Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le blog du vin ET du Japon.

Publicité

Vin et plaisir. Takeshi KAIKÔ, Romanée-Conti 1935.

Depuis quelque temps, on assite à une guerre entre pro et anti vins.
- Le champ de bataille : les medias.
- Les munitions : les études relatives aux effets du vin sur la santé.
- Les belligérants : essentiellement Denis Saverot et la RVF côté pro, des pseudo scientifiques qui avancent masqués côté anti.

En général, on voit apparaître, dans les journaux scientifiques spécialisés (Le Figaro, Aujourd'hui le Parisien, 20 minutes... que des références en la matière donc), des entrefilets, largement repris par leurs confrères en mal de sujets chocs pour remplir leur papier. Dans ces entrefilets, des mentions d'études soit disant scientifiques, citées hors de leur contexte, sans explication, et qui disent, sans rien prouver, que l'alcool en général, et surtout le vin en particulier, est très nocif pour la santé. L'une des dernières, et des moins crédibles en date, annonçait ni plus ni moins, et ce sans rigoler, que le simple fait de boire un verre de vin, risquait de donner le cancer. Rien que çà.
On pourrait se demander à ce niveau si cette assertion n'a pas été lancée par les pro vin, pour ridiculiser les pisse-froid anti vin.

En tout cas, à chacune des parutions de ce type, la RVF répond du tac au tac, oeil pou oeil dent pour dent, SCUD contre SCUD, par un entrefilet, avec une autre étude scientifique, tendant à prouver que la consommation de vin est bonne pour la santé, que ce soit contre les maladies cardio vasculaires, ou même contre le cancer.

Le résultat ? La consommation de vin diminue, mais l'alcoolisme augmente, les jeunes s'allumant avec des alcools forts, juste pour le plaisir de se rétamer.

Autre victime ? Le plaisir ! Car en fin de compte, à force de tout ramener à des études scientifiques, on en oublie que le principal objectif des buveurs de vin, est de se faire plaisir. Mais aucune étude ne parle de plaisir, et pourtant, le plaisir est excellent pour la santé !

David Cobbold, très agacé, avait il y a quelques mois publié une statistique volontairement absurde, prouvant que 100 % des personnes consommant du vin autour de lui (à savoir son père et ses grand-pères) avaient dépassé les 80 ans. Je connais aussi, de mon côté, des buveurs réguliers de vin, qui vivent ou ont vécu longtemps. Leur point commun ? L'optimisme et l'envie de se faire plaisir. Par contre, les gens chiants ont une tendance à s'arrêter plus tôt.

Si l'on regarde les autres pays dits développés, on constate, par exemple, que les Japonais, qui sont de grands buveurs et de gros mangeurs, ont la plus grande espérance de vie. Et pourtant, qu'est-ce qu'ils picolent ! Et surtout, leur espérance de vie augmente, parallèlement à leur consommation de vin ! Etonnant, non ? Encore mieux : l'espérance de vie augmente davantage chez les femmes japonaises, tout comme la consommation de vin ! Le vin, mauvais pour la santé ?

En France, par contre, la consommation de vin diminue, mais le nombre de cancers augmente. Le vin, cancérigène ? Ne serait-ce pas plutôt la pollution, la consommation des pesticides, la tristesse, la sinistrose, le "je fais la gueule sans savoir pourquoi", tous facteurs en forte augmentation dans notre bel Hexagône, qui seraient cancérigènes ?

Eh voilà, moi aussi, je me lance dans les études scientifiques bidon, alors que j'avais prévu de parler du plaisir. Et c'est vrai, on ne parle plus beaucoup du plaisir, comme si c'était un gros mot.

Ce fut donc une très bonne surprise de lire le livre Romanée Conti 1935, de Takeshi Kaikô. Merde, ce n'est même pas un Français qui parle du plaisir du vin, c'en est presque scandaleux ! Pour l'instant, ni l'ANPAA ni Roseline Bachelot n'ont eu connaissance de l'existence de ce livre, donc dépêchez-vous d'aller le chercher à la FNAC avant qu'un autodafé ne soit organisé. Il est encore en vente libre, et à ma connaissance, il n'est pas encore interdit aux femmes enceintes.

Ce petit bouquin, publié en 1973, nous raconte l'histoire de deux hommes, assis dans un bar, évoquant leurs souvenirs féminins. Ils ouvrent deux vins, un La Tâche 1966 (6 ans d'âge à l'époque) et un Romanée-Conti 1935 (37 ans).

Le plus connaisseur des deux explique à l'autre que pour savourer cet instant, il n'a, depuis la veille, ni fumé, ni avalé une goutte de Whisky, alors qu'il boit tous les jours. Politiquement incorrect, en plus !

Une conversation entre les deux hommes, avec des digressions, des détours, des souvenirs de relations féminines, des souvenirs de voyage en Bourgogne, des souvenirs de bons repas, des évocations historiques, et des descriptions des vins, de leur poésie, des sensations qu'ils procurent, du bonheur de l'ivresse, quand le vin est bon ("Je buvais, dès que la griserie était passée je buvais à nouveau, si bien que j'étais dans un nuage dès le matin. J'avais le cerveau imbibé de vin ! Mais comme c'était toujours des crus d'exception, jamais l'ivresse n'a été pénible").

A lire impérativement, pour se rappeler que le vin, c'est aussi autre chose, que c'est surtout bien plus que des molécules aromatiques, 4 goûts sur la langue, et des désagréments pour la santé.

KAIKÔ Takeshi
Romanée-Conti 1935
Picquier Poche
5 €.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article