Dimanche 13 mai 2012
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Tôkyô, ville électrique. Ce qui frappait auparavant lorsque l'on se déplaçaist dans Tôkyô la nuit, c'était la luminosité : néons, écrans géants, on y voyait comme en plein jour. Lorsque l'on
retourne au Japon un peu plus d'un an après l'accident de Fukushima, on se demande à quoi ressemble la capitale.
Les Japonais ont été incités à économiser l'énergie. Il est vrai qu'avec leurs maisons mal isolées et leur goût du gadget dernier cri, les appareils électriques fonctionnaient beaucoup. Il est
donc possible de réduire sa consommation pendant quelques semaines, mais modifier ses habitudes de façon profonde est beaucoup plus difficile. Cela va prendre du temps, et nécessitera la
conception d'appareils moins gourmands, et surtout l'instauration de normes de constructions beaucoup plus draconniennes en matière d'isolation thermique, en respectant les normes anti-sismiques,
cela va sans dire.
Ce qui m'a frappé dans Tôkyô, cette fois-ci, c'est que finalement la ville n'est pal plongée dans le noir. J'ai eu le sentiment qu'elle était légèrement moins éclairée, comme si on avait réduit
l'intensité lumineuse mais sans éteindre aucune lampe. Peut-être certaines lumières ont été coupées, peut-être les entreprises sont incitées à ne pas laisser les bureaux allumés le soir. Mais
dans l'ensemble, ce n'est toujours pas l'obscurité qui domine. Par exemple, le carrefour de Shibuya vu du Starcucks, moins brillant, comme si quelques projecteurs avaient été éteints par ci par
là.
De même, vue du haut de la tour Dentsu à Shiodome, la ville présente cet aspect :
En y regardant de plus près, on peut voir, par exemple dans le métro, que certains éclairages manquent. Dans les rames JR, par exemple, un néon sur trois, environ, a été enlevé. C'est souvent le
cas dans les couloirs des gares. Pourtant, les wagons de la Chûô ou de la Yamanote sont toujours très clairs. A se demander s'ils n'étaient pas suréclairés auparavant.
A l'inverse, les panneaux publicitaires sont toujours sous les feux de la rampe, et les écrans géants toujours en fonction et encore plus nombreux. Dans les magasins, les murs de lumière
connaissent un succès croissant. Il faut dire que cela rapporte.
Paradoxalement, c'est la ville de Kyôto, qui n'était pas alimentée par la centrale de Fukushima Daiichi, que j'ai trouvée très sombre. Certes, cela n'a jamais été une ville électrique comme
Tôkyô, et les petites rues n'ont jamais été éclairées comme en plein jour. Mais même la gare, de nuit, est sombre, de nombreuses lampes ayant été tout simplement enlevées. Le choix s'est donc
porté sur ce qui rapporte de l'argent.