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Le blog du vin ET du Japon.

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Japon 5 : 28 juin. Yudonosan.

Je prends le bus à 9 h 17, direction Yudonosan. Cinq femmes, la cinquantaine rigolarde, prennent le même bus. Dans Tsuruoka, un homme monte dans le bus, confie un sac de légumes aux cinq femmes, puis redescend. Après être sortis de la ville, nous traversons de superbes paysages de montagne. Des rivières fougueuses coulent dans des vallées profondent qu'enjambent des ponts spectaculaires. Beaucoup de tunnels. Nous passons même à côté d'un barrage, le barrage de Gassan.


Le Gassan et le Yudonosan sont les deux autres montagnes sacrées de Dewa Sanzan. Elles sont assez proches, mais la première n'est pas accessible avant le 1er juillet, les chemins étant enneigés ! Arrivée à Yudonosan à 10 h 30. A la descente du bus, une femme, travaillant dans un des restaurants, récupère son sac de légumes.

A l'arrêt du bus, les inévitables restaurants et boutiques de souvenirs. Au dessus du parking, un grand torii rouge, superbe et majestueux, entouré de hautes montagnes encore partiellement enneigées, et de lanternes de pierre. A côté se trouve également un cimetière bouddhiste.



A partir du torii, il faut suivre une route étroite, empruntée uniquement par les piétons et les bus. Paysage superbe, de montagnes couvertes de forêts, avec rivière en contrebas et nombreuses cascades. En haut de la route se trouve un parking pour les bus, avec une source pour se purifier et de petits sanctuaires.




A partir de là, il faut suivre un sentier bordé de grands plumeaux blancs protégés par des plastiques. Les photos sont interdites. Je suis les cinq femmes du bus, pour ne rien rater de ce qu'il faut voir et des rituels à effectuer.

Nous passons sur un pont surplombant un torrent. En haut, le torrent passe sous une grosse plaque de neige. Après le pont, il faut enlever ses chaussures. Puis il faut se présenter devant une cabane dans laquelle se trouve un prêtre. Au pied de la cabane, un mini ruisseau.

Quand le prêtre a terminé sa conversation téléphonique, il nous remet, contre la modique somme de 500 yens, un petit papier fin en forme de chemise, et une petite amulette également en papier. Il nous ordonne de baisser la tête. Il psalmodie en remuant un grand plumeau blanc, puis nous ordonne de relever la tête. Pour notre bonne santé, nous devons alors frotter la chemise en papier sur toutes les parties de notre corps, avant de la déposer dans le ruisseau. Nous devons garder l'amulette.

Nous franchissons ensuite une porte, et prenons un petit chemin de pierre conduisant au sanctuaire proprement dit : une place entourée de cabanes vendant des amulettes, au pied des montagnes. Au fond, une sorte de grotte, où l'on peut se purifier avant de se faire bénir à nouveau par un prêtre psalmodiant.

Près de l'entrée de cette place, un immense rocher rouge, de plusieurs mètres de haut, sur lequel coule de l'eau chaude. Au pied du rocher, il faut se purifier, avant de l'escalader, les pieds dans l'eau très chaude, en se tenant à une rampe en bambou. Arrivé en haut, on passe derrière le rocher, sur un sentier qui se termine en cul de sac, avec vue superbe sur les montagnes. On laisse une petite pièce, et l'on fait une prière. Sur le côté du sentier, un petit rocher sur lequel se reposaient deux serpents.

A la sortie du sanctuaire, on peut tremper ses pieds dans l'eau chaude, avant de remettre ses chaussures.

Au retour, sous le grand torii, trois américains, accompagnés d'un Japonais. Un guide privé ?






A la station de bus, je mange des sobas, puis une glace. Près de moi, les Américains s'installent et mangent des sobas, qui atterrissent directement d'une gouttière dans un panier. Deux des Américains semblent parler français. Des Québécois, donc. La troisième a bien l'air américaine. Après le repas, ils repartent avec leur guide dans une grosse Audi noire.





Je reprends le bus, suivi de mes cinq "compagnes" de l'aller. Le chauffeur a l'air bien débonnaire. Il fait même un détour pour permettre de prendre des photos. Je dois m'arrêter à la station de Ô-Ami pour aller voir le temple de Dainichi bô. Le chauffeur m'arrête en pleine campagne, à l'embranchement de la route menant au temple. Mes compagnes me font de grands signes aurevoir avec de grands sourires.

Je dois marcher au moins 400 mètres. Il fait très chaud, et le soleil (le bien nommé Dai Nichi) tape bien. Du chemin, on a une vue superbe sur le pont autoroutier et sur le barrage de Gassan.


Le temple est tout en bois. L'intérieur est superbe. Je m'assieds sur les tatamis, à côté des Québécois de tout à l'heure, de leur copine américaine et de leur guide japonais. Un prêtre psalmodie, puis vient nous caresser la tête avec un grand plumeau blanc. Ce n'est évidemment pas le but, mais c'est très rafraichissant. Dans le temple, les photos sont interdites.

Un prêtre plus âgé vient, s'assied en tailleur, et nous dit de nous mettre à l'aise. Il nous demande nos origines. Les deux Québécois sont en réalité un couple de Lyonnais venus faire leurs études à Sendai. Avec une autre étudiane, finlandaise et non américaine, ils visitent des temples bouddhistes, guidés et conduits en Audi A6 par un de leurs professeurs, qui est en même temps prêtre bouddhiste.

Le vieux prêtre du temple donne une longue explication. Il se tient en tailleur, sans que çà ne le gêne. Très professoral, on dirait un Bouddha. Il a une très belle voix, et une élocution lente et posée, presque théâtrale. Il devrait faire du kabuki.

Il nous conduit ensuite dans une autre pièce, dans laquelle se trouve une momie. Les momies japonaises n'ont rien à voir avec les momies égyptiennes. Ce ne sont pas des cadavres embaumés, mais des moines qui, de leur vivant, pendant 15 ans, en mangeant uniquement certaines herbes et certaines substances, sont morts à petit feu, en se momifiant. Cette momie date du XVIIIème siècle, cette pratique étant interdite depuis le XIXème. Grand contraste en tout cas entre le corps décharné d'un côté, et les habits rouges et les décorations dorées de l'autre. Le prêtre est intarissable. Le professeur de Sendai, qui traduisait en anglais depuis le début, finit par décrocher.

Nous sortons enfin et papotons quelques minutes avec le professeur. Il finit par me proposer de me raccompagner à Tsuruoka en voiture. Je réponds poliment qu'il y a un bus, en espérant vivement qu'il insiste, mais il admet que le bus sera plus rapide. Nous nous séparons. A l'entrée du temple, accrochées sur le côté de la porte, toute une collection de sandales et de chaussures de pèlerins.


Je marche jusqu'à l'arrêt du bus, en plein cagnard. Je dois attendre 1 heure et demie, au soleil, en lisière d'un village quasi désert, installé sur une borne inconfortable. A côté de l'arrêt, des toilettes, perdues en pleine campagne. Elles ont l'air toutes neuves et sont d'une propreté immaculée.

Enfin le bus arrive. Retour à la gare, achat de souvenirs, bain, dîner, assez bonne nuit.
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