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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 12:25

Dans la RVF de mai 2015, Denis Saverot nous révèle que sa femme et sa belle-mère ne jurent que par les bordeaux, alors qu'au contraire, certains bars ou restaurants actuels (il cite le 6 Paul Bert) ne servent aucun vin de cette région (si si, vous avez bien lu).

Il est vrai que les bordeaux ont leurs fans et leurs détracteurs, tous ayant le même degré de mauvaise foi. J'avais un ami qui allait même plus loin, ne buvant, lui, que du Saint-Emilion. Pauvre homme. J'ai toujours considéré cela comme une forme de snobisme, et un manque flagrant d'ouverture d'esprit.

En tout cas, cela prouve une chose, à savoir que comme le champagne, le bordeaux ne laisse pas indifférent, et est un passage obligé en matière de vin, une référence. On peut rester neutre vis-à-vis de n'importe quelle région, mais il est difficile de ne pas prendre parti avec bordeaux. Etre anti bordeaux est donc déjà un hommage à cette place prépondérante.

La raison de la désaffection de certains vis-à-vis des vins de la Gironde viendrait de l'augmentation des prix des grands crus. Cela est vrai pour les grands crus, mais les facteurs sont à mon avis plus divers.

D'abord, je trouve que le nom de bordeaux a été galvaudé, étant utilisé à la fois pour les crus les plus prestigieux du monde et pour des vins qui se revendiquent "grand vin de bordeaux" alors qu'ils mériteraient à peine d'être classés en vins de pays de la Gironde. Tout n'est pas bon dans cette région, loin s'en faut, le nom n'est pas gage de qualité, il faut donc (mais c'est le cas finalement de toutes les régions viticoles reconnues dans le monde) faire l'effort de sélectionner.

Ensuite, beaucoup réduisent le nom de bordeaux aux simples grands crus et en oublient les moins réputés. Alors qu'en champagne, les plus grands sont des locomotives et tirent les plus petits, par un système resssemblant à une charte de qualité, il n'y a pas forcément de lien entre les plus grands et les plus petits. Pire, les premiers ont tendance à cacher l'existence des petits. Pourtant, certains méritent vraiment d'être découverts.

Enfin, il existe une grande variété de snobismes. Tout accepter ou tout refuser en sont les deux facettes les plus extrêmes. Il y a le snobisme de ceux qui méprisent le manque de prestige de ce qui n'est pas bordelais, mais il existe aussi le snobisme de ceux qui pensent faire preuve d'originalité et de personnalité en refusant tout ce qui est bordelais.

Un vrai connaisseur ne doit pas se laisser abuser par l'étiquette, et doit rechercher son plaisir (et celui des autres pour un professionnel) en allant vers le vin, en sortant des sentiers battus, mais sans rejeter a priori ce qui est reconnu.

Le 6 Paul Bert cité en exemple fait preuve de snobisme, voire d'incompétence, voire les deux.

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 20:25

Visite rapide cette année au salon de la RVF, sans préparation. Sur place, j'ai trouvé relativement peu de monde, comparativement aux autres années. J'ai eu aussi l'impression qu'il y avait aussi moins d'exposants. Je suis donc resté sur ma soif. J'ai même eu l'impression que certains producteurs annoncés dans le catalogue n'étaient pas présents.

Toutefois, j'ai pu faire quelques dégustations intéressantes.

histoire de m'ouvrir le palais, j'ai commencé par du sake, celui de la maison Dassai. Deux cuvées étaient à découvrir, la 23 % et la 50 %. Les explications étaient données par une jeune femme sympathique et compétente. Je connaissais déjà les sake de cette maison réputée, donc pas de grande surprise. J'ai toutefois appris que Sylvain Huet, samourai de sake, professionnel compétent et sympathique de cette boisson, organisait un salon les 31 octobre et 1er novembre prochains. Renseignements à venir sur le site www.academiedusake.org. J'attends l'événement avec impatience.

A côté des Japonais, les Chinois tenaient un stand pour présenter certains vins de leur pays. Il faudra que j'en goute à l'occasion.

Le stand suivant était tenu par la maison de champagne Maurice Grumier, propriété familiale située à Venteuil. Quatre cuvées étaient à déguster. Un rosé de saignée, Les Rosiers, vineux. Le Brut Blanc de Noirs et l'Instant Nature Zéro Dosage étaient des champagne classiques et bien faits. La Cuvée Armand Extra Brut m'a davantage surpris, avec ses arômes rappelant un vin liquoreux, presque un tokaji. Très intéressant.

Peu motivé par ce qui était présenté cette année, j'ai continué par le château d'Esclans, propriété de Sacha Lichine, célèbre pour vendre le rosé le plus cher du monde. Le stand était tenu par un jeune homme connaissant bien la propriété, très aimable, et sans aucune arrogance. Parfaitement conscient que les visiteurs venaient à son stand par curiosité, il les accueillait avec simplicité et décontraction. Que valent donc les rosés de la maison ?

D'abord, j'ai été surpris de constater qu'il existait 4 cuvées de rosé, mais aussi deux rouges et un blanc. 100 % à base de rolle, c'est un excellent blanc, bien gras, et parfaitement équilibré. A 30 € c'est cher, mais la qualité est tout de même là. Passons maintenant aux rosés. Le Whispering Angel (17 €) est peu aromatique mais très fin, avec une bouche suffisamment grasse pour avoir de la présence, mais sans aucune lourdeur.

Rock Angel (22,50 €) est plus épicé, avec de beaux arômes de garrigue, et un boisé extrêmement bien maîtrisé. Les Clans (55 €) présente un style proche, mais moins exubérant et plus fin. Le boisé est toujours bien intégré. Enfin, le fameux Garrus est très fin, gras comme il faut, et ce qui toujours difficile sur un rosé, a un boisé également parfaitement intégré.

