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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 20:26

Désolé, c'est effectivement les vacances, donc pour les jeux de mot haut de gamme et inventifs, il faudra repasser après la rentrée. Pour le moment, parlons d'une destination qui fait rêver : l'Ile Maurice.

On imagine tout de suite les plages de sable fin, les beaux hôtels, le luxe, le soleil, les tropiques. Effectivement, c'est tout à fait çà. On imagine aussi que çà ressemble à la Martinique, la Guadeloupe ou la Réunion, c'est à dire à un département français à la population créole à dominante afro-européenne francophone.

Pourtant, cette dernière phrase contient plusieurs erreurs. D'abord, Maurice n'est pas un département français, mais un territoire indépendant. Elle a été occupée par les Hollandais, les Français, avant d'être récupérée par les Anglais, qui sont décidément les champions du vol de colonies et du pillage de ce que les prédécesseurs ont laissé.

Lorsque les Anglais ont récupéré l'île, elle était francophone, et elle l'est toujours dans la pratique. Pour être plus précis, je dirais que c'est un pays anglophone dont la langue dominante est le français, ce qui n'est pas pour déplaire à mon chauvinisme.

Pourtant, la population n'est pas à dominante française, ni africaine, mais indienne. C'est même surprenant de voir, dès l'avion, le personnel de bord typé indien, avec des prénoms comme Rajiv ou Indira, et s'exprimant en français avec un accent créole comme on pourrait en trouver dans nos départements d'Outre-Mer.

Ensuite, Maurice est un tout petit pays. C'est même une petite île, perdue au large de l'Agrique, du côté de Madagascar et de la Réunion. J'ai donc l'impression qu'il ne s'y passe pas grand chose. En effet, en entendant les informations dans le taxi, j'ai vite compris que les informations locales se limitaient à des faits divers parfois plus folkloriques que dramatiques, et que la population locale était très au courant de ce qu'il se passait en Europe (la Coupe d'Europe, les championnats de foot, les frasques en scooter de notre président, etc.). Quant au niveau d'insécurité, lorsque j'ai posé la question à notre chauffeur de taxi, il m'a répondu que vu la taille et la forme de l'île, les voleurs ne peuvent jamais courir bien loin.

Cela dit, même si l'influence européenne est forte, l'environnement ressemble plus à l'Afrique qu'à un D.O.M. Même si la population ne semble pas très pauvre, du moins ne semble pas en manque, il n'en demeure pas moins que le pays n'est pas riche. Les maisons ont une apparence rudimentaire, mal finie, les voitures sont basiques, beaucoup de chiens errent sur le bord des routes, qui ne sont pas d'une grande qualité.

SPECIAL VACANCES : A LILLE CHEZ MAURICE

Autre différence majeure avec un département d'Outre-Mer, la forte proportion indienne dans la population. De ce fait, on trouve des temples indiens un peu partout, et la cuisine est aussi très marquée par l'Inde. Evidemment, tout cela est mélangé avec un peu d'Europe, un peu d'Afrique, et un peu de christianisme. C'est enfin une population plutôt accueillante et tranquille, du moins d'après ce que j'ai pu voir en simplement une petite semaine.

Dernière impression générale, c'est un pays cher. Même les restaurants en dehors des zones pour touristes ne sont pas donnés. Par exemple, compte tenu du niveau de vie local, je trouve qu'un plat à 10 €, certes bon marché par rapport à Paris, est cher. Je suis curieux de savoir quels endroits fréquente ou quels prix paie la population locale.

SPECIAL VACANCES : A LILLE CHEZ MAURICE
SPECIAL VACANCES : A LILLE CHEZ MAURICE
SPECIAL VACANCES : A LILLE CHEZ MAURICE
SPECIAL VACANCES : A LILLE CHEZ MAURICE
SPECIAL VACANCES : A LILLE CHEZ MAURICE
SPECIAL VACANCES : A LILLE CHEZ MAURICE

Pour le reste, on trouve évidemment ce qui fait rêver, à savoir des hôtels de luxe, donnant sur l'Océan Indien et ses multiples couleurs superbes. L'intérieur du pays est plus ordinaire, les montagnes ne sont pas très hautes, les paysages ne sont pas les plus spectaculaires, l'agriculture est dominée par la canne à sucre.

