Réveil à 7 h 30, après une longue nuit. Petit déjeuner chez Vie de France. A 9 h 20, K. est déjà là. Nous allons à la voiture, où attendent ses
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filles : Y., 26 ans, et T., 29 ans. Y. est en effet professeur d'anglais pour les enfants, et T. est photographe et "food designer". Nous roulons longtemps sur de petites routes de montagne, en
discutant. Le temps est très beau, les paysages superbes, très verts ; les montagnes sont couvertes de forêts.
Dans ces zones de montagne, les routes sont souvent à péage. Après une heure et demie de route, nous arrivons à Okama. Du parking, il faut prendre un petit chemin qui longe le bâtiment du centre
de tourisme. Sur la droite, le chemin monte vers un petit sanctuaire. Sur la gauche, il descend, à travers un champ de pierres, vers un lac, qui s'est formé dans un cratère de volcan.
Le paysage est lunaire, avec un ciel bleu, et de gros bancs de nuages qui montent puis disparaissent. Quelques plaques de neige subsistent. Et au fond du cratère, le lac est d'un beau vert
émeraude, mais sa couleur change paraît-il, pour devenir parfois un superbe bleu turquoise.
Le sanctaire, lui, se trouve sur un sommet à 1 759 mètres d'altitude. Nous y prions un peu.
Les nuages montent et le temps se couvre d'un seul coup. Les filles, Japonaises authentiques, ont déjà faim. Nous reprenons la voiture en direction de Zao Onsen, que nous atteignons après 26
kilomètres de routes sinueuses. Ce lieu est une sorte de station de sport d'hiver et station thermale, constituée de plusieurs bâtiments disgrâcieux, disséminés. Au bout d'une petite route
étroite, qu'il vaut mieux ne pas prendre en hiver, nous trouvons le Dai Rotenburo.
C'est un bain japonais, très joli, en plein air, mais les photos sont interdites. Côté hommes, il y a deux bassins constitués de pierre volcanique, remplis d'eau sulfureuse. En contrebas, coule
un torrent. Sur les côtés, des arbres. C'est très beau, très agréable et très reposant.
Après le bain, nous reprenons la voiture pour aller, quelques kilomètres plus loin, dans un restaurant de sobas perdu en plein campagne. Le genre d'endroit que seuls les locaux peuvent connaître.
Nous déjeunons sur les tatamis, dans une grande salle typique, à la décoration très soignée.
Nous allons ensuite à Yamadera, que je n'aurais pu visiter si j'avais été en bus comme prévu. Au premier abord, çà rappelle le Mont Saint-Michel, ses magasins et ses parkings payants. Avec
toutefois certaines voitures bien japonaises, introuvables au Mont Saint-Michel, comme celle-ci, entièrement décorée de Kitty-chan.
Yamadera rappelle les gravures chinoises anciennes. Un sentier en pierre serpente au milieu d'une forêt de cryptomeria, au pied d'une montagne abrupte. Au fil de la montée, on découvre des petits
temples, construits sur des pitons rocheux. De ces temples, la vue est magnifique sur la vallée et les montagnes environnantes.
Au détour du chemin, on trouve parfois des statues de jizo, sortes de dieux auxquels on met un bavoire, des lanternes, des pierres... Et en haut, dans un temple, les visiteurs peuvent déposer,
dans les interstices des poutres, leur carte de visite professionnelle.
Nous redescendons au parking. Jusqu'à présent, elles ont refusé que je paie les péages, l'essence, les repas, les entrées. Il n'y a qu'au Japon que des inconnus m'invitent ! Mais là, je peux
enfin les inviter à manger une glace à la cerise. En effet, c'est la saison des cerises, que l'on trouve partout dans la région. Elles sont toutefois présentées comme un mets de luxe. Mes
accompagnatrices sont très surprises que l'on trouve des cerises (et des poires !) en France.
Pendant la descente vers le parking, Y. a soudain envir de gâteau. Ah, les estomacs des Japonaises ! Au départ de la montée, une mamie vendait des kon'yakus. Pour prendre des forces. En
redescendant, la mamie est toujours là, proposant ses kon'yakus. Pour se remettre de la fatigue. Bien entendu, Y. et T. ne peuvent se retenir d'en prendre.
De retour à Yamagata, adieux, remerciements et échanges d'adresses devant la gare. Une sacrément bonne journée.
Comme il est encore tôt, je décide d'aller me promener dans le quartier derrière le ryokan. C'est un quartier résidentiel, avec des espaces de jeu, où les jeunes peuvent jouer au base ball. En
face, la porte, très belle, de l'ancien château, hélas démoli. Le pont enjambe les voies ferrées, qui remplacé les douves.
Derrière la porte, à la place du château, se trouve un grand parc agréable, et des installations sportives. De nombreux collégiens viennent s'y entraîner. Je les vois en permanence passer, à pied
ou en vélo, dans leur uniforme, sous les fenêtres de ma chambre.
Dans le parc, des gens nourrissent et caressent des chats. Un petit vieux fait du taichi. On entend des cris en provenance du stade de base ball.
Je m'y rends, par curiosité. Je rentre dans le bâtiment, fais un signe de tête à ce qui semble être le gardien, longe un couloir désert, puisse passe une porte qui débouche sur le terrain, où
s'entraînent une trentaine de lycéens. Quand ils s'aperçoivent de ma présence, ils se tournent tous vers moi, bien alignés, enlèvent leur casquette et se penchent un poussant un grand "US !". Je
leur réponds puis rentre au ryokan.
Dans le parc, puis dans la rue, des collégiennes passent, en rigolant sur leurs vélos. Elles me crient des grands "Hello".
Au ryokan, je paie. 4400 yens la nuits, moins une réduction de 400 yens, que je n'ai pas demandée. Je retourne dîner chez Suzuran, toujours au comptoir. Le chef poissonnier me reconnaît : double
ration de pommes de terre au sel. Il entame la conversation, avec un accent difficile pour moi. Il vient de Matsumoto, ma prochaine destination.
Je bois du vin de Yamagata. Fruité et floral, il manque d'acidité et est légèrement trop sucré, ce qui lui donne un manque de netteté, alors qu'il n'était pas mauvais au premier abord. Du coup,
j'abandonne au 3/4 de la demie-bouteille, après m'être bien forcé.
Petite promenade digestive avant de rentrer. Finalement, il y a plein de restaurants, à l'air avenant. Dommage, je pars demain.