Ces vins valent-ils leur prix ? Le représentant de la propriété m'a évidememnt affirmé que les lourds investissements, ainsi que le travail conséquent à la vigne et au chai justifiaient ces tarifs. Personnellement, je pense que rien ne justifie qu'un vin soit vendu plus de 40 ou 50 €, en dehors de la loi du marché. Je considère que rien ne justifie qu'un rosé soit vendu à 80 € la bouteille, mais si le marché l'accepte, après tout, tant mieux pour le domaine.

Quoiqu'il en soit, et en dehors de l'aspect du prix, je reconnais qu'il s'agissait d'exellents vins, et que c'était la première fois que je dégustais des rosés qui avaient autant de finesse et de présence, et qui pouvaient aussi bien rivaliser avec d'excellents blancs. J'ajouterais aussi un mention pour l'accueil au stand.

Quand à être dans la curiosité, j'ai ensuite décidé de m'arrêter chez Hammel, stand présentant des vins suisses, du canton de Vaud. J'ai été reçu par un Australien, apparemment oenologue, fort sympathique, qui a pris tout son temps pour me faire découvrir toutes les cuvées présentes sur le stand.

J'ai fini par me perdre à force gouter autant de cuvées. Je retiendrais toutefois un intéressant chardonnay, très différent de ce que l'on peut trouver en Bourgogne. Une curiosité, un merlot blanc de noir, sur la cerise. Et des rouges très aromatiques, à base de cépages locaux, gamaret ou garanoir, ou les deux, je ne me souviens plus bien. L'un d'entre eux étaiet parfait, en accompagnement du chocolat au lait et au poivre de tasmanie. J'ai passé un très bon moment sur ce stand.

J'ai fini par le stand Valade et Transandine, qui présentait des vins d'Australie. J'avoue que j'avais une opinion négative des vins de ce pays. Il y a encore quelques années, je considérais que c'était, avec les Etats-Unis, le pays aux vins les plus chimiques, les plus caricaturaux et les plus raccoleurs du monde. J'ai toujours cette impression pour les Etats-Unis, même si je n'en ai bu que peu.

Par contre, j'ai eu l'occasion de découvrir des vins australiens qui ont fait évoluer mon opinion, notamment des vins très frais et très fins. Sur le salon, toutefois, je n'ai rien découvert d'extraordinaire, même si certaines cuvées étaient très bonnes. En blanc, le sauvignon m'a paru manquer d'acidité et de tranchant. Je préfère largement ce que j'ai déjà bu de ce cépage en provenance du voisin néo-zélandais.

Les rieslings avaient vraiment un goût de riesling et n'étaient pas trop lourds. Le Grosset Springvale étaient même complexe, avec de la personnalité. En rouge, les cuvées de millésimes récents étaient savoureuses, mais sans être marquantes. Quant aux millésimes plus anciens, ils étaient certes bons, mais trop présents en bouche. Des vins typiques pour écraser les concurrents lors de concours, mais parfaitement imbuvables au cours d'un repas, sauf à se contenter d'une gorgée par convive.

Enfin, j'ai bien apprécié le D'Arenberg The Nostalgia Rare, vin rouge issu partiellement de solera, dans un style Pedro Ximenez, en moins oxydatif. Une bonne surprise.

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 20:47

Okayama est une petite ville, du moins à l'échelle du Japon, puisque elle ne compte que 700 000 habitants. C'est une préfecture, située au bord de la mer, sur une ligne de Shinkansen.

Toutefois, elle nous a donné l'impression d'être quelque peu endormie. Evidemment, la gare est importante, toute propre, moderne, et renferme de nombreux commerces, à la japonaise, et même un hôtel, le Via Inn, directement accessible depuis la gare.

Entre parentèses, l'hôtel était vraiment très bien, très propre et confortable, avec tous les services voulus, distributeurs automatiques, machines à laver, et un accueil parfait. La réception se trouve à l'étage, et dispose d'une grande verrière sur les voies ferrées. Quant aux chambres, petites comme au Japon, elles sont impeccables. La nôtre donnait sur la gare, les voies ferrées et la place avec ses lumières et ses écrans.

OKAYAMA ET SON JARDIN

Autre parenthèse, qui ne va intéresser que les passionnés de trains, j'y ai même vu le Shinkansen série 500, que je pensais retiré du service. Il en reste, uniquement utilisés en Kodama. A mon goût, le plus beau train du monde.

OKAYAMA ET SON JARDIN

Revenons au sujet, Okayama. La nuit, la place de la gare est lumineuse, mais la ville ne semble pas très dynamique. C'est apparemment pareil dans la journée, où tout semble bien tranquille. Toutefois, étant située sur la route entre Osaka et Hiroshima, et non loin de Shikoku, on peut s'y arrêter, pour visiter son jardin, et faire quelques excursions dans les environs, comme à Kurashiki.

La jardin de Korakuen est l'un des plus beaux du jardin. Il est immense, et comprend des espaces de pelouse, ainsi que des ruisseaux, des arbres, des pavillons, comme un paysage naturel reconstitué. Au fond du jardin, le château, noir, comme celui de Matsumoto. Toutefois, il est beaucoup moins beau, car reconstruit après la guerre, donc avec un intérieur moderne.

Le jardin m'a moins plu que celui de Kanazawa, mais peut-être le temps y était-il pour quelque chose, car l'ensemble est tout de même élégant, et très bien entretenu, les pins étant comme d'habitude soignés à la pince à épiler. Les grands espaces plats et les recoins escarpés alternent avec élégance et sérénité. Il faut y marcher tranquillement, et se laisser gagner par la majesté des lieux.

