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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 20:38

Nous vivons une époque formidable, qui nous impose son terrorisme du concept. Dès qu'un magasin ouvre, aussi banal soit-il, il reçoit l'appellation prétentieuse de "concept". C'est ains que j'ai appris dans la presse l'ouverture près de chez moi d'un nouveau "concept-store". La réalité : une épicerie vendant des produits corses : vins, fromages, saucissons. Je veux bien que l'on m'explique où est le concept.

 

Récemment, j'ai découvert, bien malgré moi, le nouveau concept à l'enseigne Boco. En voici le principe : d'un côté, Vincent Ferniaud, "fils de" évoluant dans la critique gastronomique, a réussi à convaicre quelques chefs réputés de lui réaliser des recettes. Les plats ainsi préparés sont ensuite enfermés dans des (petits) bocaux en verre. D'où le nom de la boutique, avec un "o" final pour faire italien. C'est à la mode, l'italien.

 

De l'autre côté, nous, le con-sommateur émerveillé par l'expérience de ce concept novateur (ce que l'on appelait autrefois un pigeon ou un gogo), prend un panier, se sert lui-même, comme à la cantine, d'un ou deux petits bocaux, paie puis va manger à la table. Le service est celui d'un self d'autoroute, à la seule différence que le plastique des contenants a été remplacé par du verre.

 

Le soir de mon passage, dans une salle déserte, j'ai dû débourser 17 € pour avoir : une boisson (bière bio) ; un oeuf mollé froid dans une sauce rouge (dénommé entrée) ; un tout petit bout de saumon froid sur une rondelle de pomme de terre avec une sauce jaune (dénommé cyniquement plat de résistance).

 

Ni bons ni mauvais, j'ai du mal à croire que ces mets aient pu être concoctés par des chefs renommés. Qui plus est, la quantité était telle que j'ai dû dîner en rentrant à la maison, ce qui n'était pas le but en entrant dans ce concept.

 

Pour résumer, Boco est une cantine pour gens riches qui n'ont pas faim mais qui veulent quand même dépenser de l'argent dans un restaurant. C'est une sorte de Cojean, où la bouchée de saumon et la rondelle de patate auraient remplacé la rondelle de carotte et la botte d'herbe à chat.

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 20:13

Qu'est-ce qui pousse, depuis peu de temps, autant de jeunes chefs japonais à venir s'installer en France ? Ce sont de jeunes chefs, peu connus, et non des stars en recherche d'expansion, comme un Ducasse construisant son empire.

 

Certes, dans les principales villes du monde, des chefs de tous pays s'installent, mercenaires financés par des groupes surpuissants ou des rois du pétrole, chargés d'ouvrir des établissements luxueux, chargés d'attirer, à coups de paillettes, les étoiles et les nouveaux riches. Ces derniers, pour faire partie du monde, se doivent d'afficher sur leurs plastrons, tels des généraux soviétiques leurs médailles, la liste des golfs, des hôtels, et maintenant des "it" restaurants qu'ils ont fréquentés.

 

Toutefois, en parallèle, apparaissent ces jeunes Japonais, aussi modestes et discrets que talentueux. Ils se fondent dans les cuisines des chefs français, apprennent, avant de se lancer. Ils ouvrent alors un petit restaurant loin des feux de la rampe. Leur objectif : le savoir faire et non le faire savoir. Sans esbrouffe, ils font une cuisine personnelle, interprêtant avec respect la gastronomie hexagonale avec les codes, la précision, l'esthétique et la subtilité de leur pays.

 

Sola est de ceux-là, avec Kei Kobayashi et Passage 53 notamment. Perdu dans une petite rue du 5ème arrondissement de Paris (la rue Maître-Albert), non loin de Maubert-Mutualité, le restaurant est peut visible de l'extérieur. L'intérieur a le charme des vieilles auberges parisiennes, mâtiné de minimalisme japonais. Le service, à la grâce toute nippone, est évidemment aux petits soins.

 

Quant à la cuisine, elle fonctionne sous la forme d'un menu imposé, maniant, avec bonheur, les deux gastronomie. Les plats sont magnifiques comme peut l'être un ikebana, et les saveurs sont justes, d'une rare précision. Aucune fausse note, un peu bonheur.

