
L'été, pendant les grandes chaleurs, nos goûts sont souvent tout chamboulés. D'un seul coup, notre cerveau alourdi a envie d'autre chose, il a envie de choses simples, et surtout, il a envie de
changer ses habitudes.
Ce n'est pas seulement une question de fraicheur, car demandez à votre caviste, il ne vend presque plus de vin d'Alsace, mais il vend d'un seul coup beaucoup plus de Châteauneuf du Pape blanc.
Alors qu'un Sylvaner ou un Riesling me paraissent parfaitements rafraichissants.
En dehors des blancs, on va aussi rechercher les rosés ou les rouges légers à faible température. Mais le problème, avec une partie des rosés, est qu'ils n'ont pas forcément beaucoup de goût,
même si le niveau d'ensemble est en train de bien s'améliorer.
Alors entre le rouge parfois trop fort et le rosé au goût de flotte, il y a le Clairet, à condition, comme toujours, qu'il soit bien fait. C'est vrai, j'en ai bu quelques uns qui étaient trop
lourds, limite pâteux, donc pas rafraichissants du tout. Et puis il y en a d'autres, comme ce Château La Bretonnière, de Stéphane Heurlier, dont je raffole et ce, quelque soit le millésime.
Ici, on a un 2007, petit millésime : juillet et août pluvieux et froids, heureusement compensés par un mois de septembre idéal. Stéphane Heurlier a attendu le dernier moment, soit début octobre,
pour vendanger des raisins parfaitement mûrs. D'autres vignerons ont été moins patients, soit parce que le personnel était en fin de contrat, soit parce que les machines devaient être rendues,
soit tout simplement parce qu'il est parfois plus sûr de rentrer des raisins mûrs à 90 % plutôt que de voir l'orage détruire des raisins mûrs à 100 %. Ces décisions sont vraiment difficiles à
prendre pour un vigneron qui joue son année sur ces quelques jours.
Au Château La Bretonnière, les raisins étaient mûrs à 100 %, il n'y a pas eu d'orage, et le résultat est là. Un vin à la belle couleur, presque rouge, malgré la lumière qui traverse la
bouteille.

Ensuite, on a un vin fruité, au goût de fraise et de cerise, avec une belle fraicheur, mais avec une structure qui lui permet de tenir parfaitement sur des viandes. Le goût et la fraicheur d'un
rosé, la force d'un rouge, que demander de plus pour accompagner un repas d'été ? Le sérieux de Stéphane Heurlier a une fois de plus payé.
On pourrait en boire des litres, d'autant que le prix est plus que raisonnable : 4,60 € TTC à la propriété.
Buvabilité : 5/5.