En ce qui concerne l'hôtel (Constance Belle Mare), il était très confortable, d'un luxe sans ostentation. Tout était juste, rien n'était de trop. La nourriture était excellente, j'ai même cru comprendre que cet hôtel était réputé pour sa gastronomie. Nous avons même discuté avec une sommelière, mauricière passionnée, qui a participé au concours du meilleur sommelier de l'île. Une jeune femme modeste, souriante, très sympathique, et à la passion communiquante. L'hôtel est constitué de nombreux bâtiments discrets, l'ensemble est très vert, très aéré, on ne se sent pas dérangé par les autres clients.

Enfin, le personnel est très souriant, poli, aimable, mais sans obséquiosité, de façon très naturelle et agréable. Ce n'est ni guindé ni prétentieux, tout sonne juste. Un défaut : on n'a pas envie d'en sortir, juste y rester tranquillement pour se reposer : luxe, calme et volupté.

SPECIAL VACANCES : A LILLE CHEZ MAURICE
SPECIAL VACANCES : A LILLE CHEZ MAURICE
SPECIAL VACANCES : A LILLE CHEZ MAURICE
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SPECIAL VACANCES : A LILLE CHEZ MAURICE
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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 20:38

Avant de prendre l'avion pour des destinations lointaines, je vérifie souvent l'itinéraire. Non que je pense pouvoir changer la route, mais simplement pour vérifier le nom des contrées que nous allons survoler. Il est en effet toujours bon de savoir qui se trouve en dessous, s'il s'agit d'une population hostile ou amicale, s'il est armée ou non. De plus, si l'on doit atterrir au milieu d'un pays tiers, il vaut mieux savoir sur quels terrains nous pouvons nous aventurer.

Pour l'Ile Maurice, le point positif est que nous n'avons pas à survoler ni l'Ukraine ni la Syrie. Par contre, il restait la Libye, l'Egypte, le Soudan et la Somalie. Le mieux est finalement l'ennemi du bien, ou plutôt le pire est l'ennemi du mauvais.

Toutefois, avant de survoler ces contrées inquiétantes, nous avons pu profiter d'un beau spectacle, en survolant d'abord les Alpes, puis le Stromboli crachant sa fumée, droite, horizontale, interminable voile de mariée s'étirant au milieu de ces îles embrumées posées sur la mer bleue.

VOL AU DESSUS DU STROMBOLI
VOL AU DESSUS DU STROMBOLI
VOL AU DESSUS DU STROMBOLI
VOL AU DESSUS DU STROMBOLI
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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 19:53

Par un week-end d'août gris et frais, direction la Brière, zone de marais près de Saint-Nazaire. Rendez-vous était pris chez Guérin, à la Mare aux oiseaux. Très bon repas, dans un site reposant, puis café dans le jardin, au milieu des oiseaux.

Mais auparavant, nous avons découvert les marais depuis un bateau à fond plat. Visite guidée, dans un paysage très plat, où l'eau se confond avec le ciel et avec la terre. Rien n'est parfaitement délimité. Des oiseaux s'envolent par moments, on croise de rares bateaux. Sur le côté, les herbes cachent les oiseaux, et quelques huttes de chasseurs. Un monde à part, calme, flottant, presque hors de la civilisation. On se rappelle alors Maupassant et sa nouvelle Sur l'eau.

Au retour, près de Saint-Nazaire, nous apercevons les navires Mistral, construits sans être livrés. Retour à la civilisation, sa stupidité et ses incohérences. Mais ceci est une autre histoire.

LA BRIERE
LA BRIERE
LA BRIERE
LA BRIERE
LA BRIERE
LA BRIERE
LA BRIERE
LA BRIERE
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LA BRIERE
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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 21:14

J'ai dû attendre mon dixième voyage au Japon pour découvrir ce site, dont je n'avais jamais entendu parler. Pourtant, sans exagérer (je n'exagère jamais), c'est une merveille.

Madame Mihoko KOYAMA disposait de quelques moyens financiers et d'une fort belle collection d'oeuvres d'arts, essentiellement asiatiques. Elle a fondé une secte bouddhiste, dont le but était, en résumé, d'apporter la paix par la contemplation des oeuvres d'art (là, je résume vraiment).

