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Les pensées de Pascal

Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 22:05
Henri Proglio, le nouveau patron d'EDF, ne cesse actuellement de faire parler de lui. En cause, ses revenus, qui s'élèveraient à 2 000 000 € (2 millions d'euros) annuels.

Salaire que je consière, pour ma part, comme démesuré. Non pas que cet homme soit incompétent, je n'ai pas d'élément pour en juger. J'essaie simplement d'imaginer ce que je ferais avec une telle somme. Et je constate que je n'en ai pas encore dépensé le quart de la moitié que hop, tombe le deuxième million. Encore plus angoissant que le mythe de Sisyphe !

Pendant ce temps, j'entends dire, ici ou là, que c'est la crise, qu'il faut baisser les salaires pour sauver les entreprises. J'entends dire aussi, de la bouche de monsieur Proglio, que pour sauver EDF, il faut augmenter considérablement le prix de l'électricité, déjà bien cher pour un nombre important de personnes.

Cela dit, cet homme est à la tête de l'une des plus grosses entreprises françaises, qui fournit du travail à près de 150 000 personnes, de l'énergie à 40 millions de clients, et qui dégage un chiffre d'affaires de plusieurs dizaines de milliards d'euros par an. En supposant que monsieur Proglio soit à la hauteur de sa fonction et que ses décisions soient bonnes pour l'entreprise et par conséquent pour la France (il s'agit bien d'une entreprise des plus stratégiques), il doit forcément mériter un salaire parmi les plus élevés, dont le maximum est encore à débattre.

Parallèlement, je suis tombé récemment, par hasard, sur les revenus de certains artistes. Et parmi les 10 plus riches, pour l'année 2008 qui trouve t-on ? Surprise : Renan Luce, un million d'euros ; Christophe Maé, 2,1 millions d'euros (!). Et à la deuxième place, coiffant le belgo-suisse Johnny au poteau : Bénabar, l'auteur de la chanson La P'tite Monnaie, avec 2,3 millions d'euros.

On peut apprécier, voire aimer Bénabar. On peut même lui trouver du talent. Tous les goûts doivent être respectés. Personnellement, vous aurez compris que je l'apprécie guère. Je trouve à sa musique un faux air de ce que faisaient les comiques troupiers d'avant guerre, les Ouvrard, Fernandel ou Maurice Chevalier.

Malgré cela, on ne trouve personne pour critiquer ses revenus, aussi élevés que ceux du patron d'EDF. Et pourtant, la chanson populaire, même si elle doit exister, n'a aucun intérêt stratégique.  Contrairement à EDF, qui fait tourner mon ordinateur, ainsi que ma radio, qui passe Bénébar à longueur de journée. Je n'irai tout de même pas jusqu'à demander à celui-ci de reverser une partie de sa fortune à monsieur Proglio. N'exagérons rien.

Voilà, Benjamin Biolay peut se rendormir tranquille. La nouvelle tête de Turc de Bénébar, maintenant, c'est moi ! Par contre, s'il veut passer ses nerfs sur moi, il va falloir qu'il s'aventure en dehors des restaurants étoilés. Et accessoirement, je lui rappelle que je fais du sumo !

Allez, pour les prochains thèmes, on revient au plaisir, ceux du vin par exemple.
Par yasaka20 - Publié dans : Les pensées de Pascal
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 21:59
Que sait-on au juste sur la grippe A ? Finalement, rien, ou presque. La Roselyne nous disait l'autre jour, que la grippe A était dangereuse, qu'il fallait à tout prix se faire vacciner, que la situation était grave, qu'il y avait des morts. Combien ? 120 sur 4 millions de personnes atteintes. Trop certes, mais très peu comparé à bon nombre d'autres risques que nous vivons et acceptons quotidiennement.
L'autre message est celui que j'entends tous les matins à la radio, à savoir que la grippe n'est pas une maladie anodine.

J'entends également que le vaccin a des effets secondaires, qui seraient pires que la maladie elle-même.

Quant aux informations, elles n'informent évidemment pas, se contentant de faire dans l'alarmiste et le sensationnel : un mort par ci, une école fermée par là, une personne ayant mal réagi au vaccin, des queues importantes dans les centres de vaccination. Donc pas d'information. Surtout pas.