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 22:37

Depuis qu'il a ouvert, je n'ai jamais réussi à réserver dans ce restaurant qui s'est installé récemment dans le quartier des Batignolles. C'était une sorte de curiosité, un OVNI, comme un paquebot de luxe échoué sur une plage du Languedoc. Je me suis toujours demandé ce qu'un étoilé était venu faire dans une petite rue calme d'un quartier peu réputé pour sa gastronomie.

 

Toujours est-il que Christophe Pelé, du Royal Monceau, a un jour posé ses valises dans cette boutique de la rue Nollet. Réputation oblige, il a reçu sa première étoile du guide du pneu au bout d'un an, et la deuxième au bout de deux. Au moins, le guide rouge n'a pas pris de risque.

 

Cette année, en même temps qu'on lui décrochait l'une de ses deux décorations, je décrochais une place. Je souhaitais le vendredi, mais il ne restait plus que le jeudi, dernier jour avant fermeture pour travaux. Même propriétaire, mais changement de style (de concept, comme on dit en immobilier commercial). J'ai donc presque assisté à la dernière.

 

Ce soir-là, très peu de monde. La salle était on ne peut plus calme, claire, propre. Au fond, on pouvait voir les fourneaux, derrière lesquels officiaient trois Japonais, le chef, ancien de l'Astrance puis du Bistral, un assistant et deux assistantes. On imagine les cuisines d'étoilés grouillant de grouillots, courant dans tous les sens, se criant les uns sur les autres, dans une excitation croissante. Ici, rien de tout çà, mais un calme absolu, au mieux un mot chuchotté, quand vraiment c'était nécessaire. L'ensemble de la communication était dans le regard. Un sorte de messe basse zen. Parfois, le chef jetait un oeil sur les tables, pour voir où en étaient les menus, pour ajuster son rythme.

 

Le service était assuré par un homme, dans la bonne trentaine, correct, sympathique, clair dans ses explications, sans prétention.

 

La cuine consistait en un menu imposé, la mode du moment, qui ne plait pas à tout le monde. C'est un mode de fonctionnement discutable, mais l'avantage est que le menu est fait sur mesure, en fonction du marché et de l'inspiration. Qui plus est, il nous oblige à sortir des sentiers battus, à s'abandonner et surtout à abandonner ses préjugés, pour ne pas être tenté de retourner comme toujours à son plat préféré. Plutôt que d'aller passer le mois d'août à La Baule, on se laisse bander les yeux, et guider jusqu'à un paysage inhabituel. Ce peut être une bonne expérience, il ne faut pas la négliger.

 

Le menu de ce jour était constitué de plats se succédant à un rythme parfait, ni trop rapide, ni trop lent. Tout était précis, comparable à ce que l'on peut trouver au Passage 53, mais dans un style plus accessible. Là où le Passage 53 était intellectuel, janséniste, abstrait, Bigarrage parlait aux sens, au plaisir. Le cérébral fait place au sensoriel, voire au sensuel, ce qui n'est pas pour me déplaire. En tout cas, çà me parle. Le seul problème est qu'à la fin, après le dessert, on se demande si on doit demander l'addition ou bien encore attendre l'arrivée d'un, deux, trois (?) desserts. Heureusement, en amenant le second dessert, le serveur annonce : "et pour terminer..."

 

Repas parfait donc, juste pour le rythme, pour la quantité, pour les saveurs. Juste aussi pour le vin, un Saint-Joseph blanc de la Ferme des 7 Lunes, miellé, minéral, onctueux et élégant, avec beaucoup de personnalité.

 

C'était cependant le dernier jour, le rideau est tombé. Il faudra voir ce que nous réserve prochainement Christophe Pelé dans le même lieu.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 16:32

Sale temps pour les bons restaurants des Batignolles. C'est ainsi que j'ai appris, récemment, la fermeture de plusieurs d'entre eux, que je considérais parmi les meilleurs du quartier. La vie est ainsi faite, avec son lot de naissances et de fins, mais la déception est grande quand les fins sont nombreuses, qu'elles touchent les meilleurs, et surtout que ceux-ci ne laissent pas place à quelque chose de mieux.

