Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 20:46
Voilà l'un de mes vins préférés. L'un des vins les plus réputés du monde. Sur l'étiquette est écrit "vinum regum - rex vinorum", ce qui signifie vin des rois - roi des vins (ou peut-être bien le contraire, j'ai toujours été nul en latin).

Je l'ai découvert en Hongrie (rien de bien surprenant jusque là). L'ami avec lequel j'ai découvert le Frascati à Rome travaillait à Budapest. Durant mon court séjour chez lui, nous achetions, dans les anciens magasins d'Etat, des Tokaji de 1988 pour maximum 3 €, et nous en buvions à l'apéritif, avant d'aller passer d'inoubliables soirées au Fortuna, au Made In, au Dokk, au High Life, ou à l'Irish Cat Pub. Nous étions les rois. Toute une époque !

Depuis, la réputation du Tokaji a nettement crû, et c'est devenu un vin hors de prix. Le vin s'est certes amélioré, mais à ce point... Cela me rappelle la discussion que j'avais eue avec une galeriste, qui me soutenait que le prix exorbitant de certaines oeuvres était tout à fait justifié par le talent de l'artiste. Elle n'a jamais réussi à me convaincre que le talent artistique contenu dans une oeuvre figée fluctuait en même temps que les tendances du marché.

Pour revenir au vin, on payait 3 € les 3 puttonyos en 1995, j'ai acheté un Gundert 6 puttonyos 15 € en 2000, il coûte actuellement plus de 50 € chez Lavinia. Le capitalisme l'a bien emporté sur le communisme.

Pourquoi je raconte tout çà ? Oh, pour rien, pour parler. Car c'est un vin qui fait parler, ou méditer, souvent les deux. On pourrait chercher à le décrire, dire qu'il a beaucoup d'arômes très ronds, qui me rappellent le coing, la noix, le tabac, la cerise confite, les amateurs de vins blanc sec peuvent le trouver un peu trop sucré, on peut trouver qu'il a perdu un peu de fraicheur.

Mais non, je suis incapable de décrire ce vin. Il me donne un plaisir toujours maximum, me rend bavard, me fait dire beaucoup de choses qui n'ont rien à voir, pour conclure invariablement par un "quand même c'est sacrément bon !" Je ne puis le décrire, car c'est avant tout un vin hors normes.

D'ailleurs, au moment de l'achat, en foire aux vins, la caissière africaine du Leclerc de Levallois-Perret ne s'y est pas trompée. Etonnée par le prix de ce 5 Puttonyos et des Eszencia 1993 qui l'accompagnaient, elle a consciencieusement vérifié que le prix était bien celui qui s'affichait sur sa caisse.
Et regardant les petites bouteilles avec étonnement, elle m'a demandé, avec sa gouaille et son accent africains : c'est du vin !!!???!!!
Moi : oui, madame.
Elle : mais c'est du vin blanc !!!???!!!
Moi : oui, madame.
Elle : il doit être bon, alors !!!
Moi : oh oui, madame.

Dommage que je n'aie pu lui faire goûter, car je suis sûr qu'elle aurait eu la révélation que j'avais eue en 1995 à Budapest.

Partager cet article

Repost 0

commentaires