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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:02

Voici un titre quelque peu offensif et provocateur. Et pourtant, j'ai pris la décision et je compte bien m'y tenir.

 

L'intérêt d'acheter ses vins par ce biais est la certitude de pouvoir acheter des grands vins à prix réduit. En gros, une fois les primeurs passés, on risque de retrouver les vins convoités à des prix beaucoup plus élevés, voire de ne pas les trouver du tout.

 

Seulement, depuis quelques années, j'ai la désagréable impression de voir en foire aux vins ou sur internet des crus à un prix sensiblement inférieur à leur prix primeur. Il est vrai que les prix des Bordeaux réputés est monté en flèche, fait dénoncé par la quasi totalité des journalistes, RVF en tête, et des blogueurs.

 

Dans l'éditorial du supplément vin du Journal du Dimanche, Nicolas de Rouyn semble défendre ce fait, comparant les grands crus à des Bentley, et dont le prestige retomberait sur l'ensemble de la filière. En résumé, les vins de prestige, du fait qu'ils sont achetés très chers par une minorité extrêmement fortunée, permettrait d'investir dans la production de vins à la qualité grandissante, réservés, eux, à la masse.

 

J'ai dans mes connaissances une personne, appartenant à la bourgeoisie aisée, c'est à dire encore à la classe moyenne, et non à la minorité des milliardaires : chef d'une petite entreprise, propriétaire d'un pavillon confortable dans la banlieue nord de Paris, et roulant en BMW série 5 ou équivalent. A l'époque où il avait une Renault 25, donc pas une Bentley, il achetait des Châteaux Margaux en primeur. Je me souviens qu'il avait payé les 1986 200 francs la bouteille, soit l'équivalent 2009 de 50 €.

 

En 2009, Château Margaux est proposé en primeur 500 € HT la bouteille, et encore ce n'est pas le plus cher. Il n'achète donc plus de Château Margaux, par contre il roule toujours en BMW série 5, qui coûte aux environs de 50 000 €, et non le prix d'une Bentley.

 

Quant à avoir un effet positif sur la filière, je doute, alors que l'on arrache des pieds de vignes, que nombre de vignerons produisant des vins de qualité ne peuvent vivre de leur (dur) travail, et que de nombreuses piquettes se vendent encore sous l'appellation Bordeaux.

 

Ayant le sentiment de ne plus trouver mon compte, sur le plan du rapport qualité/prix, dans les grands crus de Bordeaux vendus en primeurs, je jette l'éponge. J'imagine que les grands crus n'ont pas besoin de moi, qu'ils préfèrent voir leurs bouteilles faire 3 fois le tour du monde sans être bues, passant d'un milliardaire à l'autre.

 

D'un sens cela m'arrange, puisque je pourrai trouver dans d'autres régions des vins de qualité à un prix abordable, et ainsi diversifier ma cave, où les Bordeaux sont trop représentés. De cette région, je continuerai juste à acheter les "petits" vins des "petits" producteurs, ceux qui font un vrai travail, en respectant leur clientèle.

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