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Allemagne

Mercredi 31 décembre 2008
Dernier jour. Il faut toujours un temps superbe. Après avoir rendu la clé de la chambre, petit déjeuner, non pas au stand Rischart à la gare, mais chez Rischart, Marienplatz. Petit déjeuner copieux.

Sur la place, un orchestre typique en culotte de peaux joue la musique bavaroise, tandis qu'un stand de bière est installé. Les gens font la queue avec leurs grandes chopes. Certains ont deux chopes : une vide dans une main, et l'autre pleine, qu'ils sont en train de boire en faisant la queue. On ne sait jamais, il ne faudrait pas manquer !




Après çà, direction la Residenz, en plein coeur de Munich, face à l'église des Théatins. Le quartier autour de la Residenz, à quelques pas derrière l'hôtel de ville, est un ensemble barroque, composé de places, de passages et de petites rues, aux murs peints de fausses pierres et de trompe-l'oeil. Lorsqu'on est presque seul, à la nuit tombée, on a vraiment l'impression d'évoluer dans un décor de théâtre. On s'attend à tout instant à voir surgir un personnage de théâtre ou d'opéra. Et à l'arrière, un immense parc, où l'on peut se promener et même manger ou boire.








La Residenz elle-même se compose d'un immense nombre de pièces, de différentes époques, de la Renaissance au début du XIXème siècle. Beaucoup de pièces aux décors sompteux.














A la sortie, traversée de la place de l'Opéra, devant le Residenz.




Arrêt dans quelques belles boutiques dans la rue menant à Marienplatz. Courses entre autres chez Dallmayr, le Fauchon ou le Hédiard munichois. Superbe épicerie fine, proposant de très nombreux produits de qualité, depuis les charcuteries jusqu'au pâtisseries.

Et enfin, ballade, achats, puis déjeuner de saucisses blanches sur Viktualienmarkt...




...avant de revenir prendre les bagages à l'hôtel, puis d'aller tranquillement à l'aéroport.

A l'arrivée à Paris, il manque une valise. Elle sera restituée le 12 décembre soit un mois après ! Entre temps, aucune information de la part d'Air France, et les employés contactés régulièrement semblaient se désintéresser totalement de la question. Bravo pour le service ! Je saurai juste que pendant mon vol direct Paris Munich, la valise a fait un petit détour par la Corée. A t-elle cherché à rejoindre le Japon pour me ramener un souvenir ?

Finalement, pour résumer, très bon week-end à Munich, superbe ville qui m'a très agréablement surpris, et dont je recommande fortement la viste.
Par yasaka20
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Mardi 30 décembre 2008
D'abord l'inévitable petit déjeuner à la gare (appétissant, non ?).



Dans cette même gare, direction le bureau d'Europcar. C'est très pratique, tous les loueurs sont au même endroit. Europcar était le moins cher. Le parking, lui, se trouve deux pâtés de maison plus loin.

Le temps est superbe. Autoroute depuis Munich (A96) puis route romantique vers le sud. Elle est baignée par un beau soleil d'hiver, qui relève les couleurs des vertes prairies et des arbres aux feuilles jaunies.

Premier arrêt à l'église de Wies. Etonnante église, l'une des plus belles d'Allemagne, très grande, au baroque très riche, et malgré tout perdue en pleine nature, entourée de prairies et de quelques fermes. Une boutique de souvenirs et un restaurant, et c'est tout. Elle doit toutefois avoir l'air moins perdu en été, quand débarquent les autocars avec leurs hordes de touristes.





A l'extérieur, c'est vraiment la campagne, entourée des montagnes.




L'intérieur est très riche, mais très clair, ce qui allège le décor, fait de stucs, d'angelots, de feuillages rococo et de trompe-l'oeil. Un vrait décor de théâtre.






Devant l'église, un restaurant traditionnel.




Il faut ensuite continuer la superbe route jusqu'au château de Neuschwannstein. Toujours perché sur son rocher, il domine la plaine et les lacs. On doit garer la voiture au parking en contrebas, puis monter soit à pied, soit en bus. De là, un chemin part sur la droite, vers le Marienbrücke, d'où la vue est superbe. Le château est pile en face, mais hélas, il était couvert d'échafaudages. Le pont est vertigineux.