OKAYAMA ET SON JARDIN
OKAYAMA ET SON JARDIN
OKAYAMA ET SON JARDIN
OKAYAMA ET SON JARDIN
OKAYAMA ET SON JARDIN

En sortant, il est possible de faire quelques achats dans la ville, dont on rejoint le centre par des tramways de style ancien, mais au décor amusant.

OKAYAMA ET SON JARDIN
OKAYAMA ET SON JARDIN
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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 21:14

Lors d'un séjour au Japon, le circuit touristique le plus classique reste sur la côte est, et suit généralement la ligne Tôkyô, Kyôto, Osaka, hiroshima-Miyajima. C'est déjà bien et cela permet d'avoir un bon aperçu du pays. Il manque toutefois dans ce périple un élément culturel important, bains japonais, ou onsen. En suivant la même ligne, on peut s'arrêter à Hakone, non loin de Tôkyô, ce qui permet, avec beaucoup de chance, d'apercevoir le Mont Fuji.

Toutefois, les onsen étant une composante majeure du pays, ils sont extrêmement nombreux, et peuvent se trouver dans tout le pays. Par exemple, à partir de Kyôto ou Osaka, il est relativement aisé de se rendre à Kinosaki, sur la côté ouest du pays, au nord-ouest de Kyôto.

On peut s'y rendre depuis cette dernière par le train, en 2 heures et demie environ. L'idéal est d'y passer deux nuits, pour avoir le temps d'en profiter et de bien se détendre. Il faut d'abord choisir un ryôkan agréable, disposant de bains, et permettant de manger des spécialités locales, comme le crabe.

Les ryôkan mettent en général à disposition un yukata, ou kimono de coton, avec des soques en bois, ce qui permet de se promener en ville et d'aller dans les nombreux bains qui s'y trouvent. C'est un peu difficile au début de se promener en peignoir dans la ville, qui plus est en ayant l'impression d'être déguisé en Japonais, mais çà fait partie du voyage.

Une fois habillé (déguisé ?), partons faire un tour en ville. Celle-ci est assez petite, et s'étire au fond d'une vallée le long d'une petite rivière bordée d'abres et de maisons anciennes. C'est très joli, hors du temps, et ce en toutes les saisons.

KINOSAKI ONSEN

On peut aussi avoir un aperçu de la ville depuis les hauteurs, accessibles par un funiculaire desservant une zone en hauteur, dans la forêt. Bien entendu, en plus d'y admirer la vue, on peut aussi faire une prière au petit temple qui protège le lieu.

KINOSAKI ONSEN
KINOSAKI ONSEN

On peut aussi trouver des temples et des santuaires dans la ville, comme le Gokurakuji, temple situé derrière on onsen Mandara-yu. C'est un temple très joli, avec un beau jardin, et juste à côté se trouve un bassin avec petit sanctuaire, des nénuphars et de nombreuses statues, notamment d'animaux.

KINOSAKI ONSEN
KINOSAKI ONSEN
KINOSAKI ONSEN

A force de marcher, il se peut que les getas vous fassent mal aux pieds. Vous pouvez alors vous arrêter pour vous tremper les pieds dans des bassins d'eau chaude. Il y en a même un à côté de la gare. L'eau chaude sert aussi à faire cuire des oeufs. On peut en acheter en ville, ils sont vendus dans des filets que l'on attache au dessus de l'eau chaude dans laquelle trempent les oeufs. Quand ils sont cuits, il ne reste plus qu'à les manger, en sirotant une bière locale, les pieds dans l'eau. Apéritif très relaxant.

KINOSAKI ONSEN

Toutefois, le principal est de se baigner tout le corps dans un onsen. Par exemple, le bâtiment sur la photo ci-dessous est un établissement de bain. Je n'ai photographié que l'extérieur. C'est plus difficile à l'intérieur, étant donné que tout le monde est complètement nu et que l'humidité est partout.

KINOSAKI ONSEN

Enfin, l'heure du dîner venue, vous pourrez vous sustenter sans problème, la nourriture étant chose sacrée au Japon, il est impossible d'y mourir de faim, et presque impossible d'y mal manger. Au fait, vous avais-je dit que la spécialité locale était le crabe ?

KINOSAKI ONSEN
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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 20:56

La France serait un pays conservateur. Je dirais plutôt que c'est un pays immobile, qui n'aime pas évoluer, mais qui a honte de ses traditions. Plutôt que des traditions, la France a des habitudes, qu'elle garde sans savoir pourquoi, et qu'elle essaie parfois de supprimer, également sans savoir pourquoi, donc à mauvais escient.

Parmi ces habitudes figurent l'enseignement du latin et les réformes de l'éducation nationale. La dernière réforme en date, énième du nom, cherche justement à réformer le latin, voir à le supprimer. Le débat fait rage dans le monde du mammouth obèse, chacun avançant ses arguments.

Etant sorti de l'école depuis longtemps et n'ayant pas d'enfant scolarisé, je ne me permettrais pas d'intervenir dans le débat sur les aspects pratiques, organisationnels de l'enseignement. Toutefois, je suis un ancien enfant, un ancien écolier, je constate au quotidien ce que l'enseignement m'a apporté de positif et de négatif, ainsi que ses lacunes. Je constate aussi les lacunes d'un enseignement plus récent sur les jeunes que je cotoie, en privé ou en entreprise, et sur les personnes qui s'expriment dans les médias.

