Cette ville n'est pas à un paradoxe près. Tentaculaire, frénétique, bruyante, aveuglante, hystérique, elle est en même temps très humaine, très vivable, très calme.
Comment fait-elle ? Oh, c'est très simple : en mariant les extrêmes. C'est ainsi qu'à côté des grandes avenues, des grattes ciels, des voies de chemin de fer, des autoroutes urbaines et des
écrans géants, se trouvent d'immenses espaces verts, lieux de grande sérénité. Quand on y entre, on se sent happé, comme si une main invisible nous reposait dans un monde complètement
différent.
Et puis, surtout, il y a des petits quartiers, ensembles de rues relativement étroites, où les voitures ne peuvent passer que très lentement, avec des petites maisons ou des petits immeubles, pas
de trottoirs, des fleurs posées à même la rue devant les habitations, les vélos posés à côté de la porte, le linge qui sèche aux fenêtres, comme dans un village articulé autour de son petit
temple de quartier. Les chats s'y promènent, sur fond de cris de moineaux et de corbeaux. Et ce, à moins de 100 mètres de la Yamanote ou de la Chûô sen.
La plupart des photos qui suivent ont été prises à Yanaka (station Nishi Nippori), mais on trouve des quartiers comme celui-ci un peu partout dans Tôkyô.