La rénovation est presque terminée, et la cour intérieure est toute pimpante. L'intérieur du château lui-même est un rêve fou, néo-gothique et romantique, comme le décor d'un opéra de Wagner, avec des vues magnifiques sur les Alpes et ses lacs.



Après çà, il était temps de prendre les petites routes alpines, par Füssen, puis par l'Autriche. Cette magnifique petite route traverse des forêts et longe le Plansee, très long lac de montagne, miroir magique des paysages traversés.



Au bout de cette route, on trouve à gauche Oberammergau, petit village pimpant, où presque toutes les maisons sont décorées. Tous les dix ans, la population joue le drame de la passion du Christ.

Petite pause dans cette superbe maison, pour manger un Apfelstrudel avec un café.



Quelques achats d'articles en bois, spécialités de ce village.



Visite du village et de ses superbes maisons.










Et enfin, arrêt dans une fromagerie locale, tenue par une personne très commerçante,, pour l'achat de fromage traditionnel, et de quelques spécialités à base de lait. Pendant que je consommais un verre d'excellent lait, une cliente est entrée acheter une bouteille de vin. Chose incroyable, cette cliente, habitante du village, et personne visiblement aisée, a indiqué n'avoir pas de tire-bouchon chez elle (!). Elle a donc demandé à la fromagère de lui ouvrir la bouteille. Mais cette dernière, malgré tous ses efforts, n'y parvenait pas. Je l'ai donc aidée, et ai débouché la bouteille en un clin d'oeil. Du coup, j'ai eu droit à une réduction. Accueil vraiment très agréable. Mais on voit bien à cette occasion les différences culturelles qu'il peut y avoir en Europe, par exemple entre les pays de vin et les pays de Bière. On voit aussi cette différence à la quantité incroyable de mousse que les Français sont capables de produire en servant une bière, alors que les Belges et les Allemands n'en font quasiment pas.

De retour à Munich, une fois la voiture rendue, dîner à la brasserie Paulaner, entre Marienplatz et Viktualienmarkt. Des trois brasseries où je suis allé, c'est finalement celle que j'ai préférée. Certes, il faut aller à la Horbraühaus pour l'ambiance, mais j'ai trouvé qu'à la Paulaner, l'accueil et la cuisine étaient les meilleurs.

Ce soir-là, j'ai mangé une sorte de gros (énorme) morceau de lard confit. La photo, prise après le commencement du repas, n'est pas très appétissante, mais franchement, ce plat était délicieux. Surtout avec une grande bière non filtrée. Ensuite, pas de dessert.

Retour direct à l'hôtel, et fin de soirée au bar, au service très agréable, avec un verre de pinot gris. Un vin pas mauvais, mais sans personnalité. Sans défaut, sans qualité, que l'on oublie vite.
Par yasaka20
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Lundi 29 décembre 2008
Aujourd'hui, il fait beau, mais comme certains musées sont moins chers, c'est marathon culture : 3 musées en une journée. Un peu comme le Louvre, le Musée d'Orsay et le centre Pompidou d'un coup. Ne serait-ce pas une tentative d'ingestion culturelle, pour mieux pouvoir justifier ensuite les ingestions de bière et de saucisse ? Qui sait ?

Mais d'abord, avant un marathon, il est indispensable de prendre des forces. Pour cela, départ pour prendre un petit déjeuner. En effet, pas question d'en prendre au Mercure, qui les facture 17 €. Si si, vous avez bien lu, ce sont des EUROS, pas des francs, ni même des marks.

Et par chance, dans la gare, il y a une annexe du café Rischart. Déjeuner de pain au yaourt, de chausson au chocolat, et de bretzel à la crème et à la ciboulette. Avec 1 expresso et 1 cappuccino. Je rappellerai aux étourdis qu'il s'agit de se préparer pour un marathon !



Et pour commencer, petit échauffement, en allant à pied aux musées. Les principaux se trouvent au nord de la gare, à environ 1 km. Traversée d'un quartier calme, avec des grandes allées, des grands bâtiments, et l'université. Un ensemble de bâtiments officiels assez pompeux. Le temps est superbe, la lumère d'automne magnifique, les feuilles des arbres toujours aussi jaunes dans le soleil.






Le premier musée est l'ancienne pinacothèque (Alte Pinakothek). Elle expose des oeuvres anciennes, principalement des peintures allemandes, italiennes et hollandaises, des XVème au XVIIIème siècles. On y voit entre autres l'autoportrait en Christ de Dürer, première peinture représentant l'artiste lui-même, et non une oeuvre purement religieuse. On peut voir aussi une superbe collection de tableaux hollandais, comme des Ruysdael.