Pour ce faire, elle a choisi un lieu, en pleine nature, dans le parc naturel des montagnes de Shiga, au sud-est de la ville de Kyôto.

Elle a ensuite choisi un architecte pour construire un musée dans ce superbe endroit. L'architecte n'était autre que Ieoh Ming Pei, l'architecte ayant rénové le Louvre et construt la Pyramide.

J'avoue que le résultat est superbe, rappelant le Louvre par le choix des matériaux, mais totalement différent dans l'esprit. Là où le Louvre reste un musée majeur, majestueux, cherchant à en imposer par sa taille et la profusion de ses collections, le Musée Miho est très japonais, dans sa simplicité, la sérénité et la concision de son esthétique, et la précision du choix des oeuvres exposées.

D'emblée, voici le site du musée, plutôt mal fait, d'ailleurs, çà mériterait mieux. Vous y trouverez toutefois les informations pratiques, surtout le moyen de vous y rendre (il faut par exemple 1h30 depuis Kyôto, d'abord en train puis en bus, c'est donc une excursion d'une journée) : http://www.miho.or.jp/french/index.htm

Le jour où nous nous sommes rendus dans ce lieu, il fait plus de 35 degrés à Kyôto, c'était la journée la plus chaude de la semaine, cette journée dans les salles climatisées du musée au milieu de la forêt dans les montagnes a été merveilleuse.

Après un trajet en bus, nous arrivons sur une zone d'accueil, bien aménagée, avec boutique, restaurant... Puis, à pied ou en petite voiture électrique, il faut se diriger vers l'entrée d'un long tunnel, courbe, ne laissant pas voir tout de suite la sortie. Nous sommes hors du temps, les parois métalliques du tunnel reflètent les lumières. A la sortie, il faut passer sur un joli pont à haubans. Nous sommes alors réellement dans un autre univer, face à un bâtiment perdu au milieu de la verdure.

JAPON : LE MUSEE MIHO
JAPON : LE MUSEE MIHO
JAPON : LE MUSEE MIHO
JAPON : LE MUSEE MIHO
JAPON : LE MUSEE MIHO
JAPON : LE MUSEE MIHO

Le bâtiment est simple, et rappelle un sanctuaire shintô. Entouré d'abre, il domine une petite place. Un escalier bordé de lampes permet d'y accéder. L'entrée, tout en verre, est surmontée d'un grand toit. Une porte vitrée, dans laquelle a été dessiné un cercle, s'ouvre sur un hall aux murs et au sol recouverts de pierre de Bourgogne, baigné par un lumière zénithale tamisée.

Le mélange entre le musée du Louvre et l'ambiance "zen", très japonaise, est déroutant. En pénétrant dans ce hall, l'oeil est attiré par le fond, constitué d'une immense baie vitrée, donnant sur la montagne et la forêt, très dense et très verte. Au premier plan, un pin se découpe, tel une peinture orientale. Nous sommes réellement dans un autre monde : un Orient idéalisé.

JAPON : LE MUSEE MIHO
JAPON : LE MUSEE MIHO
JAPON : LE MUSEE MIHO

Le hall est le point le plus haut du musée. Le reste est au rez-de-chaussée ou au sous-sol, afin que le bâtiment se confonde avec la nature. Tout est parfaitement agencé et aménagé, très clair, le restaurant est agréable, et les collections, très belles, sont superbement présentées.

Il faut certes un peu de temps pour s'y rendre, l'excursion prend toute une journée, mais après tout, c'est en endroit qui mérite que l'on prenne son temps. A visiter par une chaude journée de printemps, mais l'hiver sous la neige ou l'automne avec ses feuilles multicolores, ce doit être somptueux. Et je ne parle pas de la période des cerisiers en fleurs, lorsque ces derniers se reflètent dans les arrondis métalliques du tunnel.

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 21:14

Je répète souvent que les journalistes sont nuls. Je sais, je généralise. D'aucuns disent que j'exagère. Peut-être. Mais peut-être pas tant que cela. Combien de fois par jour je m'énerve face à une imprécision, une inexactitude, voire une malhonnêté, qui montrent que visiblement le journaliste n'a pas réfléchi avant de parler ou écrire. Les exemples sont nombreux au quotidien.

