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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 21:44

Cette adresse était inscrite dans un coin, dans l'attente d'une occasion. Cette dernière se présentant, rendez-vous fut pris, un vendredi soir, histoire de bien terminer la semaine.

 

Le passage des Panoramas a gardé un charme désuet, grâce à une animation encore présente. Les vendeurs de timbres ont baissé les rideaux, mais les quelques restaurants donnent à l'endroit une vie discrète et plaisante. La lumière est chaude et dorée, on se croirait presque revenu dans un XIXème siècle rassurant. Les quelques boutiques jouant la discrétion disparaissent ; c'est le cas du passage 53, dont la vitrine est occultée par un grand rideau blanc. On passe devant plusieurs fois avant de trouver.

 

La salle est toute petite, en longeur, comprenant une vingtaine de couverts. Un escalier en colimaçon, très étroit, conduit à l'étage, où se trouvent les toilettes et la cuisine, dont la petite taille ne permet de contenir que 3 personnes.

 

En bas, le service est plus nombreux : 5 hommes, très serviables sans être obséquieux. La présence n'empêche pas la discrétion, la retenue ne crée pas la distance. C'est généralement à cela que l'on reconnait les restaurants étoilés.

 

Du fait de la configuration de la salle, la clientèle est peu nombreuse, l'ambiance est donc apaisée. A la table d'à côté, deux couples d'amis, style anciennes jeunesses du RPR, reconvertis en sympathisants UMP. La conversation était ponctuée de "j'adooooooore". Derrière, un couple d'amoureux, très discrets, et visiblement très amoureux : à chaque fois que lui se levait pour aller aux toilettes, il déposait un baiser sur les lèvres de sa belle, comme s'il risquait de ne jamais revenir. A côté d'eux, une Japonaise et son père, qui s'endormait après chaque plat ; sa fille était obligée de le réveiller à chaque retour du serveur. Elle a fini par expliquer que le papa avait eu la diarhée toute la semaine, que çà allait mieux mais qu'il était désormais très fatigué. Bon appétit !

 

Le menu du soir, à 120 €, comprend 8 plats imposés. Une seule variante est possible : au moment de la commande, un serveur présente un gros bocal, rempli de grosses truffes. Dès que le couvert s'ouvre, le champignon parfume toute la salle. Pour 30 € supplémentaires, il est possible de goûter à ces truffes, généreusement servies sur des oeufs cuits à basse température.

 

Le menu est composé, comme on l'a dit, de 8 plats : 2 entrées, 2 poissons, 2 viandes, fromage, assortiments de desserts. L'esthétique est particulièrement soignée, très raffinée. Les saveurs sont particulièrement étudiées, très fines et très précises. C'est une cuisine de haute-couture.

 

Les vins, très bien choisis, sont bourguignons, sauf exception : Puligny-Montrachet, Chambolle-Musigny, Condrieu.

 

Toutefois, à cette cuisine de haut niveau, de grand art, il manque un élément essentiel : le plaisir. Tout était parfait ; peut-être trop ?

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commentaires

irina 02/03/2013 18:38

C’est un Monde vraiment féerique … il me fais rêver et à ce propos, voici un reportage qui décrit vraiment cette atmosphère singulier…. http://youtu.be/M4RZz00A_NY