J'avoue que les arguments avancés en faveur comme en défaveur du latin ne sont vraiment pas convaincants.

Ma vision de l'ensegnement, certes théorique, est la suivante. Son but devrait être d'éduquer, c'est à dire de donner aux enfants un maximum d'éléments leur permettant de faire face à tous les aspects de leur vie d'adulte. Cela passe donc par un ensemble de matières directement utiles et de matières moins directement utiles, afin de leur apporter des connaissances, mais aussi la curiosité, l'envie d'apprendre, l'esprit critique (dans le bon sens du terme), la rigueur intellectuelle, et des capacités à réfléchir. Cet enseignement devrait être modulé en fonction des besoins de chaque époque, ainsi que des appétences et des capacités de chaque élève. Il est évidemment idiot d'enfermer tous les élèves dans un même moule, il est tout aussi idiot de privilégier les plus doués en abandonnant les moins favorisés, tout comme il est aberrant de retenir les plus doués sous prétexte de construire un enseignement égalitaire.

Le débat sur l'enseignement du latin, et les arguments des uns et des autres est le reflet de l'incapacité de nos gouvernants de construire cet enseignement permettant à chacun d'apprendre et de progresser, en ayant un fonctionnement intellectuel aussi large que rigoureux.

Pourquoi faudrait-il supprimer le latin ?

Ce serait une matière inutile. C'est en partie vrai, même si le latin, langue racine du français, peut aider à sa compréhension, lexicale, syntaxique, culturelle, civilisationnelle. Il est indispensable de bien maîtriser sa langue, ainsi que la culture qui l'accomagne, et pour cela, le latin ne me paraît pas si inutile.

Par ailleurs, s'il fallait n'enseigner que des matières utiles, il faudrait aussi supprimer l'histoire, la géographie (un bon GPS et Google Map sont largement suffisants), la philosophie, la physique (inutile pour un agent immobilier, un gardien de la paix, un employé de banque...), etc. Il suffirait de réserver ces matières aux cursus spécialisés. N'apprenons qu'à parler et compter, le reste est a priori inutile.

Enfin, l'argument de la suppression de matières inutiles ne tiendrait que si l'enseignement des matières utiles était renforcé. Or, je ne constate pas, dans les dernières générations, une amélioration de la compétence en français, ni en langues étrangères. Je constate même que l'on réduit l'apprentissage des langues étrangères à celui de l'anglais, alors que la mondialisation nécessite de connaître de mieux en mieux les langues et les cultures de nos partenaires (ce que l'anglais ne permet pas, quoiqu'on en dise).

Le deuxième argument en défaveur de l'enseignement du latin (et du grec et de l'allemand d'ailleurs) est son caractère élitiste et inégalitaire. Autrement dit, l'enseignement de matières dites difficiles exlurait les catégories de population les moins favorisées.

Cet argument, honnêtement, me fait bondir. C'est ni plus ni moins que la reconnaissance de la faillite de notre système éducatif. Il est évident que chaque discipline présente des difficultés. C'est le rôle de l'Education Nationale d'accompagner chaque élève afin qu'il progresse en surmontant ces difficultés. Certes, certains y arriveront mieux que d'autres, mais il en va ainsi de toute discipline. Ne pas enseigner une difficulté pour ne pas défavoriser les moins bons est du pur nivellement par le bas, conduisant les plus favorisés financièrement à fréquenter une éducation parallèle, créant ainsi une inégalité encore plus forte, et une forme d'élitisme par l'argent.

Au contraire, le rôte de l'Education Nationale est d'accompagner tous les élèves, sans abandonner les moins doués, mais sans retenir les plus doués, en gardant une harmonie sociale. Laisser une partie de la population sur le bord de la route est inacceptable. Laisser toute la population au bord de la route est un abandon de notre civilisation. Notre pays doit se construire avec tous ses citoyents, chacun devant avoir sa place, en acceptant que tout le monde ne pourra pas être ministre.

Enfin, le troisième argement, budgétaire, n'est pas recevable, dans la mesure où l'enseignement est un investissement, même s'il n'est pas quantifiable. Si l'Etat veut un retour sur investissement, la meilleure solution est alors de privatiser l'enseignement. Privatisons alors aussi les routes, les hôpitaux, l'armée, la police, et supprimons l'Etat.

Néanmoins, faut-il pour autant continuer à enseigner le latin, du moins de la façon dont il a été enseigné pendant des décennies ? Quels arguments sont-ils avancés en sa faveur ?

Le premier argument, en réalité sous-jacent, mais que personne n'ose prononcer à haute voix, est un argument de gestion administrative. En effet, supprimer ou réduire fortement l'enseignement des langues mortes conduirait à supprimer les professeurs correspondants. Ayant formé des professeurs de langues mortes, il faut bien continuer à leur faire enseigner leur matière, quand bien même celle-ci ne serait plus adaptée. Ne pouvant toutefois le dire tout haut, il devient nécessaire de faire appel à d'autres arguments.

Le principal d'entre eux serait que le latin faciliterait l'apprentissage d'autres matières, notamment les mathématiques ou l'allemand. C'est une forme d'apprentissage indirect. Je pense toutefois qu'il faut apprendre une matière d'abord pour elle-même, avant de chercher à l'utiliser pour apprendre autre chose, si besoin. Ensuite, une fois la discipline bien maîtrisée, il est bien entendu préférable d'en élargir le champ de vision. On va donc apprendre une langue pour elle-même, en commençant par tous les composants (grammaire, vocabulaire, prononciation...). Ensuite, il sera indispensable d'élargir ses connaissances à la culture qui accompagne la langue. Enfin, cette langue pourra être utilisée, si besoin, pour aborder d'autres langues de la même famille.