Deux exemples, hier, parmi d'autres.

Sur l'Ukraine, l'un des principaux sujets de distorsions dans la pésentation de l'information : en gros, des Hollandais auraient peut-être trouvé des fragments d'un missile russe. Si l'on lit d'un oeil ou que l'on écoute d'une oreille, on peut penser qu'ils ont trouvé quelque chose, qu'il ne manque que peu de choses pour que ce soit confirmé. En réalité, c'est juste peut-être, on ne sait pas grand chose de plus qu'il y a un an, ce n'est donc pas une information, mais une intox. On fait le buzz, on crée le doute, puis le soufflet retombe. Deuxième élément, l'origine du missile, soit disant russe, donc on peut penser qu'il a été tiré par l'armée russe. En réalité, il est de fabrication russe, donc il peut équiper n'importe qu'elle armée ou n'importe quel groupe situé sur le territoire de l'ancien bloc soviétique. En attendant, le doute est semé : calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.

Second sujet, le redémarrage de centrales nucléaires au Japon. On peut trouver déraisonnable de faire fonctionner des centrales nucléaires dans le pays le plus sismique du monde. On peut aussi s'opposer à l'augmentation de la pollution par les centrales au charbon, entraînant des morts prématurées dans la population japonaise, sans parler des mineurs chinois qui se tuent dans les mines. D'autres arguments, dans un sens ou dans l'autre, peuvent être avancés, à chacun de se faire son opinion. La question, en réalité, n'est pas là.

Je veux simplement critiquer le raccourci fait par nos médias, qui répètent à longueur de journée que les japonais sont contre le nucléaire. Cette affirmation est fausse, en tant que telle, et présentée de cette façon. L'opinion des Japonais est en réalité complexe et difficile à déterminer. Pour autant, deux choses sont certaines. D'abord, il est exagéré d'affirmer que les Japonais sont opposés au nucléaire, mais il faudrait dire que sur 1 000 personnes interrogées lors d'un sondage récent, 570 se sont déclarées défavorables. Cela n'est pas forcément représentatif de la population dans sa totalité, surtout quand on connaît la fiabilité des sondages. Ensuite, une autre chose est sûre, à savoir qu'une majorité d'électeurs (parmi ceux qui se sont exprimés) ont voté pour l'actuel Premier Ministre Shinzo Abe, dont le programme contenait clairement le redémarrage des centrales nucléaires. Dans une démocratie, une élection est le seul mode de représentativité valable. Evidemment, cela ne signifie pas pour autant que la population jaonaise est favorable au nécléaire, je pense qu'il faut fortement nuancer. Mais après tout, on n'est pas obligé d'être manichéen, et rien n'interdit aux journalistes de nuancer, l'information gagnerait en richesse et en crédibilité.

Et maintenant, Mesdames et Messieurs, je vous ai gardé le meilleur pour la fin, la perle des perles, sortie tout droit du site internet du Figaro (rassurez-vous, les concurrents ne sont pas meilleurs).

Le titre de l'article est le suivant : "JAPON : UBER DANS LE COLLIMATEUR DES AUTORITES"

J'écris le titre ici, au cas ils penseraient à le changer prochainement. Et en lien, l'article lui-même, que je vous laisse savourer, avec son titre original pour le moment, peut-être modifié par la suite.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/08/11/97001-20150811FILWWW00209-japon-uber-dans-le-collimateur-des-autorites.php

Et après, on dit que c'est moi qui exagère !

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 21:22

Ma femme n'aime pas le sauvignon. Je peux bien la comprendre, car ce cépage, mal travaillé, peut donner des vins à l'acidité redoutable, le genre de vin qui fait frissonner de déplaisir en donnant l'impression de raboter la langue et de déchausser les dents.

Pourtant, il est des vins de sauvignon qui se vendent très chers, ceux de feu Didier Dagueneau, star de l'appellation Pouilly-Fumé, et de son fils, qui a repris la production sans trahir la philosophie de son père.

Face à des vins de ce prix, on se demande toujours si la notoriété est méritée, ou bien si elle n'est pas surtout due à un effet de mode. J'ai donc décidé de casser ma tirelire, et d'en sortir un bille de 100 € (tout de même) pour le donner aux caves Augé, en échange d'une fort jolie (et fort lourde) bouteille de la cuvée Silex, millésime 2009.