Un nombre important de salles était toutefois fermé, ce qui a permis de faire la visite en 2 heures, et de continuer le marathon par la nouvelle pinacothèque (neue Pinakothek). Comme son nom l'indique, c'est la suite de la précédente. L'ancienne se trouve dans un long bâtiment du XIXème siècle, la nouvelle se trouve dans un long bâtiment de 1962.

Elle est également riche, de peintures toujours, mais plus récentes, à savoir du XIXème siècle. Des Biedermeier, mais aussi des Van Gogh, des Seurat, des Gauguin.











Et finalement, sur la lancée, suite et fin du marathon, avec la Pinakothek der Moderne, ou pinacothèque des modernes, présentant, comme son nom l'indique également, le XXème siècle.

Le bâtiment, lui, est moderne, et superbe. Au centre, un hall circulaire, constituant toute la hauteur du bâtiment. Au dessus, des balcons circulaires. Et sur les côtés, des escaliers, dont deux monumentaux, conduisant aux salles du sous-sol et aux salles des étages.




Les collections permanentes contiennent des peintures du XXème siècle, avec une très riche collection d'expessionnistes allemands.





Egalement quelques oeuvres de l'inévitable, mythomane et insupportable Joseph Beuys, dont les foutages de gueules, appelées oeuvres d'art, faites de téléphones noirs sous des cloches à fromage et de couvertures de feutre enduites de miel continuent d'occuper les précieux m² de nos institutions culturelles. On le trouve aussi à Hambourg, où une amie a failli se tuer. Elle était tellement en admiration devant un vêtement de feutre suspendu au plafond qu'elle n'a pas vu les pics acérés posés au sol.

Mais en plus des collections de peinture, une collection d'objets symboliques du design du XXème siècle. Ici, les téléphones en bakélite noire perdent leur statut d'oeuvre d'art pour devenir de simples objets. Comme certaines phrases complètement insignifiantes deviennent des oeuvres d'art dès lors qu'elles sont écrites en lettres blanches sur fond noir par une certain Ben.









A la sortie, le café du musée permet une pause agréable, avant d'aller se promener en ville. Errance dans les cours successives de la résidence. Elles sont presque désertes. Superbe décor, baroque, donnant l'impression d'évoluer dans un décor de théâtre. Visite également de l'église des Théatins, face à la Résidence.

Enfin, dîner à la brasserie Zum Franziskaner, presque en face de la l'opéra. un verre de Grüner Veltliner, et un verre de Zweigelt, sans grand intérêt, une bière, puis des bretzels, des saucisses et des knödel.



Retour à pied à l'hôtel, avec arrêt dans une église et devant un groupe de musiciens de rue.
Par yasaka20
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Dimanche 28 décembre 2008
Pour le week-end du 11 novembre, j'avais pris 4 jours pour faire le pont. Direction Munich, pour laquelle il y avait les offres les plus intéressantes aux heures les plus convenables.

Levé 5 heures du mat, pour un décollage à 8 h 15.
Vol plein, comme quoi les Français sont capables de se lever tôt quand il s'agit de partir en vacances.

A Munich, aéroport comme neuf, impeccable. Pour se rendre dans le centre ville, le mieux est de prendre la S-Bahn, sorte de RER. Les distributeurs sont tout sauf clairs, car il y a une quantité incroyable de tiquets possibles. Le mieux est d'opter pour la carte à la journée toutes zones, qui coûte 18 €, que l'on soit 1, 2, 3, 4 ou 5 personnes.
Le trajet jusqu'à la gare principale (Hauptbahnhof) dure 45 minutes.

La gare, justement, est un petit bijou d'architecture des années 1970 du style le plus fringant qui soit. On pourrait presque croire qu'elle a d'abord servi de centre de rétention pour la police de la RDA. Elle est toutefois pratique, car elle comprend tous les services, de la location de voitures à la restauration, et de son parvis partent presque toutes les lignes de tramway. Y convergent aussi toutes les lignes de métro et S-Bahn.





L'hôtel se trouvait à 5 minutes à pied de la gare, il s'agissait du Mercure. Très bon Mercure, avec un décor théâtral, et un très bon accueil. Baignoire dans la salle de bains, entrée, grande chambre, avec grands lits jumeaux à l'allemande. La fenêtre donnant sur cour, la chambre était on ne peut plus calme.