Evidemment, il existe des méthodes d'apprentissage plus efficaces que d'autres, une forme d'aprentissage indirect pourra être parfois préférable. Mais apprendre une discipline pour en apprendre une autre est une aberration. Plusieurs personnes, de la génération de mes parents, m'ont toujours soutenu que le latin les avait aidées pour l'apprentissage des mathématiques ou de l'allemand.

Il est vrai que plus on apprend, plus on sait apprendre. L'exercice intellectuel induit par l'apprentissage d'une discipline va forcément favoriser l'apprentissage d'autres matières. Mais cela est vrai pour tout. On pourrait alors très bien pousser l'absurde jusqu'au bout, en enseignant l'araméen (langue de Jésus Christ, donc base de notre civilisation judéo-chrétienne), pour faciliter l'apprentissage de la physique ou des mathématiques ? Si je regarde ma propre expérience, j'ai obtenu mes meilleurs résultats en mathématiques en terminale, année où j'ai abandonné le latin, mais surtout année où j'ai le plus travaillé les mathématiques. Ayant toujours eu un niveau faible en latin, ce dernier ne m'a vraiment été d'aucune utilité pour l'apprentissage d'une quelconque matière.

Il en va de même pour l'allemand, que je parle couramment, et qui a toujours été l'une de mes matières de prédilection. J'étais déjà le premier de ma classe dans cette matière en 6ème et 5ème, alors que j'ai commencé le latin en 4ème. Par contre, mes parents, forts en latin (d'après leurs dires), n'ont jamais été capables d'aligner deux phrases de suite en allemande, et ce malgré l'aide précieuse de latin. Il va toutefois sans dire que le latin n'est pas d'une grande aide pour l'apprentissage de l'allemand, dans la mesure où cette dernière est une langue germanique. Certes, le latin possède un système complet et cohérent de déclinaison, mais c'est le cas (si j'ose dire) de nombreuses langues, dont les langues slaves, l'islandais, ou le hongrois. A la limite, en tant que langue germanique, l'islandais serait plus utile à l'apprentissage de l'allemand que le latin.

Par contre, pour faciliter un apprentissage, je préconise d'apprendre l'allemand avant l'anglais, du moins pour les Français, l'anglais étant un dérivé du français et de l'allemand. Mais évidemment, cela ne doit se faire que si on a envie d'apprendre l'allemand.

Faut-il pour autant supprimer la latin ? En tant que langue obligatoire, ou option à part entière, peut-être. Toutefois, l'abandonner purement et simplement ne me paraît pas judicieux. Il ne faut pas oublier que le latin est notre racine linguistique, culturelle, civilisationnelle, et qu'il a de ce fait une grande utilité. Il aide à comprendre notre histoire, notre présent, notre langue. De même, l'apprentissage, à l'université, d'une base de linguistique historique (c'est à dire d'allemand ancien) m'a beaucoup aidé non pas à l'apprentissage proprement dit, mais à la compréhension de l'allemand moderne.

Il faudrait alors non pas apprendre le latin pour lui même, mais l'intégrer dans un enseignement du français plus "musclé", plus complet, plus performant. Le latin au service du français, en quelque sorte, pour une meilleure maîtrise de notre langue, pour tous, et pas seulement pour une minorité. Je laisse aux spécialistes de l'enseignement l'organisation pratique. Mais ce serait une façon de faire enfin progresser l'enseignement. Le contraire du nivellement par le bas que nous connaissons, si destructeur et malgré tout discriminatoire.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 21:26

Galfano est un domaine sicilien d'une cinquantaine d'hectares. Le site internet précise qu'il est cultivé dans le respect des traditions, sans engrais chimique, sans désherbants, et que les levures sont naturelles.

En tout cas, sur ce seul vin, le résultat est positif. Nous avons ici un IGP Sicilia, millésime 2011, cépage Nero d'Avola, cépage emblématique de la Sicile.

Au premier nez, on ressent les fruits noirs, la terre, c'est franchement honnête. Toutefois, il faut bien l'aérer, pour sentir se développer d'autres fruits, comme la cerise, mais aussi des épices comme la cannelle, ainsi que la réglisse.

Très agréable au nez, il l'est aussi en bouche. C'est un vin assez serré, bien structuré, sans agressivité alcoolique (13 degrés).

Le rapport qualité prix est excellent, je ne l'ai payé que 6,90 €. Pour le trouver, c'est cependant un peu compliqué, il faudrait aller au magasin Oenoteca de Weiskirchen, en Allemagne, non loin de la frontière française, malgré tout. La prochaine fois que j'y vais, j'espère bien qu'il en aura encore.

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 17:57

Je participe chaque année en tant que jury au concours des Vignerons Indépendants, et comme pour tout concours, je me pose nécessairement la question de sa validité, de son sérieux et de crédibilité.

A chaque session, nous dégustons une quinzaine de vins, dans un temps limité, dans une salle pleine de monde. Les vins ne sont donc pas jugés sur leurs capacités d'évolution, ni sur le plaisir qu'ils peuvent apporter sur un temps long. Par ailleurs, chaque série est dégustée par 4 personnes, d'horizons différents, aux goûts différents. La part de subjectivité est alors énorme, mais il existe aussi le risque de voir certaines personnes influencées, n'osant pas affirmer leur goût.

Il se peut donc qu'une personne, à forte personnalité, impose son goût à la majorité. Il existe au contraire le risque que le jury cherche un consensus mou, un dénominateur commun, et récompense le vin qui aura le moins déplu à la majorité, et non le vin qui aura le plus impressionné une partie du jury.

