois. Elle m'invite à dîner chez ses parents pour le 25.

Une fois prêt, je me rends à l'ambassade pour faire traduire mon permis de conduire. L'ambassade se trouve dans un quartier agréable, avec de petits immeubles, et beaucoup de petits commerces, souvent de style occidental. C'est un quartier au style bobo, avec beaucoup d'Occidentaux. La traduction du permis m'est faite par une charmante Japonaise, en 10 minutes montre en main. Le prix de l'efficacité es de 1 489 yens. Je me promène un peu dans le quartier, avant de me rendre à Yokohama.







Arrivé à Yokohama, je visite d'abord China Town. C'est finalement assez petit, et kitsch. On y trouve essentiellement des restaurants chinois, tenus par des Japonais, ce qui est très surprenant lorsqu'on est habitué à l'inverse. Je déjeune dans un établissement de ce genre. Souvenir ni bon ni mauvais.











Entre China Town et la gare, une rue commerçante, avec ce genre de boutiques, et des pulikula, photo matons géants où les jeunes filles se font photographier à plusieurs, puis retravaillent les images en ajoutant des coeurs et des étoiles.






Je me dirige ensuite vers la Landmark Tower, plus haute tour habitable du Japon, avec ses 296 mètres. Au pied, c'est assez désert. Je prends l'ascenseur avec un couple branché. Elle, est habillée en shibuya Girl : cheveux décolorés, petit haut blanc en dentelle, short en jean moulant, bas noirs à mi-cuisses, escarpins argentés, et à la main, l'inévitable Vuitton. A la sortie de l'ascenseur, j'ai droit à un charmant sourire.
















L'ascenseur, justement. 750 mètres/minute (45 km/h), les 69 étages en 40 secondes. Le plus rapide du monde. On n'a même pas le temps de se déboucher les oreilles. Et en haut, on est accueilli par une vue panoramique à couper le souffle, sur toute l'agglomération et sur le large. On y perçoit très bien l'étendue de Tôkyô, son héhétérogénéité, son (in)organisation urbaine, et son enchevêtrement de réseaux. On y perçoit aussi sa puissance et sa modernité.




Je prends un café glacé au bar. Face à moi, le Mont Fuji. Caché par une grosse masse nuageuse. A mes côtés, des enfants, comme dans n'importe quel autre pays, guettent les trains qui passent... 300 mètres sous leurs pieds.

La redescente est aussi spectaculaire. On atterrit dans le Land Tower Plaza, grand centre commercial tout neuf, impeccable, et presque désert. A une extrémité, des escalators circulaires.

J'achète des livres, puis sors. Je traverse le parc d'attraction, puis longe le port, immense, jusqu'au terminal passagers.


L'architecture du terminal est superbe. Tout en bois, en avancée sur le large, il rappelle des coursives de bateau, avec des formes arrondies. Y. m'appelle, nous prenons rendez-vous pour le jeudi.



Après cette visie, dans la rue, je croise un "flic", un petit jeune complètement inoffensif sur son vélo. Et plus loin, un poste de police, comprenant une seule pièce, vide. Et sur la porte, ouverte, un panneau "en patrouille". On est bien au Japon. Presque en face, un commissariat. J'y entre pour demander une adresse. Après de nombreux efforts et une infinie politesse, ils trouvent ce que je voulais. Au moment d'y aller, A. m'appelle. Nous nous donnons rendez-vous à Shinagawa.

Je la retrouve à l'entrée centrale, toujours ravissante, avec son pull rayé et son collier de perles. Coiffure et maquillage impeccables. Une vraie Japonaise. Nous dînons dans une izakaya. C'est une sorte de restaurant, de grande taille, avec tables, comptoir, ou tatamis, où l'on mange et boit bien. L'ambiance y est en général assez bruyante et festive. J'adore ces endroits, pour leur côté fête de la gastronomie. Dès l'entrée, le irasshaimase des cuistots et des serveurs, crié à tue tête, nous met dans le l'ambiance. On est loin de la prétention de beaucoup de restaurants parisiens.

J'apprends que A. a 29 ans. Je suis toujours aussi incapable de donner un âge aux Japonaises. Son style élégant et raffiné lui donne la petite trentaine depuis des années. Je suis sûr que dans 10-15 ans, elle fera toujours le même âge.

Nous nous séparons à la gare. Retour à l'hôtel, où je mets le réveil à 5 h 30 dans l'espoir d'aller voir un entraînement de sumo à la Michinoku beya. Je m'endors rapidement mais je me réveille à minuit. J'ai un mal fou à me rendormir. Le décalage horaire...

Par yasaka20 - Publié dans : Japon
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