Lorsque l'on s'intéresse au vin, que l'on commence à acquérir des connaissances, on finit, au bout d'un certain temps, par être persuadé de bien connaître le vin. En gros, à chaque fois que le
coude se lève, les chevilles enflent.
Cette prétention est en plus corroborée par quelques mauvaises expériences de vins bus chez des amis, à qui l'on est obligé, hypocritement, de dire que mouais, c'est pas mal. Ces même amis qui
sont même fiers de nous faire partager leurs découvertes décevantes.
Du coup, quand quelqu'un arrive avec une super bouteille, on est méfiant.
Heureusement, en matière de vin, on est vite remis à sa place, qui est, dans mon cas, celle d'un petit amateur abonné à la RVF et au Rouge et Blanc, et qui écoute ce que disent les vignerons
qu'il rencontre. Et l'idéal, pour être remis à sa place, c'est la dégustation aveugle. Rien de tel pour se ridiculiser après avoir essayé de se faire passer pour un spécialiste.
Ce jour-là donc, on me sert un jus rouge dans mon verre, et c'est tout. Débrouille-toi avec çà, et fais pas le malin.
Le nez est d'abord très animal (jus de viande, venaison), rafraîchi par une petite pointe fruitée et adouci par un zest de rose (un peu de poésie ne fait pas de mal). Quelques épices viennent
compléter le tout.
Les tanins sont forts, passant très bien sur des plats également forts, comme le gibier. Ce soir-là, il a été bu avec un riz au curry, qu'il a très bien supporté.
Après 24 heures en bouteille rebouchée, les tanins ont bien fondu. Le côté animal a disparu, laissant la place aux fruits (mûre) et à la réglisse.
Je remercie la personne qui a découvert ce vin et je la félicite pour sa trouvaille.
Les Hauts de Coulinié, Saint-Chinian.
Les caves de Roquebrune, 34460.
40 % syrah, 30 % grenache, 10 % mourvèdre, 20 % carignan.
Buvabilité : 3,5/5 (sur un nombre de plats limité).