Ces questions sont bien entendu importantes, dans la mesure où en un temps très court, des amateurs jugent le travail de long terme de professionnels. Il faut dont bien savoir se remettre en question, et rester très humble face à l'exercice.

Cela dit, au vu de l'organisation du concours et au vu des résultats, j'ai été quelque peu rassuré, à la fois sur le sérieux du concours, sur la validité du jugement des jurys auxquels j'ai appartenu, et sur la fiabilité de mon propre jugement (tout en restant modeste et en le remettant en permanence en question).

D'abord, le concours lui-même est bien organisé, à mon humble avis, et son organisation s'améliore d'année en année.

D'abord, au niveau du concours lui-même, les bouteilles sont bien cachées, complètement anonymes, seule l'appellation et le millésime objets de la série sont connus. Même à la fin de la session, il est impossible de voir les bouteilles. Les résultats ne sont connus que quelques jours plus tard, sur le site internet des Vignerons Indépendants, sans que le nom des lauréats ne soit accompagné de son numéro.

Ensuite, le nombre de médailles n'est pas énorme. C'est 33 % maximum du nombre de vins de la série. Par exemple, pour une série de 15 vins, le nombre de lauréats sera de 5 maximum, ce peut donc être moins, et il peut n'y avoir que 5 médailles de bronze si les vins ne sont pas exceptionnels. Ce n'est donc pas l'Ecole des Fans de Jacques Martin, comme il est dénoncé pour certains concours.

En ce qui concerne les condition matérielles, celles-ci s'améliorent d'année en année. Les verres INAO ont été remplacés par des verres plus grands laissant bien davantage les vins s'exprimer. Par ailleurs, je me souviens d'une époque où les fiches étaient longues à remplir. Aujourd'hui, elles sont préparées, il suffit juste de cocher une étiquette avec son nom et un code barre, de signer, puis de donner ses appréciations.

Enfin, les dégustateurs sont encouragés à laisser une appréciation pour chaque vin, appréciation qui sera communiquée au vigneron, lui permettant de savoir comment son vin a été perçu.

En ce qui concerne le résultat en lui-même, il m'a rassuré sur mon jugement. Souvent, j'ai l'impression d'être influencé par l'étiquette, par le prix, ou par le discours de vigneron. Toutefois, les derniers résultats sont venus contredire cette impression.

Par exemple, dans une série de chablis grand cru, le jury dont je faisais partie (je ne connais bien entendu pas ma part de cette décision, mais il n'y avait pas de gros désaccords) a décerné une médaille d'or à un vin, que j'avais beaucoup apprécié, et que j'avais acheté dans un autre millésime (également médaillé, d'ailleurs). Il y a donc une constance dans la production de ce vigneron, ainsi que dans mon jugement.

J'ai remarqué le même phénomène sur d'autres séries, dans lesquelles ont été récompensés des vins que j'avais autrefois aimés.

Enfin, dans la série de Graves rouges que j'ai goûtés cette année, les vignerons récompensés l'ont été aussi parfois en blanc, avec un autre jury. Il y a donc une certaine cohérence, assez rassurante.

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 15:39

Il suffit de connaître un sujet, ou de regarder autour de soi pour généralement constater au moins un décalage, mais parfois des différences abyssales entre l'information qui nous est fournie par nos médias et notre propre ressenti, notre propre expérience, ou notre propre expertise.

Ce décalage peut prendre plusieurs formes. D'abord, une différence avec la réalité que nous percevons. Ce peut être aussi un manque de précision, de rigueur. Il peut s'agir ensuite d'une présentation accrocheuse, raccoleuse, qui fait passer l'essentiel, la réflexion, la nuance, derrière l'émotion. Enfin, dernière forme de décalage, le parti pris pur et dur, le jugement, sans réflexion, de la part de médias dont le rôle devrait être de nous informer, le plus justement, le plus honnêtement et le plus objectivement possible.

Je fais ce constat, d'une information mauvaise, voire d'une désinformation, dès lors qu'il s'agit de sujets que je maîtrise. L'exemple le plus flagrant, celui qui m'a conduit à un quasi divorce d'avec nos médias, s'est passé il y a 4 ans, soit en mars 2011. L'événement en question est le tremblement de terre du nord-est du Japon (appelé au Japon grande catastrophe sismique du Tôhoku), suivi par un tsunami ravageur et meurtrier, toujours dans le nord-est du Japon, et de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima 1.

Après deux jours à peine passés sur le tsunami, nos médias se sont concentrés sur Fukushima, où ils n'étaient pas, ce qui a entraîné d'une part un amoncellement d'approximations et de stupidités sur la catastrpohe nucléaire, et d'autre part un abandon total du drame qui s'était produit dans les régions dévastées par le tsunami. J'en ai pour preuve que l'on parle toujours du tsunami de Fukushima, en occultant totalement ce qui s'est passé dans les autres régions, à savoir la destruction de quartiers entiers, et les 18 000 morts qui s'en sont suivis.

Peut-on parler de désinformation ? Personnellement, je parlerais d'information partielle, raccoleuse, entraînant une désinformation indirecte, pas forcément volontaire.

 

Aujourd'hui, je retrouve cette désinformation sur un sujet dramatique, l'Ukraine. Au début, j'ai suivi les événements de loin, me réjouissant qu'un peuple aspire à la démocratie. Puis soudain, le son a cessé de correspondre à l'image. Les journalistes parlaient de manifestations pacifiques, je voyais des flammes partout, de la violence.

 

Comme tout le monde, j'ai été choqué que des manifestants soient tués par la police. Par la suite, lorsque d'autres personnes, tout aussi respectables que les premières, ont manifesté contre le nouveau gouvernement, j'ai été étonné que nos médias s'en scandalisent, alors qu'il s'agissait tout autant de la volonté d'un peuple.