Pourquoi ? Serions-nous trop bêtes pour comprendre ? Les grands principes de l'éducation moderne veulent que l'on explique aux enfants pourquoi on leur interdit ou on les oblige à faire quelque chose. Si on sanctionne un enfant, on doit lui expliquer pourquoi. Mais un adulte, non. Il doit se faire vacciner, un point c'est tout. Les enfants seraient donc suffisamment intelligents pour comprendre, mais en grandissant, on perdrait de l'intelligence. Brel aurait raison : "plus on devient vieux, plus on devient con", et pas seulement quand on est bourgeois.

Le résultat ? une décridibilisation de nos élites, avec le risque d'une efficacité moindre de toutes les politiques de santé publique.

Malgré tout, certaines personnes se donnent la peine de nous expliquer ce qu'il en est. En lisant le blog d'Hervé Bizeul (voir dans mes liens), j'ai trouvé un article extrêmement intéressant, complet et clair, qui nous explique tout sur la grippe A/H1N1. Les caractéristiques du virus, son évolution, ses mutations, les risques encourus en cas de maladie, l'historique des grippes du même type, les effets de la vaccination, etc. On apprend vraiment beaucoup de choses, et on se demande pourquoi aucun media ne l'a dit plus tôt et plus fort.

Un article un peu long à lire, mais qui vous fera économiser des heures d'écoute d'informations alarmistes et complètement inutiles.

Cet article ne nous donne pas de solution, ne nous dit pas s'il faut se faire vacciner ou non. Il nous explique, en nous prenant pour des gens adultes et responsables.

Pour le lire, cliquer sur ce lien.
Par yasaka20 - Publié dans : Les pensées de Pascal
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /2009 18:12
Dans Le Monde hors série sur la chute des régimes communistes est-européens en 1989, Adame Michnik, dans un entretien fort intéressant, parle d'une "révolution sans violence, sans utopie ni projet".

Loin de moi la prétention de remettre en cause les propos de monsieur Michnik.

Mais en lisant cette phrase, je me posais la question de ce que pouvait signifier le mot "utopie".

Si l'on s'en tient aux définitions les plus courantes, l'utopie serait une société idéale et parfaite.

En 1989, que réclamaient les peuples d'Europe centrale et orientale ? Simplement la possibilité de vivre librement et confortablement. Et si c'était çà l'utopie ? Etre libre, manger à sa faim, avoir un toit, et un minimum de confort matériel dans une société en paix.

Beaucoup de personnes rêvent de cela. Beaucoup d'idéologies, comme le communisme, ou de religions, promettent beaucoup plus. N'arrivant pas à tenir leurs promesses, mais ne voulant pas le reconnaître, elles dévient invariablement vers le totalitarisme, l'extrémisme, le fanatisme.

Paix, liberté, confort, sont des mots qui font moins rêver que les grandes idées, mais ils sont beaucoup plus accessibles et réalistes, malgré les innombrables difficultés à les mettre en place.

L'utopie ne serait-elle pas, alors, cette forme de réalité ?

Dans ce cas, les ouvriers de Gdansk et les manifestants de Leipzig de 1989 avaient une utopie.
Par yasaka20 - Publié dans : Les pensées de Pascal
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /2009 17:51
Voilà, sans m'en rendre compte, cela fait un an que j'ai créé ce blog. Et pour son premier anniversaire, je rédige le 190ème article.

C'est donc le moment de faire un petit bilan.

Bilan chiffré d'abord : en un an, il y a eu plus de 1 600 visites et près de 3 000 pages vues. Cela paraît important, mais ce ne sont finalement que 5 visites par jour, à comparer aux centaines, voire aux milliers de visites que reçoivent certains blogs. Il s'agit en outre essentiellement de visites provenant de moteurs de recherche. Ce blog ne reçoit presque pas de visites directes, ce qui ne m'étonne pas, puisque j'aborde plusieurs thèmes fort différents. J'imagine que les blogs spécialisés reçoivent beaucoup plus de visites directes.

Suite du bilan : ai-je bien fait de rédiger ce blog ?