 

Première victime, Terra Mia, rue Lemercier (Paris 17ème). Nous avions là un restaurant italient, un vrai, un bon, chose exceptionnelle à Paris, tenu par de vrais Siciliens, au verbe haut et aux mains volubiles, produisant entre autres des pizzas généreuses et goûtues. Le restaurant a été vendu, remplacé par un "créateur de pizzas". Nous avons maintenant une devanture gris foncé, avec un nom prétentieux, dans la droite ligne de ce qui se fait actuellement à Paris. J'ai regardé la carte, qui propose, pour une quinzaine d'euros, des pizzas jambon, pizzas fromage, pizzas champignons. Quelle créativité !

 

Pour échapper à toutes les adresses banales et prétentieuses qui naissent à droite et à gauche, nous pouvions nous réfugier chez "Tonton", au Café de la Poste, rue Mariotte, en face de la poste justement. Le décor, c'est bien simple, n'existait pas. Derrière cette vitrine d'angle se trouvait une salle avec un bar, dans le plus pur style bistrot pour poivrots d'autrefois. Il fallait vraiment être bien informé pour savoir qu'à l'intérieur, Tonton, seul aux fournots, mijotait, à son rythme et selon le marché du jour, les plats qu'il voulait, avec plaisir et générosité. Il fallait avoir le temps, car Tonton ne réchauffait pas au micro-ondes, il cuisinait, et puis il venait en salle pour discuter, il allait au bar servir un apéro.

Mais la patience était toujours récompensée, on repartait comblé, après avoir parfois pris le digeo offert par le patron, et trinqué avec lui, les autres convives, et parfois même une prostituée, d'1,80 mètre plus talons, venue prendre un petit remontant avant d'aller travailler.

 

Cette bonne adresse à l'ancienne a disparu, le patron n'était plus tout jeune, remplacée par un restaurant à la devanture gris foncé, au décor épuré, qui propose comme presque partout ailleurs, des steacks et des hamburgers, le genre de cuisine que l'on peut trouver chez soi.

 

Une autre disparition est celle du Bistral, fabuleux restaurant de la rue Lemercier, dont seul le décor de bistrot de quartier devait le protéger des étoiles du guide du pneu. en 10 ans d'existence, jamais une déception, mais systématiquement des surprises, et des bonnes. Les assiettes étaient créatives, parfaitement préparées, justement dosées, et toujours accompagnées du vin adéquat. On peut comprendre que ce boulot était épuisant, et que le patron ait eu envie de changer de paysage.

 

Il paraît qu'à la place va venir un italien. Un comme Terra Mia ou mieux, je veux bien. J'espère un vrai italien, un bon italien, avec une vraie cuisine, gaie et généreuse, qui ne broiera pas du noir, à l'image de ces devantures parisiennes tristes et sans imagination.

 

Sinon, que nous restera t-il ? Tout simplement le steack tartare, le hamburger, ou pire, le plat préparé. J'ai d'ailleurs vu pas plus tard que samedi dernier, sortir du restaurant, un "cuisinier", amenant à côté de la poubelle un empilement de grosses boîtes en polystirène vides, portant l'inscription "Raynaud plats cuisinés".

 

Pour finir, voici une autre fermeture avant travaux, celle de Bigarrade, rue Nollet. Christophe Pellé, ancien du Royal Monceau, reste par contre aux commandes. J'y suis allé la veille de la fermeture, un peu plus, et je ne connaissais pas cette adresse.

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 21:44

Cette adresse était inscrite dans un coin, dans l'attente d'une occasion. Cette dernière se présentant, rendez-vous fut pris, un vendredi soir, histoire de bien terminer la semaine.

 

Le passage des Panoramas a gardé un charme désuet, grâce à une animation encore présente. Les vendeurs de timbres ont baissé les rideaux, mais les quelques restaurants donnent à l'endroit une vie discrète et plaisante. La lumière est chaude et dorée, on se croirait presque revenu dans un XIXème siècle rassurant. Les quelques boutiques jouant la discrétion disparaissent ; c'est le cas du passage 53, dont la vitrine est occultée par un grand rideau blanc. On passe devant plusieurs fois avant de trouver.

 

La salle est toute petite, en longeur, comprenant une vingtaine de couverts. Un escalier en colimaçon, très étroit, conduit à l'étage, où se trouvent les toilettes et la cuisine, dont la petite taille ne permet de contenir que 3 personnes.