Evidemment, c'est un vin que l'on réserve pour une occasion, et que l'on ne boit qu'en petit comité, et non lors d'une soirée au cours de laquelle tout le monde s'amuse et porte peu d'attention à la qualité des boissons.

Nous avons donc dégusté, religieusement, ce vin sorti du réfrigérateur quelques minutes à l'avance, pour ne pas le boire glacé.

Autant le dire tout de suite, c'est bien un grand vin. Le nez est extrêmement complexe, il présente des arômes de bougeon de cassis (forcément), mais légers et fins, d'orange, de cailloux (il m'a effectivement rappelé l'odeur de la grande de mes grands-parents, en Eure-et-Loire, constuite en silex), la fleur d'oranger, etc. Même après aération, les arômes se succédaient, sans exubérance, poliment, les unes après les autres.

Mais c'est surtout la bouche qui est magnifique. On dirait presque un bourgogne, mais sans le gras, ni le caramel. C'est très doux, du vrai velours, avec une grande longueur, mais une longueur respectueuse, pas agressive, pas puissante, juste fine et présente.

Ce n'est pas un vin de méditation dans la mesure où il n'est pas austère, mais c'est un vin de dégustation, qui n'impressionne pas, mais caresse, et demande à ce qu'on prenne son temps. Et en effet, on a envie de prendre son temps et de lui en consacrer. Ce n'était pas un magnum, dommage.

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 21:17

A l'occasion du 70ème anniversaire de la destruction de la ville de Hiroshima par le premier bombardement atomique de l'histoire (suivi 3 jours plus tard par un second bombardement atomique sur la ville de Nagasaki), Arte a diffusé un film, intitulé de façon un peu racoleuse "Hiroshima, la véritable histoire".

Ce film retrace l'histoire du bombardement, de sa préparation jusqu'à la gestion de la ville après la fin de la guerre. De nombreux témoignages peuvent y être entendus, de Japonais ayant subi le drame, directement ou indirectement, ou d'Américains y ayant participé.

Certains faits sont connus, d'autres moins, voire pas du tout. Par exemple, il est dit clairement qu'avant le bombardement, les Japonais avaient déjà demandé à négocier la fin des hostilités. Par ailleurs, les militaires japonais savaient qu'une attaque d'un genre inédit se préparait, mais n'ont rien entrepris pour détruire les bombardiers. Pire, ils n'ont pas davantage réagi lors de l'attaque contre NAgasaki. D'après le film, on ne sait toujours pas pourquoi.

Le film rappelle également que le Japon était à cette époque exangue, qu'il n'était plus en état de se battre, et qu'il n'était pas nécessaire de l'envahir, ce qui tord le coup au mythe (auque je ne croyais plus depuis longtemps) que la bombe a sauvé la vie de nombreux soldats américains.

Enfin, concernant l'après-guerre, il est enfin dit clairement que l'armée américaine n'a en rien aidé la population, la laissant dans le dénument le plus total, sans davantage d'aide des autorités japonaises, abandonnée à la faim, la misère et aux mafias. Pire, l'armée américaine a construit un centre dans lequel des victimes étaient amenées non pour être soignées mais pour y être étudiées et ainsi servir de cobaye. Ce fait est d'ailleurs mentionné par Hashizume Bun dans son livre "Le jour où le soleil est tombé".

Ce film est donc venu confirmer et renforcer mon opinion au sujet de ce bombardement, que je considère définitivement comme inutile. C'est un crime contre l'humanité, l'un des plus graves avec l'holocauste, mais pour lequel aucune excuse n'a jamais été présentée.

Le rôle de ces bombes étaients donc les suivant.

1. La justification des budgets mobilisés. Au cours des années 1930 et pendant la guerre, plusieurs pays étudiaient la possibilité de fabriquer une bombe nucléaire. Les Etats-Unis se sont donc lancés dans un programme de grande ampleur, extrêmement coûteux.

Toutefois, leur ennemi principal, l'Allemagne, abandonne son projet. De plus, l'Allemagne finit par être vaincue. Malgré cela, il fallait justifier les dépenses engagées, en utilisant la bombe, quitte à trouver une justification militaire.

