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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 16:32

Sale temps pour les bons restaurants des Batignolles. C'est ainsi que j'ai appris, récemment, la fermeture de plusieurs d'entre eux, que je considérais parmi les meilleurs du quartier. La vie est ainsi faite, avec son lot de naissances et de fins, mais la déception est grande quand les fins sont nombreuses, qu'elles touchent les meilleurs, et surtout que ceux-ci ne laissent pas place à quelque chose de mieux.

 

Première victime, Terra Mia, rue Lemercier (Paris 17ème). Nous avions là un restaurant italient, un vrai, un bon, chose exceptionnelle à Paris, tenu par de vrais Siciliens, au verbe haut et aux mains volubiles, produisant entre autres des pizzas généreuses et goûtues. Le restaurant a été vendu, remplacé par un "créateur de pizzas". Nous avons maintenant une devanture gris foncé, avec un nom prétentieux, dans la droite ligne de ce qui se fait actuellement à Paris. J'ai regardé la carte, qui propose, pour une quinzaine d'euros, des pizzas jambon, pizzas fromage, pizzas champignons. Quelle créativité !

 

Pour échapper à toutes les adresses banales et prétentieuses qui naissent à droite et à gauche, nous pouvions nous réfugier chez "Tonton", au Café de la Poste, rue Mariotte, en face de la poste justement. Le décor, c'est bien simple, n'existait pas. Derrière cette vitrine d'angle se trouvait une salle avec un bar, dans le plus pur style bistrot pour poivrots d'autrefois. Il fallait vraiment être bien informé pour savoir qu'à l'intérieur, Tonton, seul aux fournots, mijotait, à son rythme et selon le marché du jour, les plats qu'il voulait, avec plaisir et générosité. Il fallait avoir le temps, car Tonton ne réchauffait pas au micro-ondes, il cuisinait, et puis il venait en salle pour discuter, il allait au bar servir un apéro.

Mais la patience était toujours récompensée, on repartait comblé, après avoir parfois pris le digeo offert par le patron, et trinqué avec lui, les autres convives, et parfois même une prostituée, d'1,80 mètre plus talons, venue prendre un petit remontant avant d'aller travailler.

 

Cette bonne adresse à l'ancienne a disparu, le patron n'était plus tout jeune, remplacée par un restaurant à la devanture gris foncé, au décor épuré, qui propose comme presque partout ailleurs, des steacks et des hamburgers, le genre de cuisine que l'on peut trouver chez soi.

 

Une autre disparition est celle du Bistral, fabuleux restaurant de la rue Lemercier, dont seul le décor de bistrot de quartier devait le protéger des étoiles du guide du pneu. en 10 ans d'existence, jamais une déception, mais systématiquement des surprises, et des bonnes. Les assiettes étaient créatives, parfaitement préparées, justement dosées, et toujours accompagnées du vin adéquat. On peut comprendre que ce boulot était épuisant, et que le patron ait eu envie de changer de paysage.

 

Il paraît qu'à la place va venir un italien. Un comme Terra Mia ou mieux, je veux bien. J'espère un vrai italien, un bon italien, avec une vraie cuisine, gaie et généreuse, qui ne broiera pas du noir, à l'image de ces devantures parisiennes tristes et sans imagination.

 

Sinon, que nous restera t-il ? Tout simplement le steack tartare, le hamburger, ou pire, le plat préparé. J'ai d'ailleurs vu pas plus tard que samedi dernier, sortir du restaurant, un "cuisinier", amenant à côté de la poubelle un empilement de grosses boîtes en polystirène vides, portant l'inscription "Raynaud plats cuisinés".

 

Pour finir, voici une autre fermeture avant travaux, celle de Bigarrade, rue Nollet. Christophe Pellé, ancien du Royal Monceau, reste par contre aux commandes. J'y suis allé la veille de la fermeture, un peu plus, et je ne connaissais pas cette adresse.

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