 

En bas, le service est plus nombreux : 5 hommes, très serviables sans être obséquieux. La présence n'empêche pas la discrétion, la retenue ne crée pas la distance. C'est généralement à cela que l'on reconnait les restaurants étoilés.

 

Du fait de la configuration de la salle, la clientèle est peu nombreuse, l'ambiance est donc apaisée. A la table d'à côté, deux couples d'amis, style anciennes jeunesses du RPR, reconvertis en sympathisants UMP. La conversation était ponctuée de "j'adooooooore". Derrière, un couple d'amoureux, très discrets, et visiblement très amoureux : à chaque fois que lui se levait pour aller aux toilettes, il déposait un baiser sur les lèvres de sa belle, comme s'il risquait de ne jamais revenir. A côté d'eux, une Japonaise et son père, qui s'endormait après chaque plat ; sa fille était obligée de le réveiller à chaque retour du serveur. Elle a fini par expliquer que le papa avait eu la diarhée toute la semaine, que çà allait mieux mais qu'il était désormais très fatigué. Bon appétit !

 

Le menu du soir, à 120 €, comprend 8 plats imposés. Une seule variante est possible : au moment de la commande, un serveur présente un gros bocal, rempli de grosses truffes. Dès que le couvert s'ouvre, le champignon parfume toute la salle. Pour 30 € supplémentaires, il est possible de goûter à ces truffes, généreusement servies sur des oeufs cuits à basse température.

 

Le menu est composé, comme on l'a dit, de 8 plats : 2 entrées, 2 poissons, 2 viandes, fromage, assortiments de desserts. L'esthétique est particulièrement soignée, très raffinée. Les saveurs sont particulièrement étudiées, très fines et très précises. C'est une cuisine de haute-couture.

 

Les vins, très bien choisis, sont bourguignons, sauf exception : Puligny-Montrachet, Chambolle-Musigny, Condrieu.

 

Toutefois, à cette cuisine de haut niveau, de grand art, il manque un élément essentiel : le plaisir. Tout était parfait ; peut-être trop ?

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 19:35

Il y a quelques mois, mon grand ami François Simon m'avait fortement recommandé... Qu'est-ce que je raconte, moi ?

 

Lecteur quotidien du blog de François Simon, j'apprécie particulièrement ses vidéos. Pas celles où il décrit un ingrédient, pas celles non plus où il cuisine lui-même (même si elles sont souvent drôles), mais plutôt les plus longues, celles où il s'attarde dans un lieu, que ce soit un restaurant ou une ville. Ses descriptions ont l'air tellement vraies, que j'ai aussitôt une envie folle de le suivre.

 

C'est notamment le cas avec les vidéos de la ville d'Alep, et du restaurant Toyo, à Paris. Ne pouvant comme çà d'un coup me rendre à Alep, surtout en cette période troublée, je suis allé chez Toyo.

 

Le chef s'appelle en réalité Toyomitsu Nakayama. C'est l'ancien cuisinier du couturier Kenzo, et il a ouvert son restaurant dans le 6ème arrondissement, près de Vavin.

 

Le décor est japonais, sobre, avec beaucoup de bois, et un grand comptoir. Le comptoir est l'un des éléments que j'apprécie dans la cuisine japonaise. On s'installe face aux cuisines, on voit les plats se préparer, on communique visuellement, voire par la parole avec les cuisiniers. Tout se fait en direct, sans triche, sans masque. De plus, pour un nul en cuisine comme moi, c'est un vrai spectacle : je suis en admiration devant ces gens qui font aussi bon de façon en apparence aussi simple. Le summum de l'art.

 

Chez Toyo, donc, je me suis installé face au comptoir, juste devant la jeune fille souriante qui préparait les plats calmement, le geste et le visage emprunts de sérénité épanouie. Sur la gauche, un homme discret, cuisant les poissons et les légumes avec application et humilité, comme un enfant sage préparant sérieusement ses devoirs. C'est lui Toyo, le chef : il fait sa cuisine sagement, humblement, sans frime, sans chichi.

 

La cuisine, justement : un menu à 55 €, avec amuse-bouche, 2 entrées, 2 plats, un dessert. Du choix, quelques suppléments, par exemple pour ceux qui voudraient absolument du caviar. Personnellement, je suis resté dans le basique, et c'était déjà formidable. Cuisine juste, précise : steack d'ormeau (fabuleux), filet de vive... C'est japonais dans l'esprit, de par la simplicité, la justesse des saveurs, l'absence de détours et de décorum. Quelques influences françaises également. Un très beau mariage.

