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Le blog du vin ET du Japon.

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Magazines sur le vin : passage en revue (1).

Lorsque l'on s'intéresse au vin et que l'on souhaite s'informer régulièrement, on se demande quelle source d'information adopter. Et ce n'est finalement pas si facile, l'offre n'étant pas pléthorique. Il suffit de se rendre chez un marchand de journaux pour s'apercevoir tout de suite que les magazines traitant du sujet se comptent sur les doigts d'une main, et encore, la plupart ne traitent pas que de çà.

A l'inverse, on trouve beaucoup plus de revues sur l'automobile, les voyages, la moto, la course à pied, le footaball, et je ne parle pas du dernier rayon en haut, incroyablement bien fourni, même si je ne me suis pas attardé à compter le nombre de titres. La silicone attirerait donc beaucoup plus que le vin.

D'un autre côté, les passionnés de vin sont avant tout des consommateurs, contrairement à la très grande majorité des lecteurs de revues érotico-pornographiques. Il en va souvent de même avec les journaux sur l'automobile, dont les lecteurs possèdent plus souvent un seul modèle, de marque Renault ou Peugeot, que plusieurs de marques Jaguar ou Ferrari.

Il serait d'ailleurs intéressant de comparer le nombre de magazines traitant d'un produit avec son degré de consommation, pour voir si l'on arriverait pas au résultat suivant : "plus je lis, moins je pratique". Mais là n'est pas la question, revenons à nos moutons.

En France, nous avons principalement une revue, la Revue des Vins de France, ou RVF. Et il est de bon ton, toujours en France, que ce soit chez les producteurs ou les cavistes, de tirer à boulets rouges sur la RVF, et de critiquer son manque d'indépendance. Pour résumer, le contenu de la RVF serait limité à une série d'articles élogieux sur les producteurs ayant accepté de payer pour faire de la publicité dans le même journal.

Qu'en est-il en réalité et comment pratiquent les autres revues ?

Partons d'abord dans quelques autres pays, si vous le voulez bien, pour une petite liste loin d'être exhaustive.


Allons déjà le plus loins possible, au Japon. J'y ai découvert plusieurs magasines, au moins deux, très différents de ce que j'ai vu ailleurs. Déjà, le format est un peu plus grand, et le papier est très beau. Elles s'apparentent presque à une revue de luxe, ou sur la mode. La présentation est très belle, le magasine très beau, et un peu cher. Du haut de gamme, de la qualité à la japonaise.

Par contre, je n'ai pas d'opinion sur le fonds, ni sur l'indépendance, mon niveau de lecture du japonais étant encore insuffisant. Mais il y a quelques éléments intéressants. Les vins présentés le sont par exemple sous forme de fiches, avec présentation du cépage, de la région, et des principales caractéristiques techniques. Le goût est ensuite décrit, de façon simple et accessible, avec, systématiquement, le petit schéma, du genre toile d'araignée, pour donner l'équilibre entre le sucré, l'acide, l'amer, etc. Bref, le profil du vin.

C'est donc apparemment surtout des revues pour amateurs, mais avec des informations très sérieuses.


Côté ouest maintenant, aux Etats-Unis, je ne connais qu'une seule publication, le fameux Wine Spectator. La bible des revues sur le vin, pour certains. Pour me faire une opinion, j'ai décidé de lire la presque totalité des numéros pendant une année.

Ce n'est finalement pas une lecture qui m'a enchanté. D'abord, le format est beaucoup trop grand, pas du tout pratique. Quant au papier, très fin et très rèche, il fait franchement bas de gamme.

Le principal est toutefois le contenu. Beaucoup de publicité, déjà, ce qui peut lasser à la longue. Et surtout, aucun article réellement de fond. Chaque article se contente en général de présenter un thème de façon très générale, puis d'énumérer des vins, et les décrire de façon succincte, toujours avec le même vocabulaire, et en défendant systématiquement un seul et même style : arômes de cassis, bon boisé, bon équilibre, style rond. Difficile de trouver des descriptions qui s'écartent de ce vocabulaire.

Ensuite, on trouve toujours les mêmes noms, les mêmes producteurs, qui sont légalement es producteurs préférés de Parker. Sans faire mon Mondovino, j'ai constaté que les vins bien notés par Parker sont également bien notés par le Wine Spectator.

Quant aux articles traitant de technique, je les trouve très complaisants vis-à-vis des pratiques dites modernes, telles que l'osmose inverse ou les levures exogènes, et ne parlent pour ainsi dire jamais des techniques plus respectueuses de l'environnement. Ces articles donnent souvent l'impression de faire la promotion des vins technologiques, sans se poser de questions.

Et enfin, j'ai eu l'impression que ce magazine visait surtout un lectorat composé de (nouveaux) riches américains, qui souhaitent davantage afficher des étiquettes que se faire plaisir en buvant du vin. Le vocabulaire employé à longueur de pages est d'ailleurs "collecting wine", et jamais "drinking".

Une revue qui, au final, mérite amplement son surnom de "Wine Speculator". C'est mon opinion, évidemment, on est libre de ne pas être d'accord.

  Retour en Europe dans un prochain article. A suivre...
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