Lorsque des manifestants ont été brûlés à Odessa, j'ai été révolté, mais j'ai aussi été révolté de constater que nos médias ne s'en offusquaient pas.

Lorsque le peuple de Crimée s'est prononcé par référendum, j'ai été également fort surpris de constater que nos médias désapprouvaient une décision démocratique - plus démocratique d'ailleurs qu'une manifestation, la démocratie s'exerçant dans les urnes, pas dans la rue.

Puis est venue la guerre, forcément relatée à sens unique. Au milieu de cette guerre, un avion est tombé, "probablement abattu par les rebelles", dixit Le Monde, nous en avions les preuves, mais finalement elles n'ont jamais été fournies. Les accusations, elles continuaient.

Dernièrement, je suis tombé sur deux titres de journaux, révélateurs à mon sens du parti pris de notre presse.

D'abord, dans le Parisien : "Poutine défie le monde". Comme on peut le constater depuis que Poutine est au pouvoir, il n'a agressé aucun pays, si l'on met à part les incidents de Géorgie, et n'a pas mené de guerre en dehors de ses frontières, contrairement à la France, par exemple. Mais il défie le monde.

Le monde ? Quel monde ? L'Afrique ? L'Océanie ? L'Asie ? Le Moyen-Orient ? L'Amérique du Sud ? Non, il est juste en désaccord avec l'Union Européenne et les Etats-Unis, c'est tout. Il défie donc peut-être une bonne vingtaine de pays, mais ceci n'est pas le monde.

Autre exemple, pêché dans 20 Minutes (Oui, je sais, je ne fais pas dans la haut de gamme, mais ce ne sont que des exemples) : "Ukraine : L'OTAN confirme la mort de soldats russes. Jusque-là la Russie avait toujours démenti la présence de ses soldats en Ukraine. Une théorie démontée jeudi par l'OTAN qui a assuré que de nombreux "soldats russes se battent et meurent en grand nombre dans l'est de l'Ukraine". Le conflit dure depuis plus d'un an."

Certes, le texte est court, mais il concentre en très peu de lignes une somme énorme d'éléments discutables. Si je résume bien cet article, les accusations précédentes concernant la présence de soldats russes en Ukraine n'ont jamais pu être étayées (accusations portées par les autorités de Kiev et par la même OTAN, et jamais confirmées par les observateurs, notamment de l'OSCE, présents sur place).

Or, les dénégations de Moscou ne semblent plus tenir. Notons le terme, qui est fort : il s'agit d'une théorie (alors que j'emploierais plutôt le terme d'allégation), et elle est tout simplement démontée, c'est à dire qu'elle est tellement faible, et les nouveaux éléments fournis par l'OTAN tellement forts et probants, que la théorie ne peut plus tenir un seul instant. Nous noterons au passage que les accusations portées par l'OTAN jusqu'à présent n'étaient pas étayés.

Seulement voilà, en fait d'éléments nouveaux et cette fois-ci probants, nous avons juste affaire à une nouvelle affirmation de l'OTAN, comme hier, avant-hier, le mois précédent. Donc il n'y a absolument rien de nouveau. Nous attendons toujours les preuves. En effet, les moyens techniques de nos armées sont tels aujourd'hui, qu'il n'est pas possible que des milliers (nombre avancé par l'OTAN dans d'autres déclarations) de soldats russes ne puissent être filmés ou photographiés. Nous avons bien sur nos écrans des images de DAESH, Boko Haram, ou autres groupes plus éloignés géographiquement et moins identifiables. Toutefois, sur la présence de soldats russes en Ukraine, une nouvelle fois, rien n'est démontré. Donc rien n'est démonté.

D'autant qu'il s'agit de soldats russes, et non pas forcément de l'armée russe. Rien ne dit que ces soldats ne sont pas des volontaires partis de leur plein gré, comme il existe des militaires français volontaires (d'après un article lu dans Courrier International, au mois d'août dernier, je crois).

Il s'agit à nouveau d'une accusation de l'OTAN, sans fondement apparent. Je répète, cette affirmation vient de l'OTAN, et elle présentée par nos journalistes comme un élément nouveau venant d'un organisme qui serait neutre et impartial, alors qu'en l'occurence, l'OTAN est à la fois juge et partie, et n'a finalement rien à faire dans ce conflit, qui ne touche aucun de ses membres. La position de l'OTAN n'a aucune importance, et ne devrait même pas être relayée.

Pour résumer, ce journal relate une affirmation non fondée et non prouvée, venant d'un organisme partisan, comme s'il s'agissait d'une preuve. Ne s'agit-il pas d'une faute grave de la part de ce journal ?

Dernier point, qui me semble important : comment l'OTAN aurait pu avoir connaissance du fait que des soldats sont morts ? Certes, des satellites peuvent nous montrer de façon assez précise (même si les méprises ne sont pas rares) des colonnes de blindés en progression, mais pour constater la présence de soldats morts, il me semble qu'il faut être sur le terrain.

Donc soit l'OTAN ment, soit l'OTAN est effectivement sur le terrain. Dans ce cas, elle ferait exactement ce qu'elle reproche à la Russie, et elle violerait par là même les accords de Minsk 2. Certes, elle ne les a pas signés, mais d'une part Proschenko, qui les a signés, devrait exclure l'OTAN des zones de combats, et d'autre part, une organisation affirmant défendre la paix devrait respecter un accord de cessez-le feu, même si elle ne l'a pas signé, qui plus est dans une zone qui ne fait pas sous son contrôle.