 

Quant au service, parfait également, simplement poli, avec la bonne distance. Derrière le comptoir, le chef, la jeune fille mentionnée plus haut. En salle, une jeune femme efficace. Entre la salle et le comptoir, 1 Japonais et 2 Français, également souriants et polis, sans ostentation. Un service aussi juste que les nourritures.

 

Adresse : 17 rue Jules Chaplain, Paris 6ème.

Métro Vavin ou Montparnasse.

01 43 54 28 03

Du mardi au samedi de 12 h 00 à 14 h 00 et de 19 h 30 à 22 h 00.

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 21:37

L'Alsace est réputée pour ses tartes aux mirabelles, mais on y trouve aussi des tartes aux myrtilles, même si ce n'est pas une exclusivité locale. J'adore ces tartes depuis que j'ai 5 ans. Pendant des vacances en Auvergne, on en mangeait à l'hôtel, des succulentes, et avec les autres enfants, on passait tout l'après-repas à se montrer nos langues noires.

 

J'en ai donc mangé plusieurs en Alsace, mais la plupart m'ont déçu, sauf une, avec laquelle je me suis régalé.

 

Là, j'hésite, j'ai presque honte de faire de la pub pour cette marque, mais tant pis, il faut être honnête.

 

En tant que Breton, depuis la marée noire de l'Erika, je ne vais en général dans les stations Total que pour y satisfaire mes besoins naturels. Plutôt qu'une application du principe "pollueur payeur", je dirais que c'est ma façon à moi d'arroser l'arroseur.

 

Mais parfois, le jusqu'au boutisme a ses limites, surtout quand la jauge d'essence est dans le rouge, et justement, si l'on veut aller jusqu'au bout du voyage, il faut bien s'arrêter.

 

Or, à Mittelwihr (Haut-Rhin), c'est la marque Total qui remplit les réservoirs. Il y a aussi, bien entendu, la boutique, avec les toilettes que je ne me suis pas privé d'utiliser. Et juste à côté, une supérette, et une boulangerie-patisserie, où l'on peut même déjeuner.

 

Cà s'appelle Adélaïde, le style design est un contraste complet avec celui de la station essence, les rayons donnent envie. On se demande vraiment ce que cette belle boulangerie fait ici.

 

Quant aux sandwichs, ils sont vraiment bons, et enfin, la tarte aux myrtilles... la meilleure de celles que j'ai goûtées dans la région, à coup sûr. Je suis allé au Total de Mittelwihr par nécessité, mais la prochaine fois, je n'irai pas chez Adélaïde par hasard.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 20:21

Quelques critiques positives dans la presse m'avaient donné envie d'essayer ce restaurant gastronomique. J'ai également fureté sur internet, où les critiques n'étaient pas toutes tendres avec le service et l'accueil. J'ai malgré tout réservé pour me faire mon opinion.

 

Situé dans la rue principale de Kaysersberg, à l'extrémité est, le cadre est agréable, avec une terrasse abritée donnant sur le côté, et une grande salle design. Le restaurant fait partie d'un hôtel, et est couplé avec un winstub. Point positif : de l'entrée, on voit les bouteilles de la cave, qui forment un mur se reflétant dans un miroir. La cuisine, également, est visible, séparée du hall par une immense vitre. On peut y voir l'activité de la cuisine, mariant calme, concentration et agilité. Impressionnant. Petit point négatif : les toilettes, qui datent visiblement des années 1980, mais je ne serais pas surpris qu'elles soient au programme des prochaines rénovations.

 

Venons-en maintenant à l'accueil. Personnellement, je n'aurai rien à redire, j'ai été placé par une charmante dame fort aimable qui m'a remis dans les mains d'une autre dame tout aussi aimable. Au service, le personnel est également agréable. Je reprocherai juste la façon un peu caricaturale d'annoncer les plats, sur un ton légèrement surfait, mais çà n'empêche pas les serveurs d'être disponibles, prévenants, souriants, et de bien faire leur travail.