190 articles en un an, cela signifie plus d'un article tous les deux jours. Si l'on enlève les périodes de voyage et les périodes d'indisponibilité (sortie, sport, etc.), cela fait finalement presque un article par jour. Cela représente une certaine contrainte, car un article doit être pensé, rédigé, corrigé, il faut trier, copier, insérer des photos, etc. La rédaction d'un article peut dès lors très facilement prendre plus d'une heure.

Mais je ne le regrette pas, pour les raisons suivantes.

Lorsque je voyage, lorsque je goute un vin, lorsque je lis un livre, lorsque je vois une émission, je ressens, comme tout un chacun beaucoup d'impressions, j'ai alors envie de me poser, de réfléchir à ce que je viens de voir, entendre ou gouter, et de le mettre noir sur blanc, pour mieux l'organiser et m'en souvenir par la suite. Mais la vie étant ce qu'elle est, je ne le fais jamais. Le blog me sert finalement de carnet de notes, notes de voyages, notes de dégustation, notes de lecture. Et même si ces articles n'atteignent pas nécessairement des sommets, le fait d'être potentiellement lu par d'autres personnes, le fait que ces notes soient exposées au grand public m'oblige à les rédiger complètement, de façon cohérente, et le plus sérieusement possible. Le fait d'être publié donne une responsabilité.

On n'est pas seulement derrière un écran. A titre d'exemples, mon article sur les propos de Frédérique Hermine, au sujet du sake, dans l'émission In Vino de BFM, ont entraîné dans les heures qui ont suivi une réaction, sous forme de commentaire, de la part de l'intéressée. Quant au petit article sur Ruinart, il a été lu par le chef de cave de cette maison.

Ensuite, ces notes vont être (parfois, ou peut-être) lues par d'autres. C'est alors un moyen de partager ses expériences et ses impressions. Il y a une envie, un besoin, de la plupart d'entre nous de s'informer, et ce sur de nombreux sujets. Mais beaucoup de ces sujets ne sont pas abordés par les média officiels (presse, radio, télévision).

On s'aperçoit en effet que malgré l'existence d'internet et des moyens de communication illimités, les informations sont certes nombreuses, mais peu variées. On sort encore très peu des sentiers battus.

J'ai été surpris de voir que sur de nombreux sujets, la majorité de mes articles étaient très bien référencés sur les moteurs de recherche. Tapez sur Google "Meilleure marque de chocolat", et vous verrez que mon blog arrive en 3ème position. Il ya donc un réel besoin, que peu remplissent. Je me rends même compte que cette faible variété d'information ouvre un boulevard aux bloggueurs.

Sujets traités peu variés, mais aussi traités d'une façon relativement uniforme. Un blog permet donc de faire entendre des voix qui jusqu'à présent ne pouvaient pas se faire entendre. Le blog ouvre un espace de liberté. Le risque, bien entendu, est que n'importe qui s'exprime n'importe comment sur n'importe quoi.

Mais ceci est la rançon de la liberté. Au début, çà part dans tous les sens, mais au final, on imagine, ou on espère, que ne resteront que les meilleurs. Un nombre important de blogs sérieux et de qualité est un contre pouvoir à l'emprise des politiques, des media officiels, des industriels et des publicitaires. A condition évidemment de faire le tri. A condition également que les bloggueurs restent dans leur rôle de citoyens responsables, et ne cherchent pas à s'improviser journalistes ou politiques, ce qui ne ferait que remplacer les blogs par des annexes virtuelles de café du commerce.

Sur ce, je vous donne rendez-vous, non pas dans un an, mais dès demain, pour l'article suivant.

P.S. Je n'ai toujours pas de gagnant pour mon concours : où se trouve ce yakirori ? La bouteille est toujours là, elle vous attend !
Et il y a même une deuxième bouteille, à gagner pour le 100ème commentaire. Condition : que ce commentaire vienne d'un particulier (donc pas d'un site publicitaire) et qu'il ne soit qu'en un exemplaire. Il est évident que tout commentaire en plusieurs exemplaires, ou non pertinent, sera supprimé. A vos claviers, et à bientôt !
Par yasaka20 - Publié dans : Les pensées de Pascal
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Samedi 26 septembre 2009 6 26 /09 /2009 17:17
Un vaste débat est actuellement en cours, sur la nécessité d'interdire ou non le port de la burqa. C'est un sujet toujours délicat pour un pays démocratique, qui plus est laïque, d'interdire. Interdiction signifie atteinte à la liberté religieuse, à la liberté du choix du mode de vie, atteinte à l'identité, voire racisme. Ne pas interdire signifie que l'on va laisser s'exprimer, au risque de s'étendre, des pratiques et des idées qui vont à l'encontre des valeurs républicaines, démocratiques et laïques.

