Réveil, toilette, petit déjeuner. Dans le couloir, la porte de l'une des chambres est maintenue entrouverte par une pantoufle. Dans l'entrebaillement, j'aperçois une jambe. C'est une prothèse.
Quelle surprise ! J'en ai encore les poils qui se dressent sur les bras.
Sous un temps très couvert, je vais prendre mon bus, qui part à 8 h 00 de S-Mall (zone de départ des bus, à 5 minutes à l'est de la gare). Coùt : 2400 yens. Nous prenons l'autoroute dont
j'apercevais le pont la veille. J'aperçois le barrage de Gassan et le Dainichi bô. Paysage toujours superbe, mais c'était mieux sous le soleil.
Nombreux ponts et tunnels. Les Japonais sont vraiment champions en ouvrages d'art. Les deux heures de trajet se passent très vite, car je dors une partie du voyage. Il pleut un peu. De fortes
pluies sont annoncées pour l'après-midi.
Devant la gare de Yamagata, je croise une jeune fille portant un t-shirt blanc, avec écrit, en grosses lettres argentées, "J'FAIRE DIRE". Les policiers du petit commissariat de la gare me
renseignent très gentiment sur le chemin que je dois prendre. Le ryôkan Yamashiroya est à moins de 5 minutes à pied, dans une petite rue calme. C'est une petite maison ancienne, à l'intérieur
coquet, tenue par une mamie volubile et sa fille. Accueil charmant.



Je pose mes affaires, puis demande à laver mon linge. La mamie m'emmène un peu plus loin, où se
trouvent des machines. En route, elle me tient la conversation. Elle a un accent à couper au couteau. Elle me dit qu'elle ne parle pas un mot d'anglais, contrairement à sa fille. Tout est
relatif.
Les machines à laver se trouvent au fond d'un garage, appartenant à un hôtel. Ce box, non fermé, sert en même temps de débarras à l'hôtel. La notion de vol ne doit pas exister ici. Je mets mon
linge à laver, puis vais à la gare. Devant l'hôtel, par terre, devant la porte, trois petits cônes de sel, pour éloigner les mauvais esprits.
Après avois posé mon linge dans ma chambre, je quitte le ryôkan à 12h30. Il commence à pleuvoir. Décidément, Météo Japon est à Météo France ce que JR est à la SNCF. J'hésite à acheter un
parapluie, mais décide d'attendre de voir si la pluie continue vraiment.
Parking à vélos, couvert et gardé, à côté de la gare

Derrière la gare, grue spéciale de JR (principale compagne de chemins de fer japonais)

Je prends le bus pour Hirashimizu, quartier des
potiers au pied des montagnes, en périphérie de Yamagata. A l'arrêt du bus, quelques maisons, c'est tout. Aucun potier à l'horizon, et aucune indication en ce sens. Au loin, j'aperçois un kombini
et un restaurant. Je me précipite dans ce dernier, sous la forte pluie prévue. Il faut toujours faire confiance à Météo Japon !
Je mange un bol de ramen, que j'ai commandé à la machine automatique. On trouve souvent ce système de commande dans les restaurants de ramens (nouilles japonaises). Une machine, sorte de
distributeur automatique, se trouve dans un coin, souvent à l'entrée. On appuie sur une touche correspondant à ce que l'on veut commander, on paie. La machine sort alors un tiquet, tout en
transmettant la commande dans la cuisine, sur un papier ou même oralement.
Toujours sous la forte pluie, je vais ensuite au combini acheter un yaourt et surtout un parapluie. Puis je vais au hasard, en direction des montagnes. Je finis par tomber sur un atelier de
potier.
Le four est fermé, dimanche oblige. Mais la galerie d'exposition est ouverte. Elle se trouve dans un beau bâtiment de style traditionnel. A l'intérieur, de jolies pièces de terre cuite. Je suis
accueilli par une femme d'une cinquantaine d'années, qui m'invite à m'installer sur les tatamis, près d'un irori (sorte de brasero creusé au milieu des tatamis). Elle m'offre un thé, puis entame
la conversation.
Au bout d'un moment, elle me propose que sa fille, Y., 26 ans, professeur d'anglais, m'accompagne en voiture au Mont Zao, où je dois me rendre le lendemain. En échange, je dois parler anglais
avec elle, pour la faire pratiquer. Rendez-vous est donc pris pour le lendemain matin 9 h 30, devant la boulangerie "Vie de France" de la gare.
J'achète un petit vase, puis repars sous la pluie. Dans le village, un temple fermé. Finalement, je trouve quelques potiers, tous fermés. Il est vrai qu'on est dimanche. Je reprends le bus.
A la gare, je vais prendre un café chez "Vie de France".
Puis je vais regarder les départs et arrivées des Tsubasa (TGV du nord-ouest du Japon). Quatre vieilles dames rigolardes, en kimono, montent dans un Shinkansen.

Retour au ryôkan. La mamie et sa fille sont vraiment amusantes. Elle discutent, prennent soin de moi, mais elles ont vraiment un accent terrible. Dans ma chambre, mes t-shirts ont tous été pendus
pour bien terminer de sécher. La mamie monte me dire qu'elle a pendu mes t-shirts, sinon ils n'auraient pas séché, etc, etc, etc.
Vers 19h00, je pars chez Suzuran, petit izakaya spécialisé dans le poisson, recommandé par mes logeuses. Je m'installe au comptoir. Sur le côté, une grande pièce en tatamis, dans laquelle des
jeunes, en costume et en tailleur, dînent. Les jeunes filles, en tailleur pantalon noir, sont charmantes. Cà rigole beaucoup. Les jeunes filles sont rapidement pompettes. Cà se voit à leurs joues
rosées, à leur démarche hésitante, et surtout au fait qu'elles posent les pieds par terre avant d'enfiler les sandales en plastique rouge pour aller aux toilettes.

Décidément, j'adore les Japonaises, leur charme, leur féminité, leur côté mignon, délicat, mutin et charmeur.
Avant la fin de mon repas, le chef poissonnier m'offre trois pommes de terre au sel : SAABISU (service, en japonais dans le texte).
Retour au ryôkan, couché à 21h30, nuit de repos bien mérité.