 

Quant au service du vin, il était assuré ce jour-là par un Japonais, dont le conseil était parfait. Rien à voir donc avec les reproches que j'ai pu lire sur internet.

 

Et maintenant, le repas.

 

En amuse-bouche, d'abord, je retiens le jaune d'oeuf liquide et chaud, dans une boule de pain, à gober d'un coup. Superbe.

 

Voici maintenant la première entrée :

 

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Elle fait partie du menu qui a permis à Olivier Nasti, le chef, de devenir Meilleur Ouvrier de France (MOF) en 2007. Comme ce n'est pas évident à voir sur la photo, ce sont des escargots. L'intitulé est "Escargots de la Weiss alsacienne façon nouvelle mode". Cà ne veut rien dire, mais bon sang, que c'était bon. Une entrée chaude, avec une émulsion rappelant la bave du gastéropode, un goût subtil, une cuisson parfaite. Un régal.

 

Deuxième entrée :

 

Photo-029-copie-1.jpg

 

Là, c'est plus facile, c'est du foie gras poêlé. Très bon, mais beaucoup plus classique. Là, j'entends déjà les gens mal intentionnés me faire remarquer que j'ai mangé 2 entrées. Et alors ? C'est mon ventre qui grossit, non ?

 

Alors pour rabattre leur caquet aux ayatollahs de l'anti calorie et du régime permanent, je vous présente... la 3ème entrée !

 

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Imaginez un serveur vous annonçant, avec une diction un peu surfaite : "La terrine de foie gras d'oie, croustillant au paint d'épice, et fruit d uberawecka en condiment". Imaginez le temps pour dire tout çà. A la fin de l'énoncé, on ne sait plus ce qu'il y avait au début. En tout cas, heureusement que c'est une entrée froide, il n'y a pas autant d'urgence à la manger.

Quant au goût, c'est divin. Le croustillant de pain d'épice est d'une rare finesse, et se marie parfaitement avec le foie gras.

 

Le secret de cette cuisine ? une cuisson, un traitement, et des mariages extrêmement précis, tout comme la température de service.

 

3 entrées, c'est bien, çà nourrit son homme, et j'étais rassasié, mais voilà, j'avais décidé de tester le restaurant, donc je devais continuer avec les plats des 3 menus commandés.

 

Plat N° 1 (du menu MOF) :

 

Photo-031.jpg

 

Ce drôle de bonhomme aux gros yeux vairons et aux dents effrayantes n'est autre qu'un lapin façon lièvre à la royale avec des gnocchis. Original, très bon, mais je l'aurais davantage apprécié en hiver qu'en ce mois d'août ensoleillé (en Alsace tout du moins).

 

Plat N° 2 :

 

Photo-032-copie-1.jpg

 

Eh oui, des côtelettes d'agneau, succulentes, à la cuisson parfaite, mais beaucoup plus classiques. Remarquez, ce peut être aussi une qualité pour un grand restaurant de proposer du classique et du moins classique, afin de satisfaire tous les goûts.

 

Plat N° 3 :

 

Photo-033.jpg

 

Ce second bonhomme, aux yeux rieurs, au rire complice de celui qui vient de nous faire une bonne blague, est un cabillau avec un jus de coquillages.

 

Et maintenant, le dessert, un seul, pris dans le MOF ; il n'y avait pas de place pour deux autres :

 

Photo-034.jpg

 

Là encore, je ne me souviens pas de l'intitulé complet, qui figurait sur le site du Chambard quand j'ai commencé l'article, mais qui vient de disparaître. Je dirai donc que ce sont des crêpes à l'orange, mais en réalité, c'est beaucoup plus que çà.

 

En fin de repas, même le café est très bon, et vraiment remarquable, de plus servi avec des mignardises généreusement proposées sur un grand plateau roulant. On choisit ses friandises, comme un enfant choisit ses bonbons.

 

Quant au vin, le sommelier m'a très bien conseillé en me proposant un Pinot Gris Cuvée Sainte Catherine 2007, du domaine Weinbach. Un vin floral, très aromatique et d'une grande finesse. Si vous voulez me faire plaisir pour mon anniversaire, vous voyez ce qu'il vous reste à faire

 

En résumé, la question à la François Simon : Faut-il y aller ? Oui, trois fois oui ! Il faut absolument découvrir cette cuisine à la fois inventive et d'une grande précision, avec ses petits clins d'oeil qui la rendent conviviale.