En résumé, puisque on a commencé à dépenser beaucoup d'argent pour ce projet, il faut le continuer jusqu'au bout et utiliser la bombe obtenue. Je pense que c'est la principale justification de l'utilisation de cette bombe.

2. Impressionner Staline. Il était clair que la guerre avait renforcé l'Union Soviétique, et qu'une lutte d'influence allait se développer. Il fallait donc être le premier dans la course aux armements qui n'allait pas tarder à démarrer. Avoir la bombe donnait le leadership militaire.

3. Une expérience in vivo et à grande échelle. Faire exploser des bombes dans le désert c'est bien, mais l'utiliser sur une vraie ville, c'est mieux. Pour preuve, les villes qui ont été préselectionnées pour être bombardées avaient été laissées intactes, afin de bien étudier les effets de la bombe atomique. Ensuite, deux types de bombes ont été utilisées, au plutonium sur Nagasaki, et à l'uranium sur Hiroshima. Enfin, comme mentionné précédemment, de nombreuses études et expériences ont été effectuées sur la population, sans aucun respect pour sa dignité.

Une telle expérience aurait-elle été réalisée sur une ville allemande, et sur la population de ce pays, d'origine européenne comme la population états-unienne ? Je laisse la réponse en suspens.

Evidemment, le Japon peut être accusé de crimes pendant son expansion impérialiste, même certains faits mériteraient d'être étudiés plus attentivement, mais rien ne justifie ce crime, toujours pas condamné de nos jours.

Comme on dit, l'Histoire est écrite par les vainqueurs.

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 20:28

Pour faire suite à l'article précédent sur Miyajima, voici quelques images en noir et blanc de l'allée qui mène au sanctuaire en longeant la mer.

Elle passe sous un torii blanc, qu'il ne faut pas confondre avec le célèbre torii rouge, qui lui a les pieds dans l'eau et marque l'entrée du sanctuaire pour ceux qui y pénètrent en venant du large.

MIYAJIMA EN NOIR ET BLANC
MIYAJIMA EN NOIR ET BLANC
MIYAJIMA EN NOIR ET BLANC
MIYAJIMA EN NOIR ET BLANC
MIYAJIMA EN NOIR ET BLANC
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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 20:56

C'est certainement l'un des lieux les plus célèbres du Japon, et l'un des plus touristiques. Son grand torii rouge planté dans la mer est célèbre, il est même considéré comme l'une des trois plus belles vues du Japon.

Le lieu est donc très touristique, et si l'on ajoute la forte population de daims, comme à Nara, cela n'incite guère à la méditation. De plus, en regardant le torii depuis le sanctuaire, on peut parfaitement voir l'urbanisation et les industries.

Lors de mon premier séjour, j'avais eu un temps couvert, et comme on était en mars, les cerisiers n'étaient pas encore fleuris. Comme beaucoup, j'avais été déçu par le torii, tout tordu, et moins joli à marée basse, mais le sanctuaire m'avait beaucoup plus.

J'avais décidé de gravir la montagne, mais à pieds, et il s'était mis à tomber une pluie battante, rendant les rochers extrêmement glissants. Au sommet, j'étais tout seul, même les singes qu'il ne fallait pas nourrir étaient cachés. J'avais juste croisé une Australienne, fort sympatique, petite et ronde dans son imperméable rose et sous sous parapluie rouge. Elle m'avait demandé si j'avais vu des singes (did you see any monkeys ?), ce à quoi j'avais répondu que nous étions les seuls singes osant sortir par un temps pareil.

La seconde fois, c'était en mai. Les cerisiers n'étaient pas non plus en fleurs, mais le temps était superbe, avec juste ce qu'il faut de brume pour ne pas voir l'urbanisation sur le continent.

L'accès à l'île se fait par bateau JR, donc gratuit pour les détenteurs du JR Pass (soit dit en passant). Nous traversons les parcs à huîtres, avant d'apercevoir l'île, et son torii, qui se rapprochent. Le bateau passe très près avant d'accoster.

RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA

A la sortie de la gare, un chemin longe la mer. Bordé de pins japonais grâcieux, il surplombe une petite plage. Les daims sont légion, broutent les pins. Les lanternes et le torii de pierre rappellent que nous sommes dans un lieu religieux. Peu à peu se dessin le profil du torii. Il est très noueux, alors qu'il paraît lisse sur les photos.

RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA

Face au torii, sur la terre, se dresse le sanctuaire, très plat, très graphique, sur ses pilotis, moitié sur terre, moitié dans l'eau, entre deux mondes, se reflétant partiellement sur la mer et le sable mouillé. Un couple de mariés, en kimono ajoutent au décor. Vision fugitive.

RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA

Après un déjeuner dans une gargotte sympathique, nous décidons de monter au sommet de l'île, mais cette fois-ci par le téléphérique. La montée est superbe, face à la montagne à la végétation luxuriante. Pour qui vient pour la première fois au Japon, la densité de la végétation est une surprise.

A l'arrivée, il faut encore marcher pour arriver au sommet. Le chemin dégage des vues superbes sur la mer, aux couleurs tropicales, ponctuée de nombreuses îles à la véfétation dense et aux petites criques de sable blanc.

Le chemin conduit à de nombreux temples, dédiés à une myriade dieux tous plus sympathiques et originaux les uns que les autres. On est au Japon : la spiritualité est partout, tout comme l'exubérance et l'originalité. Dans ce pays, les surprises nous guettent à chaque coin de rue ou chaque détour de chemin.

RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA

L'excursion étant assez longue, le soleil est donc plus rasant quand nous revenons en bas. Le torii est beaucoup plus beau (selon mon goût), à contre-jour et avec moins de monde. C'est marée basse, quelques petits groupes marchent sur le sable. L'atmosphère est paisible.

Nous reprenons les bateau, en observant le torii s'éloigner dans le couchant.

RETOUR A MIYAJIMA
RETOUR A MIYAJIMA
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RETOUR A MIYAJIMA
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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 20:35

Au Japon, les touristes ont l'habitude de visiter des villes souvent modernes et moches (disons que leur beauté est ailleurs), ou bien des villes, des villages ou des quartiers construits en bois. Il est rare de trouver des villes anciennes en matériaux durs.

Pourtant, il en existe, et Kurashiki est l'une d'entre elles. Située dans la partie ouest du pays, près d'Okayama, en direction de Hiroshima, elle possède un centre ville entièrement constitué de kura, c'est à dire de bâtiments construits en dur, et chargés d'abriter les denrées alimentaires, surtout le riz.

Ce sont généralement des bâtiments d'un étage, peints en blanc, disposés le long de ruelles pleines de charme, ou au bord du canal qui traverse la ville. Evidemment, son charme en fait une ville très touristique, et toute la partie centrale offre de nombreuses boutiques, restaurants, souvenirs, et boutiques de jeans. En effet, Kurashiki est aussi la capitale du jean japonais, réputé pour sa grande qualité.

Il est donc très agréable de se promener, le long du canal, puis dans les ruelles, entre les nombreux touristes ou les collégiens et collégiennes qui rentrent à la maison. Vous pouvez même vous arrêter pour admirer la caserne des pompiers, bâtiment également traditionnel, tout mignon avec sa porte en bois, juste reconnaissable à la présence d'une tourelle portant la sirène.

KURASHIKI
KURASHIKI
KURASHIKI
KURASHIKI
KURASHIKI
KURASHIKI
KURASHIKI
KURASHIKI
KURASHIKI

En dehors de se promener, d'admirer les maisons, de visiter les boutiques et prendre l'amosphère de la ville, il faut absolument visiter le musée Ohara. L'entrée, surprenante, est constituée d'un fronton à la grèque. Les collections, essentiellement impressionnistes, sont exposées dans des bâtiments traditionnels, séparés par de jolis jardins. La collection, à l'image de l'endroit, est de toute beauté.

Les bâtiments et le jardin sont soignés, comme ces pins, taillés épine par épine, quasiment à la pince à épiler.

KURASHIKI
KURASHIKI
KURASHIKI
KURASHIKI
KURASHIKI

La visite de la ville prend une journée. Ce peut être une pause bienvenue après la visite de villes plus trépidantes. On s'y rend généralement en un quart d'heure de train JR depuis Okayama.

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