Retour à la gare, pour prendre le tram n° 17 en direction du château de Nymphenburg. Il s'agit d'une ancienne résidence des Wittelsbach, famille de Louis II de Bavière et de sa cousine Sissi l'impératrice. Le château se trouve dans la ville, au nord-ouest du centre, dans un quartier aéré et résidentiel.

Sa façade est assez imposante, avec son pavillon central, carré, de 3/4 étages, et ses pavillons un peu plus bas, dans un style proche du baroque italien. Autour, des allées et contre allées, et à l'avant, un canal et un bassin, partiellement à sec. Dans les parties en eau, des cygnes, symboles de la famille Wittelsbach.

L'intérieur est assez décevant. Dans les 2 ailes se trouvent les appartements du prince et de la princesse, avec des pièces assez peu entretenues et peu meublées. On peut noter toutefois quelques jolis meubles en marquetterie, et une pièce avec des porcelaines, et un très beau décor baroque.

Il faut toutefois voir la superbe salle de bal, avec ses hautes fenêtres, ses fresques, ses miroirs et son balcon.

Il n'en demeure pas moins que je recommande cette visite, car le château est quand même beau, et constitue une très agréable promenade, grâce au grand parc qui se trouve à l'arrière.







Le temps commence à se découvrir, et devient même franchement beau au fil du temps. Retour vers le centre ville, par le même tramway, puis par la S-Bahn, jusqu'à la Marienplatz.







Pour se repérer à Munich, c'est très simple. Le centre ville est traversé d'ouest en est par une grande rue piétonne, l'artère principale, les attractions les plus intéressantes n'étant jamais à plus de quelques centaines de mètres au nord ou sud. A l'extrémité ouest, la gare, et à l'extrémité est, Marienplatz, le coeur de la ville, où se trouve la mairie, et plusieurs églises.







Arrivée sur la place à 15 heures, juste à temps pour entendre toutes les cloches de toutes les églises de la ville battre à toutes volées. Concert magnifique, qui donne un air de fête exceptionnelle.

La faim tiraillant l'estomac, il est temps de faire une petite pause au café Rischart, qui donne sur la place. C'est un vrai café allemand. Au rez-de-chaussée, on trouve la boutique, de type grande boulangerie patisserie. Et à l'étage, le café, avec ses grandes baies vitrées sur la place, et ses étals de gros gâteaux tous plus appétissants les uns que les autres.



Après cette longue pause bien méritée, direction le Viktualien Markt, ou marché aux victuailles, juste au sud-est de la place. C'est un grand marché, quotidien, avec des boutiques de nourriture, où l'on peut s'installer, debout, pour prendre une saucisse avec une bière. Sur le trottoir, une rangée de charcuteries remet tout de suite en appétit.




Après quelques courses dans la rue piétonne, c'est la montée à la tour de l'église, qui, après 3-400 marches, offre une superbe vue sur la ville. Superbe coucher de soleil.









Au pied de la tour, un commissariat de police. Les policiers allemands ne roulent pas en 307 ou Ford Mondéo cabossée !



La nuit tombée, suite des courses, puis il est l'heure (6 h 30) d'aller manger. Ce soir, comme c'est samedi, la Haufbraühaus s'impose. C'est la brasserie principale de Munich, et la plus typique. Dans une grande salle, des dizaines de tables, où s'installent des centaines de personnes, dans un brouhaha indescriptible. Dans un coin, quelques musiciens, en culotte de peau, une choppe de bière à leurs pieds, soufflent dans leurs instruments à vent, des airs folkoriques, qui ajoutent à l'ambiance. De temps en temps, une table se met à chanter, une autre taper des mains, les chopes s'entrechoquent.





Quant à la nourriture, c'est saucisses, et chopes de bière d'1 litre, apportées par des serveuses, capables d'en porter plusieurs dans chaque main. Ce qui peut faire jusqu'à 10 kilos par main !

Sur le chemin de la brasserie, je me suis perdu. Cherchant mon chemin, je me suis retourné, et suis tombé sur cet homme. Je n'ai pas douté un seul instant de sa capacité à me remettre sur la bonne route.