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 16:36

La maison Bonnat a sorti quelques nouveaux crus, que je me suis évidemment empressé de tester. Rien que pour vous.

 

D'abord, une petite remarque au passage : l'ouverture des tablettes de cette maison est beaucoup plus compliquée depuis quelque temps. Auparavant, il suffisait de faire glisser la tablette emballée de son papier d'aluminium du papier d'emballage blanc. Désormais, les deux emballages sont imbriqués, et il faut donc tout arracher sauvagement au couteau de cuisine. Du coup, c'est plus sauvage et moins présentable.

 

Revenons-en à la dégustation, de ces trois nouveaux crus. Il s'agit du Porcelana, du Apotequil, et du Marfil de Blanco. Pour me donner une base de comparaison, je les ai goûtés après le Trinité, que je connais bien et apprécie énormément.

 

Les voilà en photo, vous reconnaîtrez au passage ma jolie toile cirée, qui n'a pas changé.

 

Photo-282.jpg

 

Trinité : chocolat rond, doux et fruité, il est séduisant, avec une bonne acidité et une bonne longueur.

 

Porcelana : pur Vénézuela, son nez est fort, épicé, et légèrement fumé. En bouche, il apparaît léger : fumé, caramel, et peu acide. Le goût est homogène, et se développe progressivement.

 

Les deux suivants sont de la même famille, des Porcelana 75 % de cacao.

 

Apotequil : plus floral au nez que le précédent, sa bouche rappelle la vanille, avec un goût légèrement épicé. Il est très rond, presque pas acide, avec une bonne amertume.

 

Marfil de Blanco : au nez plus grillé et chaud que le précédent, son goût est floral et végétal. Rond et vif, il développe dans un second temps des goûts de caramel, foin coupé et safran. Il a beaucoup de longueur, et à mon goût plus de caractère que les précédents.

 

Trinité : non, ce n'est pas une erreur de "copier-coller". J'ai effectivement regoûté le Trinité à la fin, pour une comparaison parfaite. Quel professionnalisme, mon dieu ! Comparé aux trois Porcelana, il m'est apparu plus immédiat, moins complexe, mais tout de même séduisant.

 

Attention maintenant, ces nouveaux crus sont plus chers : alors que les traditionnels emballés de blanc coûtent autour de 4 € (je les achète personnellement au Lafayette Gourmet), les Porcelana sont vendus autour de 8,50 €.

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 14:39

On connaissait Michi (anciennement Kôrin) rue Sainte-Anne, Matsuda rue Saint-Roch, Kilala rue des Moulins. Changeons maintenant de quartier, pour nous retrouver rue des Batignolles, dans le quartier... des Batignolles.

 

Au n° 5, dans une minuscule boutique, Chieko Fujimoto a ouvert ce restaurant de sushis, tout simplement baptisé Kokoya. Petite traduction au passage : koko = ici ; ya est l'équivalent du "ie" français dans boucherie, boulangerie, charcuterie... Donc Kokoya = "icirie", ou plus simplement : "c'est ici".

 

Mais revenons à nos moutons, et surtout à nos poissons. Le restaurant a ouvert très récemment. Elle est toute petite, et favorise donc la vente à emporter. La décoration n'est pas encore terminée, mais l'accueil est charmant. Madame Fujimoto est face à la porte, et vous accueille avec un charmant sourire de derrière sa table de travail. Tout le personnel est japonais, et l'accueil est donc souriant et gentil.

 

Quant aux sushis, ils sont très bons, avec quelques originalités dans la présentation : poissons assemblés en forme de rose dans le bara chirashi, yuzu venant donner un goût inattendu mais très plaisant, et une sauce maison, dont je ne trahirai pas la recette (j'en suis de toute façon incapable).

 

Quant aux prix, ils sont très raisonnables. Essayez par exemple le chirashi spécial, à 18,50 € le soir, avec par exemple, de la daurade ou du bar (mais ceci varie bien entendu en fonction des saisons).

 

Kokoya

5 rue des Batignolles, Paris 17ème

Métro Rome ou Place de Clichy

Ouvert le midi du mardi au samedi, et le soir du jeudi au samedi

Tél : 01 44 90 98 12

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