Certains pourront faire observer que cet article provient d'un journal gratuit, dont le niveau de professionnalisme n'est pas forcément très élevé, mais je peux lire ou entendre de tels affirmations, certes mieux enveloppées, sur l'ensemble de nos médias, comme Le Monde ou Radio France.

Face à une information aussi médiocre et malhonnête, et aussi répandue, il est difficile de savoir à qui se fier. Il faut alors chercher sur internet, mais en passant du temps pour faire le tri, l'information neutre ou du moins critique étant souvent perdue au milieu de la propagande d'extrêmistes et de conspirationnistes (ce sont parfois les mêmes). Le but n'est bien évidemment pas de retomber dans la propagande et la malhonnêteté.

J'entends souvent dire que la presse traditionnelle est en déclin, que les journaux voient leurs tirages diminuer, et que la raison en serait la concurrence d'internet, qui permet un accès gratuit à l'information. En réalité, la concurrence d'internet n'est pas tant d'ordre technologique et financière. Internet, malgré ses limites évidentes, malgré ses excès, permet (mais ne donne pas forcément) une information de meilleure qualité, et surtout plus diversifiée (toujours à condition de pouvoir faire le tri).

Dès lors que les journalistes ne font plus leur travail, ou le font très mal, d'autres prennent le relai, certains faisant pire, d'autres beaucoup mieux. Après tout, la réflexion n'est pas l'apanage d'une profession, et le partage des connaissances et des expériences peut conduire à des choses très positives.

La presse se meurt, hélas, mais elle n'est pas tuée par internet. Il s'agit plutôt d'un suicide. Espérons qu'elle arrive à se resaisir et qu'elle n'expire pas à Donetsk ou Louhansk.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 21:59

J'étais allé à Nara pour la première fois en avril 2003. Il faisait un temps magnifique, la ville et surtout ses parcs étaient baignés par une floraison de cerisiers féérique. C'était un dimanche, les parcs étaient noirs de monde, une foule joyeuse, familiale, déambulant et se prenant en photo sous le ciel bleu et les fleurs (avec téléphone portable, comme quoi ce qu'on appelle selfie n'est pas franchement un nouveauté).

J'avais visité le temple du Grand Boudha, puis le parc aux daims, avant de me mettre dans une forêt, ce qui m'avait conduit par hasard à un sanctuaire, le Kasuga Taisha. Là, les nombreuses lanternes brillaient au soleil, comme si elles étaient allumées. C'était la fête, les prêtres étaient en grande tenue, on pouvait assiter à des spectacles shinto, et la foule était également nombreuse.

Ce fut l'une des plus belles journées de ce premier voyage au Japon.

J'ai retrouvé la ville en mai dernier, juste pour une journée. Le temps était également très beau. Nous avons d'abord traversé le parc aux daims, toujours poursuivis par ces animaux trop bien apprivoisés et plutôt collants. Pour se réconforter, rien de tel qu'une glace au thé vert.

RETOUR A NARA

Le parcours a continué avec la visite du Grand Boudha mais après, je me suis rendu compte qu'en 2003, j'étais passé à côté de temples, situés juste au dessus du Grand Boudha, très zens, très beaux, avec leurs stèles de pierre, leurs peintures sur bois, leurs lampes en papier, et leur terrasse donnant sur la ville, comme un rappel du Kiyomizu Dera de Kyôto.

RETOUR A NARA
RETOUR A NARA
RETOUR A NARA

Nous avons ensuite traversé la forêt, interrompus par un groupe de collégiens, qui nous ont posé quelques questions avant de nous demander, timidement et gentiment, s'ils pouvaient se faire photographier avec nous.

En haut du chemin, j'ai retrouvé le Kasuga Taisha. Ce n'était pas jour de fête, mais il y avait tout de même un mariage shinto. Le couple de mariés posait pour le photographe, en compagnie de la plus proche famille, sur sont 31.

RETOUR A NARA
RETOUR A NARA
RETOUR A NARA
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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 22:03

A Tôkyô, il est un quartier peu connu des touristes, que je connais peu moi-même, c'est Aoyama. A l'extrémité d'Omotesandô, à l'opposé de Meiji Jingu, on quitte l'avenue pour s'engouffrer dans des petites rues. C'est une quartier en mutation, composé de nombreuses boutiques branchées, généralement bien soignées, avec des designs uniques au monde.

Pour des amateurs de beau, de design, d'inovation, c'est le paradis. On trouve aujourd'hui quelques boutiques intéressantes, comme Cartier (petit immeuble secondaire, le principal est à Ginza) ou Marc Jacobs.

L'IMMEUBLE PRADA DE TOKYO
L'IMMEUBLE PRADA DE TOKYO
L'IMMEUBLE PRADA DE TOKYO

Surtout, il y a l'emblême, pour moi le plus bel immeuble qui soit, Prada. C'est à la fois un immeuble et une boutique, tout l'ensemble est occupé par les espaces de vente, comme Vuitton sur Omotesandô.

L'architecture est superbe, légère, transparente, et surtout étonnante dans un pays aussi sismique. La forme générale ressemble à un diamant, qui serait constitué de petits diamants, sous la forme de pavés de verre convexes, positionnés en losange. Malgré sa petite taille, cet immeuble est impressionnant de par sa transparence et sa luminosité. Un diamant, ou une sculpture de glace.

L'IMMEUBLE PRADA DE TOKYO
L'IMMEUBLE PRADA DE TOKYO
L'IMMEUBLE PRADA DE TOKYO
L'IMMEUBLE PRADA DE TOKYO
L'IMMEUBLE PRADA DE TOKYO
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