Un pays démocratique doit-il interdire l'action et l'expression de ceux qui veulent détruire la démocratie, la question n'est pas nouvelle, et elle n'a toujours pas trouvé de solution.

En l'espèce, que signifie finalement le port de cette burqa ?

La burqa est définie comme un vêtement couvrant tout le corps de la femme, ne laissant rien apparaître, même pas les yeux, cachés derrière un grillage. Il existe une variante, le niqab, qui ne laisse voir que les yeux.

Même si c'est un phénomène encore rare en France aujourd'hui (évalué à quelques centaines, peut-être un peu plus), le port de ce type de vêtement met toujours mal à l'aise.

L'argument le plus souvent invoqué est l'intolérable soumission de la femme, son emprisonnement, son enfermement, sa négation. Même dans la rue, la femme est isolée du reste de la société. On peut par contre imaginer une femme portant volontairement la burqa, sans aucune contrainte ; lui interdire serait considéré comme une négation de sa liberté par les intégristes.

Ce qui choque le plus, est finalement beaucoup plus profond que la simple soumission de la femme. L'inégalité des sexes et le machisme existent encore, à des degrés divers et le port de la burqa n'en représente pas une variante. Cela va beaucoup plus loin qu'un retour avant le féminisme des années 1960-70. Le malaise vient du fait que l'on se trouve confronté à une manifestation d'extrémisme et d'intégrisme religieux, à un refus de respecter les valeurs, l'identité et la culture du pays dans lequel on se trouve. Et sous-jacent à ce refus, on perçoit même une volonté de nier, voire détruire, les valeurs, l'identité et la culture du pays accueillant.

Alors pour défendre nos valeurs de liberté et de laïcité, faut-il interdire ces manifestations vestimentaires ?

Imaginons une loi. Elle devra d'abord définir le vêtement à interdire : burqa, niqab, etc. Cela signifie a contrario qu'elle ne fera rien contre les autres manifestations d'intégrisme, beaucoup plus nombreuses. L'arbre cachera la forêt, et l'extrémisme ne reculera pas.

Bien au contraire, car il aura alors un boulevard pour s'exprimer, et se faire passer, en toute mauvaise foi, pour une victime de racisme, et d'atteinte à la liberté religieuse. Le risque, en ne prenant qu'une mesure symbolique, est donc de renforcer l'intégrisme.

Imaginons toutefois que la loi est votée, avec une définition claire de ce qui est interdit.

Que se passera t-il si une femme en burqa se promène dans la rue ? La police peut-elle l'appréhender ? Un tribunal peut-il la condamner, elle, que l'on considère comme une victime ? Peut-elle condamner le mari, qui jurera ses grands dieux qu'il n'a rien imposé à sa femme, et contre laquelle il va se venger dès que la justice aura tourné le dos ?  En résumé, la mise en pratique de cette interdiction sera t-elle possible ? Personnellement, j'en doute.

Finalement, il serait peut-être plus efficace de discréditer ces manifestations d'extrémisme et d'intolérance. Comment ? Par exemple en lançant la mode de la burqa, pour en détourner le sens : multiplication des formes, des coupes, des couleurs, des motifs ; burqa longue, burqa au dessus des genoux, burqa décolletée dans le dos, burqa laissant voir le nombril avec le piercing ; burqa rose, burqa arc en ciel, burqa Hello Kitty, burqa Dolce et Gabbana avec un grillage en métal argenté bling-bling, etc.

La dérision ne victimise pas, elle discrédite, et représente une expression joyeuse et non agressive de la liberté.

Sinon, il y a la solution Groland...
Par yasaka20 - Publié dans : Les pensées de Pascal
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