Par yasaka20
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Vendredi 26 décembre 2008
Ce week-end là a eu lieu la commémoration du dixième anniversaire du jumelage entre Losheim am See, commune de Sarre, en Allemagne, et de La Croix Saint Ouen, dans l'Oise, près de Compiègne. Cette cérémonie a eu lieu en Allemagne, la cérémonie française est pour l'année prochaine.

Nous nous sommes d'abord retrouvés entre amis, ou en familles d'accueil. Personnellement, j'ai évidemment passé la journée du samedi avec mes amis, à manger les spécialités locales, notamment les bons gateaux, et boire du riesling, avant une promenade digestive dans la forêt.

Le samedi soir, dîner dans la salle des fêtes, avec discours. Et le dimanche, cérémonie officielle, avec disours également, musique, etc. Dans ces circonstances, je ne peux jamais oublier l'histoire de nos deux pays.

Mes grands-parents ont souffert deux guerres mondiales. Deux des plus grosses catastrophes de l'histoire de l'humanité. Et mes parents, tout petits, ont subi le traumatisme de la seconde, puisque ils  sont nés au tout début. Prises d'otage, bombardements, maison détruite, faim, réquisitions, pillages, attente du père ou du mari, etc. Le pire que l'on puisse vivre, et que nous, n'ayant connu que la paix et l'abondance, ne pouvons (heureusement) pas comprendre ni imaginer.

De l'autre côté de la frontière, finalement, les mêmes traumatismes, avec, en plus, la culpabilité encore tenace.

Mais dans les ruines encore fumantes, les armes encore chaudes, malgré la haine apparemment insurmontable et les traumatismes encore bien ancrés, quelques hommes, héros de la guerre, sont devenus des héros de la paix. Je veux parler des De Gaulle, des Adenauer, des Schumann, etc. Ces hommes, contre vents et marées, ont eu le courage immense de tendre la main à leur ancien ennemi, et de bâtir une paix solide et durable.

Ils y ont entraîné, presque forcé leurs peuples, qui, malgré toute cette haine emmagasinée pendant des décennies, malgré les souffrances subies, ont répondu positivement, sans se faire prier.

Plusieurs exemples sont pour moi frappants.

Un exemple célèbre, la chanteuse Barbara, qui a subi de plein fouet la barbarie nazie, et qui malgré tout a composé la chanson "Göttingen". Il y a des gens que j'aime à Göttingen, bel et émouvant exemple de pardon et de réconciliation.

Mes parents. Enfants pendant la guerre, père pris en otage, maison détruite, ils sont aujourd'hui heureux de rencontrer et accueillir leurs amis allemands.

Mes grands-parents, qui ont vécu deux guerres en direct, et qui accuillaient à bras ouverts mes correspondants.

Et enfin, un exemple d'héroïsme pacifique : un homme de ma famille, né en 1909. Enfant en 14-18, il habitait au nord de l'Oise. Sa maison se trouvait sur la ligne de front, au point que le puits servait de ravitaillement  tantôt aux Français tantôt aux Allemands, une trève étant systématiquement respectée lors de chaque ravitaillement. Quand sa maison a été détruite, il s'est réugié dans ma famille avec sa mère et sa soeur. Le reste de sa famille est parti dans une autre direction, s'est réfugiée à Noyon, où elle a péri dans le bombardement de la cathédrale.

Mobilisé pendant la Seconde Guerre Mondiale, il s'est retrouvé face à un parachutiste allemand. Il n'avait qu'à appuyer sur la détente pour sauver sa peau, mais il a pris le risque de le faire prisonnier. Jusqu'à la fin de sa vie, il a toujours été fier de montrer sa médaille, et surtout fier de ne pas avoir tué son ennemi.

Il a également toujours accueilli les correspondants allemands.

Je repensais à toutes ces personnes pendant la cérémonie du dixième anniversaire du jumelage, assis entre mes amis allemands, puis debout en train de chanter ensemble l'hymne allemand puis la Marseillaise.

Je pensais aussi que nos deux pays, co-responsables des deux premières guerres mondiales, se devaient d'être co-responsables du retour à la paix et du maintien de cette paix. Cette responsabilité incombe à nos pays et à leurs peuples, c'est à dire vous ou moi, et nous devons faire perdurer cette paix.

A la fin de cette année, mes amis allemands viendront à Paris. Bon repas et bon vin en perspective. La normalité en somme.

Ein Prosit, et une bonne santé à nos deux peuples et à notre amitié.
Par yasaka20
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