Je me lève de bonne heure pour aller voir l'entraînement des sumos. Le temps est incertain. J'arrive à 7h30 à la Kasugano beya, endormi et sans avoir petit déjeuné.
J'entre dans la heya, accueilli par un Hawaïen obèse, en pantalon et t-shirt. Je m'installe sur un coussin, sur les tatamis, à côté d'un Japonais. L'entraînement se passe dans une grande salle.
Côté rue, la porte d'entrée, large et coulissante, et, du même côté, surmonté par des fenêtres hautes, l'aire d'entraînement, composée d'un cercle en cendre, et un peu d'espace autour. Au fond,
une petite porte permet aux lutteurs de sortir sur le côté du bâtiment, dans une ruelle donnant dans la rue. Le reste de la salle est composé d'une vaste estrade en tatamis, une donnant sur
l'entrée, où sont installés les visiteurs, l'autre à l'opposé de la rue, où se trouve le Hawaïen ainsi que le directeur de la heya (Kasugano oyakata).
Dans le dohyo, l'aire d'entraînement, quelques lutteurs font des abdos, d'autres lèvent la jambe avant de taper le sol. Parmi eux, un Occidental. Le tout sous l'oeil du oyakata, assis presque en
grand écart sur les tatamis, fumant, buvant du thé, et envoyant régulièrement des SMS. Dans la salle, silence imposant.
Les plus jeunes ont un mawashi noir. Ils sont conseillés par les aînés, en mawashi beige. Après la préparation physique, coup de balai et arrosage du dohyô.
Les lutteurs se déplacent, à la queue leu leu, accroupis. Un ainé, maori, reprend régulièrement un petit jeune qui a l'air en difficulté et peu motivé. C'est Tochidaihô, né en 1992, actuellement
classé jonokuchi 1.
Le Maori le prend ensuite en entraînement individuel. Il l'entraîne à la poussée. Tochidaihô doit se jeter sur le Maori, pour le repousser de l'autre côté du dohyô, le Maori essayant de le
repousser et de prendre sa technique en défaut. A la fin, Tochidaihô est tout pâle, hors d'haleine, complètement épuisé. Le Maori, lui, a les épaules en sang.
Ensuite, il y a un combat entre trois jeunes, un peu plus âgés : 2 gros, dont Li, et un petit tout en muscle, Kagaya, ou Tochitsubasa. Le gagnat de chaque combat reste sur le dohyô, celui qui n'a
pas combattu remplaçant le perdant. Contre toute attente, malgré sa petite taille (1 m 67), Tochitsubasa gagne presque tous ses combats. C'est très vif et très violent.
A la fin de cette session, nouveau balayage, arrosage, jetée de sel. Les aînés entre en piste. Après chaque combat, le gagnant reste, et choisit son nouvel adversaire, la plupart du temps le plus
rapide à se placer. Les combats sont rapides, rudes, et le choc est d'une rare intensité. Les jeunes fournissent les serviettes et la boisson aux aînés. Je reste jusqu'au bout.
A la fin, quand je sors, trois lutteurs, dont l'Occidental, font leurs étirements, sur des serviettes à même le sol, dans la rue. Je discute un peu avec eux et prends des photos. L'Occidental est
géorgien, il s'appelle Tochinoshin (actuellement maegashira 4).
Le ventre vide, je vais à Shinjuku retrouver Mi. à Isetan. A l'entrée, ils prêtent des poussettes pour les bébés. Ri., la fille de Mi., ressemble vraiment à son père.
Au 7ème étage, nous allons manger des sushis. Est-ce un hasard ? Je vois beaucoup de femmes enceintes ou avec de très jeunes enfants. Il faudra que je me renseigne sur les taux de natalité 2007
et 2008.
Nous déambulons ensuite dans Isetan, prenons un café au 2ème sous-sol, avant de nous séparer vers 15 heures. Pour rejoindre le parking, il faut traverser une rue. Isetan prête des parapluies pour
aller de l'autre côté, et les employés chargés de faire la circulation ont des imperméables et des plastiques sur leurs casquettes.
Je passe à l'ouest (de Shinjuku), pour voir la future faculté de médecine, immense et superbe bâtiment moderne.

Puis je me rends à Komagome. Là, je retrouve Y., la soeur de Yu., et son mari, R. Après avoir pris le thé chez eux, nous allons chez le caviste où travaille Y. Les références en vins français
sont très bonnes, les choix excellents. Il vend aussi un peu de fromage.
Nous gouttons un vin blanc japonais, assez bon, floral et minéral, un peu sucré et peu acide.
Puis nous allons dans un petit restaurant de cuisine française, dénommé Oh la la, très sympathique. Bon repas, assez bons vins. Soirée très agréable, avec un couple adorable. Je les
embrasse.